L’exil à Ventotene

Exilé à Ventotene, île glacée à la frontière du cercle polaire (je déconne), Altiero Spinelli y signa avec le groupe dit des « garçons de bain » (Ernesto Rossi en était), le manifeste de Ventotene pour une fédération européenne. Nous étions en 1943 et on pensait déjà à l’avenir. Une fois le monstre pendu par les pieds et les communistes, on put faire avancer les choses et on fonda le Mouvement Fédéraliste Européen, puis se fit élire apparenté communiste au premier parlement européen. Enterré dans l’île, tout comme Elie Wiesel qui se fit enterrer à Buchenwald, comme quoi il n’en eut pas que des mauvais souvenirs, je m’égare, il fut  à l’origine d’un projet d’union fédérale en 1984, qui fut à l’origine de l’acte unique européen de 1986, Mitterand ayant bien sur repris le flambeau que Pétain lui avait retransmis de la main à la main (1).

Il y eut cette semaine un sommet à Ventotene, dont les résultats furent discrets.

En tout cas, pour enfoncer le clou, Jean Claude Juncker dit « mirabelle » à cause de son alcoolisme, responsable du désastre grec, du désastre anglais et du désastre des migrants, ce pour quoi tout le monde demande sa démission, crache le morceau: « les frontières nationales sont les pires choses jamais inventées. Ever.

La réaction post brexit des britanniques ne fit pas attendre:

« Downing Street said Mr Juncker’s views on borders were ‘not something that the Prime Minister would agree with’. » Piquant.

Ent tout cas, cela fit péter les plombs à Maxime Tandonnet et fit rire certains. Fermée par icelles, la route des Balkans ne le fut pas par Juncker. Il ne la veut pas ouvrir pour autant: il se décide enfin à jeter les bases du NOWAY, car il a raison, les seules frontières ne sont que celles d’avec l’Asie et l’Afrique.

Une opération Eunavfor-Med-Sophia est en cours, avec des amiraux français, et il semblerait qu’on veuille s’en prendre militairement aux passeurs. Et bien c’est ce qu’il faut faire. NOWAY.

La conférence de presse de la fin du mini sommet se fit sur le Garibaldi, navire amiral anti migrants. Merkel réaffirma que la coopération avec la Turquie était une bonne chose… Nousn n’en sommes qu’au début.

 

(1) Au sujet de la fédération européenne, il faut voir qu’il y a des socialistes français qui ne sont pas en reste: https://www.docdroid.net/5XwqsD7/a-propos-n-18-ventotene-v2.pdf.html

 

 

Tous pourris en France

Un mis en examen pour financement illégal de campagne électorale lors de la dernière élection présidentielle qu’il perdit propose de sauver la France après sa victoire à la prochaine. Comment ?

D’abord, avec un slogan (tout pour la France) aisément détourné en le titre. Il y avait aussi, toute pourrie la France. Fallait il qu’il soit saoul, ou perfide, le communicant taré qui a fait ce design là ! Tant mieux, cela ne fait que faciliter notre tâche: abattre le chef de la famille, l’ami de Tapie (Mitterand était bien l’ami de Bousquet), le fraudeur à l’élection de 2012, le fils de de l’immigré clandestin déclaré inapte par la légion, le petit cycliste varois, bref le nain mondialisé.

Son programme est donc public, maintenant.

D’abord le plus surprenant à mon avis: il double le CICE. On pourrait penser qu’il allait le supprimer tout de suite, mais non, il le double. Les subventions conséquentes reçues par la poste et la grande distribution, caractéristiques de cette usine à gaz inutile et dispendieuse, exemple même de l’impuissance hollandaise à stimuler les exportations sera donc doublée, pour deux fois plus d’ineffacité. Ca commence bien. On passe sur les supressions d’impôts tout azimuths, immédiates et sans nuances, 10 % de baisse d’ISR comme golden hello, la suppression de l’ISF, la défiscalisation des heures supplémentaires, la non taxation des successions jusqu’à 400K. Ce sera d’abord cher, très cher.

Sinon toute la partie centrale est du Fillon d’extrême gauche: 37h plutôt que 39 dans la fonction publique, 64 ans plutôt que 65, 300 K fonctionnaires en moins plutôt que 500K et surtout 3x heures payées 3x partout: vous qui espériez des économies, oubliez! Ce sera cher. La baisse des dépenses publiques, ce ne sont pas les 110 G de Filon, mais 100G. Au fait pour Lemaire c’est 90K.

L’immigration: ah l’immigration ! On l’arrête avec des quotas. Bien. Mais aussi en « supprimant le regroupement familial » , (on parle de « moratoire »), ce qui semble plus sévère que le projet des Républicains, qui lui se contente d’un contingentement.

Pour la justice, on peut dores et déjà l’appeler toubiroute: il la démantèle complètement et supprime le juge d’application des peines, fusionne intérieur et justice, c’est à dire l’exécutif et le législatif (serait ce cela le « grand ministère de la sécurité » ?). N’importe quoi.

Ah au fait, il démissionne de la présidence des républicains APRES ses vacances. C’est normal il est plus à gauche que Fillon et fait respecter ses droits acquis.

Au fait aussi,  79 % de l’opinion d’après le sondage du jour, ne souhaite pas qu’il soit président et 59% « s’inquiètent » de sa candidature. Il semble pourtant persuadé de ses chances et va tenter d’hypnotiser une partie de la droite avec son « énergie ». De fait, il est un « lapin »: dans le viseur de tous, il se fera fusiller dans les phares de tous.

En parlant de sondages, Fillon au 23 Aout dépasse nettement Sarkozy et Lemaire. Il est le second avec 66% derrière Juppé. Sarkozy peut avant sa déclaration de candidature a donc énervé tout le monde. ll faut maintenant le chasser et le tuer. Merci Mélanchon de commencer la traque, on va t’aider.

Le match Fillon Juppé, la seule chose qui vaille le coup, se profile à l’horizon. C’est évidemment ce qui est souhaitable, et digne de notre pays.

 

To Brice Couturier, with love

Ma tête de turc du matin, celui que j’ai conchié pendant des années pour son « je suis charlie », mais révéré pour sa personne de journaliste, pour son autonomie d’homme libre est viré de France Culture et se répand dans la presse en vidant son sac.

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/08/19/31002-20160819ARTFIG00333-brice-couturierle-parti-des-medias-et-l-intelligentsia-meprisent-la-realite.php

Il fut attaqué à France Culture par un belge qui lui reprocha de qualifier (ce qui stigmatise) des terroristes de « terroristes ». Je ne le savais pas: il fut ainsi victime de complot gauchistes de bas étage, donc. Il quitta un plateau des matinales de France Culture car entourés de nuit deboutistes qui l’avaient gonflé (on le serait à moins).

Donc pour l’année électorale, Fourest, Couturier, Manière sont privés de leur billets solitaires. On les regroupe le vendredi pour les faire débattre et on remplace tout ça par des trucs sur « la vie des idées ». C’est Sandrine Treiner qui nous le dit:

http://www.lemonde.fr/televisions-radio/article/2016/06/25/faire-rimer-reflexion-et-plaisir_4957945_1655027.html

J’avoue être un peu largué (je ne suis pas du sérail et n’ai pas suivi en détail la terrible reprise en main de l’audiovisuel public à un an de l’élection) mais en fait j’aimais bien Brice Couturier. Je l’insultais tout ce que je pouvais et me suis foutu de lui et de son libéralisme d’ex maoiste chtarbé, mais ne lui en ai jamais voulu vraiment: il me nourrissait intellectuellement, et en plus c’était son métier, je le remercie du fond du coeur pour tous ses écrits sans exception.

D’où le titre.

J’espère qu’il continuera à officier dans ce monde déstructuré que nous vivons tous. Il est sur que dans le genre, il est bien à l’ouest, mais au moins il représente une liberté de ton, de pensée et d’agir qui le rend à jamais et pour toujours respectable et aimable. Un point intéressant est que l’avis qu’il exprime est structurellement et fondamentalement non partisan et que donc il est capable de séduire ou d’irriter n’importe qui sur n’importe quel sujet, sa réflexion et son histoire personnelle le rendant pratiquement insaisissable  (on le voit d’ailleurs à l’interview en exergue). Il est porteur d’autre part d’une somme de lectures variées sur tous les sujets qui le rend imbattable. Un vrai journaliste donc, d’où le titre.

Par exemple, il fit un éloge muet de Fillon dont je l’ai félicité (tous ces commentaires là sont plus ou moins perdus, maintenant, sauf quelques uns, voir plus bas), il devait être vert, et cela lui a peut être nui, ce que dont je lui demande pardon. Bon, je regrette un peu ça, mais ça m’avait fait marrer:

https://francoiscarmignola.wordpress.com/2016/03/26/le-nouveau-liberal/

Je ne sais s’il trouvera cela ni si cela lui fera plaisir, mais je lui souhaite le meilleur.

Vive la liberté de la presse !

videotrons

Recommandées par  mes lectures, des vidéos me sont proposées et je me les tape en accélérant un peu. Le sujet est l’intégration des populations africaines en France.

D’abord le documentaire en 3 parties « les musulmans de France »

<https://www.youtube.com/watch?v=uF-Y1YKen50&gt;

(pardon, pour moi un url c’est un pointeur, pas un encart).

En résumé, la conclusion: après un exposé monté par interviews de quelques instants, ce qui est un mode narratif vidéo pénible, haché, et dont l’écriture globale un peu saoulante est toujours porteuse de sa conclusion qui se trouve ainsi prouvée automatiquement, un peu par fatigue. Donc la conclusion, et c’est la très « beurgeoise » Bariza Khiari qui le dit, Partie 3 : 1.01.34 « nous étions des beurs, issus de l’immigration, … , mais tout cela va disparaitre, il y a une chose qui ne disparaitra pas, nous resterons des musulmans ».

« ceux qu’on appelle depuis peu les ‘musulmans de France’ « . « Une appellation paradoxale, et réductrice car elle désigne aussi des athées … mais qui permet de se faire reconnaitre comme issu d’une histoire particulière. Exister en tant que minorité c’est échapper à l’invisibilité des générations précédentes ». « C’est créer un pays nouveau ». On y donc, il n’y a plus d’immigration, il y a les musulmans de France…

Voilà donc la dernière mouture, après toutes les autres dont on nous a fait l’historique pendant tout le reste de l’émission, de la fameuse histoire commune du vivre ensemble…

D’où la question, évidente, et sans doute pas tout à fait prévue par les auteurs: par quoi cette mouture là sera t elle remplacée ?

Voyons voir l’historique.

La question de l’islam est assez intéressante: elle commence en 14 par un respect de l’inhumation religieuse musulmane des morts (qu’évoque le documentaire), et par une volonté d’échapper à la propagande allemande qui aurait poussé (je ne le savais pas) les colonisés à se révolter. Que du généreux donc (c’est ce qui est dit…). Abdel Raouf Dafri, le scénariste de « un prophète » et de « braco », celui qui s’était opposé à Finkielkraut au point d’avoir justifié les fameux « taisez vous » véhéments, se permet pour commenter cet historique là d’évoquer le nécessaire envoi à la mort des « métèques » plus l’évidence de la chose qu’il considère presque comme normale.

Aucune allusion à la réalité historique, même si le chiffre correct est donné (80K africains morts dont 40 K de maghrébins), on ne mentionne pas les 16.5% de pertes, le même pourcentage pour tous les sous ensembles qui combattirent africains noirs et maghébins, français d’Algérie et de métropole compris.

ILNYAPASEU  de chair à canon en 14 d’une part, et d’autre part la participation en volume des colonies aux combats et aux morts fut quasiment négligeable 5% des troupes engagées. Voilà pour l’histoire commune. La ramener alors qu’on l’a vu on fut correct avec les morts est désagréable.

Extrêmement désagréable, ce défenseur intégré là (il est chevalier des arts et lettres mazette) qui se fit nommer Francis Panama pour échapper au racisme, nous parle des « arabes » kpour mieux nous parler des excuses qu’il trouve à ceux qui ne sont pas ses semblables mais dont il décrit les travers (la prison du prophète, les truands de braco) avec une gourmandise qui sent son Scorcese, il y fait allusion d’ailleurs, tout comme l’identification à James Brown, qu’il comprenait comme « proud to be arab ». Le métèque au sens strict, l’avant garde quoi, celui qu’on devrait aimer, mais pas comme Henri Salvador. Selon lui, les harkis sont bien les « baisés de l’histoire »: mon père disait d’eux « nique leur mère » et il crachait. Cette partie là du reportage est particulièrement édifiante. « C’est horrible hein ? », dit il en vidant un verre.

Que voulait il dire ? Une possibilité: il n’en est pas, et donc n’a pas eu lui trahi son pays. Il s’impose en tant qu’adversaire, intact et pur, et cette déloyauté là lui semble part d’un nouveau sentiment national français. Une autre possibilité serait qu’il assume humainement le jugement de son père et qu’il le signifie avec la fierté normale qu’exige un nouveau sentiment national français qu’il estime nécessaire, ne concédant qu’une rasade pour signifier de manière allusive qu’il désapprouve ce qu’il vient d’exprimer. Un peu théatral.

Et bien je fais partie de ceux qui refusent absolument ces attitudes, que je considère comme insultantes et inacceptables. Je refuse de changer les règles et considère ce type comme un insupportable paumé et je le méprise lui et son père de ne pas avoir le courage de vivre dans leur pays, celui des assassins: nahdine bebek !

En Algérie entre 70 K et  100 K  d’entre eux furent exécutés, souvent avec sauvagerie (2 fois plus de morts qu’en 14, tout de même), mais le reportage qui n’en parle pas, fait ainsi bien pire que de nous montrer l’idéal d’indépendance qui commence « et qui ne remplit pas ses promesses ». Extraordinairement désagréable et signifiant.

Encore mieux, maintenant c’est Bariza Khiari, qui se plaint:  « la vie qu’ils ont vécu dans les camps est indigne. Mes parents ont fait des choix différents, certes mais c’est indigne de la république française ». Elle est binationale franco algérienne, absolument opposée aux statistiques d’origine. On se demande la manière dont son père, ou elle même d’ailleurs, doit cracher (nachdine mouq) sur la conception qu’il se font de la France. Tout exprime de sa part, un féroce ressentiment, issu ou non du beau parti dont elle n’a pas démissionné et qui fut « raciste » à son égard (elle évoque un souvenir bénin qui l’a marquée à vie). Elle assume donc le massacre des harkis et se plaint du sort que la France leur réserva; elle se plaint du PS raciste qui instrumentalisa la marche des beurs pour mieux les rejeter, les hiérarques qui organisèrent cette ignominie (Dray, Désir elle même) en touchant toujours les bénéfices au sommet de l’état. Prodigieusement désagréable.

Ensuite, un témoin crache  non pas le morceau, mais une variante d’i celui. C’est un exil, et l’exil n’est pas un choix, mais un destin. Les familles surnuméraires faméliques envoient un de leur enfants ailleurs charge à lui d’envoyer à manger. Si tu deviens Français, tu ne pourras pas devenir musulman, tu sera un traitre, voilà ce qu’on lui a dit, de plus. La première génération, les parents de ceux qui pour mieux partager l’histoire commune nous expliquent avec un sourire narquois qu’ils sont français de naissance… La franchise et l’affreux cynisme de cette description de ce destin là est saisissante et parfaitement déagréable.

On raconte alors bien l‘histoire de la guerre MNA/FLN puis du terrorisme FLN en France et de sa victoire totale (après les assassinats, en France, de tous les représentants de ce qui représenta longtemps l’immigration algérienne, le parti de Messali Hadj). Puis la trés brutale répression française, c’est « Elise ou la vraie vie » et Maurice Papon qui réprime la manifestation « absolument pacifique » du FLN… La nuance n’est pas de mise à ce sujet mais là il semble que le commentateur qui accentue avec exagération et exotisme le « r dur » du Ahmed  Benbella et qui fait une allusion mystérieuse aux enfants juifs déportés vingt ans avant se fasse ainsi prendre la main dans le sac: Papon n’a pas déporté que des enfants, voyons, les adultes aussi… Bref, ce mémoriel là, qui plus est signé, est extraordinairement désagréable. 

La conclusion déjà mentionnée est donc bien  l’esprit du message. Il y a bien tentative de reconstituer ce qui fonctionna splendidement (tu parles) dans l’Algérie coloniale: la soustraction à l’athéisme républicain de populations qui ne peuvent qu’être soumises à leurs lois du fait de leur « culture », de leur « histoire » ou de leur fierté mal placée.  C’est ce que fut le caïdat, et il ne fallait certes pas être islamophobe (c’est de là que vient le mot): déléguer aux indigènes à jamais enfermé dans la non citoyenneté le droit de vivre leur « culture » c’est avoir la paix doublement. D’où l’identification « musulman/arabe » vers laquelle se tourne maintenant en France l’immigration frustrée par son échec économique.

Rien d’utile là dedans, et rien d’agréable. Juste le divorce mémoriel et national d’un échec du mélange impossible entre des peuples qui semblent bien se détester mutuellement. J’espère que cela ne finira pas mal, mais pour l’instant ça ne le fait pas et tout le monde le dit et le voit.

Pour finir une remarque: la naïveté, la gentillesse et la bonne humeur, l’humanité et sincérité des organisateurs de la marche des beurs en 83 est patente dans le reportage. Je me souviens de « carte de séjour » et du sympathique Rachid Taha dont on se moque: comme les harkis, furent ils des « baisés de l’histoire » ?

C’est en gros ce qu’explique le « mémoriel » de ce documentaire. Il faut donc passer à une nouvelle étape, celle de la revendication dure qui appelle un chat un chat, et c’est eux qui en décident. Voilà donc comment s’occidentalise l’immigration.

Ensuite ce n’est pas une occidentalisation: les peuples qui migrent ont renoncé à s’occidentaliser, ils viennent vivre en Europe selon leurs lois. Ce mensonge ils se le sont fait à eux mêmes (le documentaire évoque en détails les illusions de retour qui ont tant marqué les premières générations) et aux autres, aux français républicains ensuite, dont ils veulent singer les libertés pour mieux défendre les leurs. Car c’est cela le mensonge: celui de l’assimilation (impossible d’évoquer la chose) mais aussi bien sur celui de l’intégration et aujourd’hui la revendication effrontée, au nom des « musulmans de France », de l’autonomie culturelle, la revendication prenant sous son ombrelle tout ce qui est taggé « afrique » animiste congolais compris, tout ça c’est le post colonial, qu’on a renommé « musulman », c’est ce qu’on nous explique.

On passera sur l’évocation de la guerre d’Algérie, qui ne concerne tout de même que la moitié de l’immigration maghrébine (les marocains qui revendiquent avec raison l’autre moitié des mosquées financées par un pays quasiment en guerre avec l’Algérie pendant toute la période,  ont tout de même droit de cité aussi, avec une autre histoire et un autre sentiment national, tout de même.

On passera aussi sur la guerre civile Algérienne des années 90, comparable à celle qu’ils continuent de reprocher à la France. Bref, il y a au sein même de l’immigration, toujours un problème spécifique avec l’Algérie.

Les chiffres: la guerre d’Algérie couta 300 000 morts à l’Algérie, et 30 000 militaires pour 5000 civils coté français. Il y eut 10 000 morts liés au conflit FLN/MNA et la décennie noire (91/2000) causa  100 000 morts.

On passera aussi sur les africains noirs, dont l’arrivée massive commence à se voir. Elle commença à partir de zéro dans les années 80 avec ce que n’aborde pas le documentaire, tu parles, et c’est l’expansion quantitative du phénomène.  Car depuis trente ans, il n’y a pas eu que le vieillissement gentillet des sympathiques jeune beurs qui écoutaient « carte de séjour ». Il y a eu l’arrivée à raison de 100 à 200 K par an ( 1 à 2 M tous les dix ans)  d’environ 3 à 6 Millions d’Africains en  France pendant les trente dernières années. En gros, le plus important apport de population étrangère de toute l’histoire du pays. La mise à disposition de statistiques « d’origine « dés l’année prochaine devrait donner  au peuple français une idée plus claire de ce qu’il en est, car il faut bien sur compter les descendants de toutes ces personnes.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Immigration_en_France

En gros: 20 à 30 % de la population aurait un parent né hors d’Europe. Ce sont donc les musulmans dont on nous parle. Quoiqu’on en dise ou en pense, il nous faut considérer la réalité.

Mon avis est qu’elle est gérable avec des politiques adaptées, mais qu’il y a des risques.

 

 

 

#feministitude

Défoncé à la hachggfe par une « grizzly mom » (au sens Sarah Palin du terme) dont j’avais traité les copines de chtarbées: on en voyait en photo avec une affiche rectangulaire au liseré noir mentionnant « je suis Catherine Sauvage », je me dois de traiter le thème, cette publication qui sera citée sur seenthis me faisant rire à l’avance.

Il y a donc dans les parcs naturels que constituent les réseaux dit sociaux, en liberté, des êtres absolument irrationnels, vulgaires et agressifs, entièrement occupé(e)s à la défense d’une espèce en voie de disparition (on se prend à le souhaiter), la « famm euh ». Etre spécifique voué au massacre (#feminicide) par le #masculinisme du #patriarcat, il souffre seul de maux incommunicables au reste de l’humanité. Incommunicables ? Non!  L’Etat, par une vigoureuse prise en charge de l’éducation des tout petits, à condition d’en déposséder les parents, peut changer le cours des choses. On s’y emploie, mais hélas plus que six mois, il faut donc accélérer les choses et les rendre irréversibles, la théorie du genre, incontournable, peut encore changer le monde.

Parlons en, de la « théorie du genre ». Elle constitue bien sur l’aporie suprême de l’idéologie dont on parle, car célébrant, à rebours de ce que croit la droite ahurie, Zemmour et bien sur les faux progressistes, la non distinction des sexes et DONC (mais qui suit cette logique là?)  la disparition définitive de l’espèce en question, l’être féminin, maintenant aboli par l’intersexuel, le lesbien butch, la stérile moustachue, et bien sur le transsexuel faux cul  et tous ses copains les queers. Le sexuel ne différencie plus l’humanité, et même si on continue d’accuser le #patriarcat de ne pas vouloir de tout cela, force est de reconnaitre qu’il n’est pas sur qu’il soit le seul (à ne pas le vouloir).

Comment un tel contresens peut il être fait?  Quel est le vrai but des éducatrices du genre, comment de telles confusions peuvent elle avoir lieu, alors qu’évidemment elles scient la branche sur laquelle elles trônent ? (comprenne qui peut, la scatophilie étant l’un des symptômes de l’hésitation à l’obscène).

Car le matriarcat traditionnel, à peine en possession des avantages pécuniaires et paritaires que lui avaient donné des luttes menées de haute lutte, se voit contesté, tourné par la gauche par un milieu bien plus bigarré, issu des bordels et des malheurs du biologique pur bien plus que lui. Absolument anormal car ne disposant pas du génésique, c’est ça qui le différencie mais qu’importe, il demande aussi le respect, et le mâle (blanc, bien sur, le noir, lui garde ses droits) s’y perd, il ne sait plus qui laisser entrer en premier dans les restaurants (je m’égare, il FAUT entrer le premier dans un restaurant).

Depuis vingt ans il y a trouble dans le genre, et le féminisme intellectuel de tradition dénoncé par Judith Butler, est maintenant contesté par bien pire, non pas par l’homosexuel(le) qui se substituerait par son mariage au papa maman traditionnel, mais  par le sexuel pur, celui qui revendique l’expression humaine ET sexuelle dans une jouissance elle aussi déconnectée  du biologique habituel, non pas « animale » comme certains dégoutés (alors qu’ils devraient l’être s’ils se regardaient) le disent mais « totale » c’est à dire tout à fait variée et sans limites. Ces courants existent à la frontière de l’artistique et de la prostitution, dans l’infinie liberté des comportements qu’autorise avec raison le monde « contemporain » comme on dit.

Alors que les années soixante dix avaient vu et au combien se manifester un culte du phallus et de l’ordre symbolique par des groupies hystériques qui favorisèrent bien des beaux mâles, il se révéla finalement que Lacan n’était qu’un macho proto catholique, et ce ne fut que son cadavre que l’on se disputa finalement. L’ex maitresse de Derrida, passée épouse Jospin tenta bien de déconstruire le trouble du genre, mais sans succès véritable, on ne peut rien contre le progrès. Après la « society for cutting up men » (délice de ma jeunesse), LA lesbienne comme seul sexe valide de Monique Witting, les gouines rouges de Christine Delphy, on est passé à bien plus varié, à bien plus désordonné.

Car la femme n’existe pas, et cela doublement: de part le conventionnel du psychiatrique d’une part, de part la biologie même d’autre part. Cisaillé par les deux bouts, ce qui reste du sexe pandouille pantelant entre les mains de nouvelles races de féministes dont les chtarbées que je conspue, acharnées maintenant pour survivre au #féminicide (je ne sais pas si les accents sont acceptés dans les hashtags) à revendiquer « une défense légitime différée » qui permettrait de libérer immédiatement Catherine Sauvage. La fuite dans l’indicible.

Défendu par une supportrice de François Fillon (à mon grand dam, mais je devais m’en douter, car Valérie Boyer  reprocha, castratrice, à Fillon de mal faire sa comm), le concept, forme suprême de l’absurde devrait se faire taper sur les cuisses tout ce que le législatif et le judiciaire ont de culture et de bon sens.

Et donc, une espèce nouvelle, finalement on devait s’y attendre, a surgi du néant: la ménagère de plus de cinquante ans, maintenant en charge du matriarcat, protégée par la parité, ennemie de tout ce qui contredit sa ménopause, prostitution et utilisation du mot « chtarbée » compris. On reconnaitra mon acuité d’entomologiste et aussi ma sportivité: Valérie Boyer en est, et au combien: ennemie de l’anorexie et des photos retouchées elle perdit son temps de députée à vouloir condamner mémoriellement tout , dont en plus le génocide assyrien, bref à instaurer des lois absurdes contre la marche même passée du monde. J’inclus dans mon ire sa volonté de supprimer la GPA mondialement, alors que la loi ne peut être que nationale, et elle se croit l’élue de la terre mère… Je cherche en vain son combat contre la loi sur la parité en politique.

La plafond de verre est donc partout, dans les conseils d’administration, dans les hauts grades de l’armée et de l’Eglise, et bien sur sauf dans le couple, celui ci se devant d’être non paritaire, mariage pour tous oblige, on en a parlé: le génésique n’est QUE maternel, c’était le but, les couples homosexuels mâles avec enfants étant le prix à payer pour la subversion totale du reste de la filiation, la masculinitude étant définitivement barrée.

Sauf aussi dans les deux institutions en charge du contrôle des pensées, la justice et l’enseignement, maintenant complètement féminisés et en pointe dans tous les combats pour le (re)dressement éducatif. L’objectif étant de faire caresser des petits chats aux petits garçons avant que ceux ci, submergés par les hormones que l’on cherche à contrôler préventivement à coup de ritaline, ne se mettent comme de juste à visualiser en 3D le viol de leurs éducatrices.

Car le résultat de cette catastrophe écologique est bien évidemment le school shooting, causé non pas les jeux vidéos (ça c’est la théorie de Popolniette) mais par leur interdiction hystérique, le niveau de haine contre l’autoritarisme à quoi on ne s’identifie pas étant au delà de ce qu’on peut imaginer. On l’attend en Europe, il ne va pas tarder.

Voilà le pot aux roses et c’est ce que je veux dire: ces êtres là sont issus précisément de l’explosion cambrienne générée par Judith Butler: en haut de la chaine alimentaire, porteuse des oripeaux traditionnels des cruelles reines égyptiennes mais aussi des suffragettes théosophistes, elles dominent les régions qu’on leur a abandonné et gare aux blasphémateurs, je laisse aux fantasmes communs le soin d’imaginer les supplices qu’ils doivent subir. En parlant de subir, je laisse aussi aux plus affreuses catégories du porno le soin de visualiser les sexualités de ces dames là, le technologique bio devant s’y livrer à toutes les #chtarbreries possibles.

Une consultation des références disponibles est maintenant indispensable pour décrire ces bizarreries: https://fr.wiktionary.org/wiki/chtarb%C3%A9

L’alliance de la folie et du « coup de la vie dans sa psychée » devrait ravir les tenantes de la fameuse expression « violences faites aux femmes », ces violences là qui manifestement se distinguent des violences faites aux bébés et aux animaux, beaucoup plus/moins graves.

Car la violence dénoncée est à la hauteur de la violence fantasmée (si vous voyez ce que je veux dire), le rétablissement de la peine de mort étant en cours, par des moyens détournés certes, mais avec le brio juridique que l’on doit reconnaitre à la nouvelle expression spirituelle de la loi suprême qui s’applique à tous et pas à toutes (ou pas).

Revenons à Zemmour, l’authentique ennemi des femmes (il regrette le carnet de chèques que la lopette De Gaulle leur a abandonné après l’Algérie). Défendu par le torchon « Causeur » dont la référence méprisée se retrouve bien souvent chez les pas si autistes #féministoïdes, il est le copain d’ Elizabeth Levy, elle même copine de Murray mais bon, il est mort il y a dix ans.

Le jeu avec la liberté d’expression, absolument interdit on vient de le voir, par une partie du monde vivant, sera t il encore possible dans l’avenir ? Plus que six mois avant que la maîtresse du candidat victorieux n’impose une chape de plomb dont nous ne nous délivrerons jamais.

En tout cas, il faut comprendre et cela sera ma conclusion, qu’à l’intérieur de la société civile (je ne parles pas, justement, des excès ultra minoritaires qui ne peuvent jouir QUE de la liberté d’expression) se déroulent des luttes pour le bon sens qui sont mises à mal par des points de vue qui recherchent une reconnaissance qu’ils ne méritent pas. Le port du burkini, la légitime défense préventive, et autres inventions étranges issues d’un sexe qui mérite pourtant d’être mieux représenté en sont.

 

 

oui mon général

Un général sur France Culture, cité par la fachosphère, désespère de la vie. Rendu libre par sa retraite, il manifeste comme souvent chez les militaires, la totale absence de bon sens qui devrait régner dans son état major, à moins qu’il n’ait atteint est c’est souvent le problème dans les hiérarchies strictes,  le niveau d’incompétence du au grade immérité qu’il reçut peu avant  son pot de départ.

Citant le soldat Ryan (que le soldat « Ramos » va remplacer) et Jean Guisnel du Point, il semble hors sol, en tout cas en apparence singulièrement détaché de son métier d’origine. Son bâton de maréchal reçu avant de partir aurait t il suivi une trop longue période de placard ?

Opposé à la dissuasion qu’il juge trop couteuse, il a le mérite (avec Jean Guisnel ) de souligner en fait que le budget actuel de la défense est égal au montant nécessaire pour la renouveller. Dont acte, mais il se comporte alors en gamin gestionnaire de son argent de poche qu’on vient de forcer à payer la cantine: on lui demande de proposer, pas d’arbitrer en silence entre le rata et les munitions en fonction des ordres mystérieux venus du ministère.

Opposé à la guerre en Irak et en Libye, et pas au suivi ou à la conduite des choses, il se comporte en décisionnaire grincheux, totalement en dehors de sa zone de compétences, et au lieu de nous expliquer le comment, qui pourrait justifier un quoi, il généralise en quasi journaliste politique. Pourtant il fut celui qui expliqua dès le début 2015 que l’état islamique était la création quasi directe des US.

J’ai donc ainsi avec le général un rapport d’amour haine caractérisé, lui reprochant de ne pas déduire ce qu’il faut de la réalité qu’il maitrise et explique. Il faut le citer par ses arguments, et pas pour ses conclusions. Et puis il n’est pas si mauvais: il est général quand même.

Il rappelle ainsi avec bonheur la fameuse doctrine du pivot (vers l’asie) théorisée par Clinton elle même et explique la position agressive de la Russie par les maladresses anti missiles des US, semble excuser l’invasion de la Crimée et prôner la réconciliation avec les Russes, ce en quoi il a intégralement raison.

Sa description d’une Amérique en phase de « décaucasisation », nous aurions trente ans pour la prendre en compte, se trouve par contre en contradiction avec son souhait de faire une europe de la défense, alors que l’Otan est évidemment le moyen de garder la puissance US avec nous, et aussi avec sa dénonciation de l’absence de réaction européenne face à l’aggressivité russe, qui m’a semblé à moi excessive, l’affaire des « mistral » étant une honte totale qui laissera des traces…

En gros, il me parait à moi, et  j’ai passé 8 mois à l’Ecole militaire dans les années 80, cela me donne le droit de l’affirmer, qu’il faut des défenses exclusivement nationales, menées par des équipes de nationaux qui se connaissent bien (la Bundeswehr , l’Armée française, l’Armée Britannique)  et qui utilisent l’informatique pour se coordonner. Cela a marché en 14 (sans l’informatique) et cela doit marcher dans l’avenir, chacun de ces pays là étant capable d’aligner des armées au sens traditionnel du terme et cela doit suffire. L’Otan est un cadre possible et a l’immense avantage d’oublier complètement l’absurde commandement intégré des armées européennes dirigé par un luxembourgeois.  L’Otan a un norvégien certes, mais son pouvoir est limité, forcément…

A sa décharge, pourtant, le général reconnait pourtant que la brigade franco allemande est un échec et c’est ce que je voulais dire, pour les raisons que je dis (depuis les années 80, cette brigade multi genres ayant été inventée par Mitterand  pour justifier sa photo main dans la main avec Khohl).

A sa décharge un raisonnement anti US qui explique que les intérêts européens face aux russes ne sont pas ceux des US. Il a raison et il faut le dire. Cela signifie t il qu’il faille une défense « mayonnaise » (comme il le dit)  avec les européens ? Non. Qu’il faille voter à la majorité qualifiée avec les Polonais et les lituaniens de l’alliance Russe ? Non. Bref, ce général en pointe dans bien des domaines nous donne de mauvais conseils en voulant nous faire réfléchir. Comme pour tous les sous chefs, il n’a pas de vision globale hélas.

La possession de la force nucléaire sera décisive pour imposer à la Turquie le silence qui conviendra à ses vélléités menaçantes, et il faudra le lui faire comprendre nettement, quitte à débarquer sur ses rives pour y installer à leur place les barbelés de nos camps à l’extérieur de nos frontières.

D’autre part, la politique de réduction des armements menée par l’administration de la défense française doit cesser: c’est maintenant bien sur l’inverse qu’il faut faire, et son rôle devrait de le faire savoir, quitte à parler au nom de l’active qui devant se taire, n’en peut mais. Qu’il parle donc: nous devons nous réarmer et en demander le financement aux européens que nous protégerons, voilà la seule voie possible.

 

 

Gramsci et la guerre idéologique

J’avoue une tendresse pour le terme « guerre idéologique »: il y a bien des combats qui se mènent dans les médias, pour marquer les esprits et ils sont nombreux, qui ont besoin qu’on leur dise quoi penser.

Une guerre idéologique est menée par exemple à l’heure actuelle par ceux qu’il faut bien considérer comme « les affiliés aux frères musulmans », c’est à dire ceux qui renforcent à un degré quelconque un islam politique soutenu par des puissances étrangères (Turquie, Qatar) et qui cherche à mettre la main sur les esprits faibles de l’immigration africaine en Europe, pour y établir des régions dotées de lois particulières. Ces gens là, similaires aux communistes de la grande époque, font la charité, imposent des modes, revendiquent l’expression de leur liberté, mais ne sont idéologiquement que des fascistes, infectés dans leur moelle même par un autoritarisme borné qu’ils appellent idéal ou spiritualité et habités par le projet de dictature dans toutes les zones qu’on veut bien leur laisser.

Pour mettre les points sur les « i », l’UOIF, représentée au CFCM, en est, et se trouve même considéré comme « terroriste » par les Emirats Arabes Unis (fly emirates) pour cette raison. Le CCIF, comité contre l’islamophobie aussi, ce qui devrait suffire à convaincre, c’est l’objet de la guerre idéologique à mener, que toute utilisation offensive du terme « islamophobie » en est la marque infamante. Comme la présence de la Tabaa sur le front des trop pieux, ou plutôt (la chose est en discussion) ceux qui ne font pas ASSEZ la prière pour s’être durci le front.

Il y a une « méta pensée » à ce sujet, c’est le fameux Gramsci, un communiste albanais qui rédigea dans les prisons du fascisme italien la théorie de l’hégémonie culturelle en matière politique. Il généra des concepts qui eurent un succès considérable (pour le moins) et théorisa précisément la guerre dont nous parlons.

En gros, on gagne en politique quand on a l' »hégémonie culturelle »: c’est l’histoire qui passe. Par conséquent, la violence révolutionnaire doit d’abord s’exercer dans les médias: c’est le premier champ de bataille. La société civile étant distincte de la société politique, c’est là qu’il faut labourer:  la démocratie c’est d’abord la prise de contrôle des masses par les intellectuels, ceux dit « organiques » qui vivent au contact du peuple…

Cette belle théorie est en vigueur partout, et chez tous les fascistes justement. Dans la revue polemia.com de Jean Yves Le Gallou, citée par Boizard, on trouve une ré-expression de ces concepts avec un tour intéressant: on donne tort/raison à Gramsci, et c’est la gauche qui a gagné en fait, du fait de notre incapacité à exprimer nos valeurs et du fait de la sortie de la religion (les illuminati responsable de tout n’étant pas mentionnés).

Pourtant, en gros, la droite a gagné la prééminence intellectuelle (les thèmes de la guerre civile et de l’immigration triomphante sont premiers)  et mieux, les attentats récents constituent « l’amer triomphe des thèses identitaires ». Il nous faut donc combattre.

L’expression est magnifiquement intéressante et appelle à quelque réflexions. D’abord on trouve là le caractère « pétainiste » (ou « maurassien ») au sens strict de l’extrême droite française: le mal dont nous souffrons collectivement est puni par un destin mérité auquel nous devons nous soumettre dans la mesure où il nous donne raison. On pourrait aller jusqu’à accuser l’extrême droite de les avoir organisé, ces attentats, tant ils lui sont utiles !

Ensuite on trouve l’esprit prophétique au sens biblique: le prophète solitaire profère toutes les malédictions possibles et menace la société de sa ruine par Dieu, car elle a péché contre lui. On en est pratiquement là chez les tenants des « valeurs » chrétiennes à restaurer contre les « valeurs » musulmanes, elles vivantes, et qui vont nous abattre, il n’y a que ces valeurs là qui valent.

Le schéma est pourtant bien connu, il hanta les années 30, celles de Gramsci justement, et on n’en retient à tort que la théorie des misérables petits complots journalistiques des intellectuels organiques (le mot s’associe spontanément à « merdique », vous ne trouvez pas ?). Non, il faut pour vaincre le bolchevisme et le nazisme réunis une bonne dictature et surtout la paix extérieure. Une bonne guerre oui mais civile: car le facho est pacifiste extérieurement, voyez vous, c’est son moindre défaut. Tout fut causé par l’invasion de l’Irak, et par les bombardements contre les populations civiles, le feu tue, et la guerre ach grosse malheur. Je tairais par charité pour les admirateurs de Céline l’amour de la paix qui anima ceux qui voulurent se purger de nos juifs.

Le thème de la guerre (introduit en premier par Fillon dès Janvier 2015) a pourtant fini (après celui de la défense de la liberté d’expression puis celle du mode de vie parisien) par venir au premier plan. Il s’agit en effet bien d’une guerre -extérieure- et dont les conséquences devraient être la protection contre l’extérieur (migrations, immigrations), les alliances nécessaires avec les ennemis de nos ennemis (la Russie), la défiance envers ceux qui se comportent comme des ennemis (la Turquie), la construction de prisons, bref le programme de Fillon.

Cette guerre pourrait être aussi, après l’abaissement et l’humiliation de l’adversaire, la ruine de sa propagande qui ne sera bientôt que celle de satrapes mangeurs d’hommes fuyant dans le désert. De quoi ridiculiser ce qui  demeure l’horizon spirituel d’une religion régressive bien connue dont c’est l’intérêt national de nous en débarrasser. On pourrait en profiter.

Mais non, le facho moyen qui se voit « en avance », lui, prépare la remigration, et veut la guerre civile totale rien d’autre. Après avoir servi de repoussoir pendant trente ans, vaincu et au combien tellement il était bête par ce qui l’a suscité exprès, c’est à dire son soit disant adversaire, le Parti Socialiste dominateur avec qui il vit en symbiose, il se prépare à injecter dans la société française les valeurs nécessaires aux héros qui iront fusiller l’arabe du coin au nom de la civilisation occidentale. Car la violence est nécessaire: il nous faut l' »horizon de la guerre » (D.Venner (1))  propre aux peuples violents par nécessité vitale etc etc.

Cette violence là ne convient pas à la technicisation décadente (ach maudite teknique) de l’ère atomique et de l’utilisation des moyens militaires modernes, qui éloigne trop le couteau du manieur de son manche et du percé par la lame et c’est trop dommage. Je veux 3 épiciers ouverts tard le soir pour chaque prêtre molesté, telle sera ma réaction.

Au passage, cette hégémonie culturelle là ressemble peu à celle des frères, finalement bien moins bête: ce sont les valeurs musulmanes qui nous éloigneront de la radicalisation et ce sera plus de ramadan et de hallal qui nous ramèneront la paix, c’est évident. Alliés objectifs des assassins, mais impeccablement politiquement correct, ils jouent donc gagnant sur ce coup là. En face, les païens de chez Boizard se débattent dans leur dépression nerveuse.

Au sujet de Gramsci, il faut bien voir que la fameuse « hégémonie culturelle » est surtout celle de la bêtise prolétarienne propre aux basses classes incultes en fait insouciantes de tous les historicisme et concepts économiques ineptes qui séduisent les sous éduqués qui s’en échappent. Là est le problème: toutes les évolutions de la société mettent sur le marché des semi philosophes (ceux que Averroës lui même dénonçait en les traitants de « dialecticiens »), en fait des sous diplômés prétentieux croyant avoir tout compris du monde et que la philosophie, au lieu de porter à la sagesse, excite au meurtre soit disant nécessaire.

Cela donne les millénaristes (2), les communistes, les nazis et bien sur les djihadistes, leurs tenants peu courageux pour tuer eux même exerçant la fameuse hégémonie au nom de ces idéologies là mais exhortant à la paix qui favorise leur dictature.

Il existe pourtant un trait caractéristique de toutes ces abominations intellectuelles et qui devrait suffire à les démasquer en tout temps et en tout lieu: elles suggèrent toutes à un degré ou à un autre l’abdication de la Liberté comme élément nécessaire à leur pouvoir salutaire. Ce critère là devrait suffire à nous sauver tous de nos prétentions infondées, car la philosophie ne peut être que la sagesse que donne le seul culte de la Liberté, la seule chose qui vaille en ce monde.

(1) Dominique Venner, cité dans l’article de Le Gallou ,  copain de Lugan, se suicida dans Notre Dame au nom  du paganisme, voulant (merci à lui de n’avoir pas égorgé de prêtres) manifester ses droits barbares sur un antique lieu saint  injustement confisqué par l’ignoble pratique juive nommée christianisme.

(2) Les millénaristes sont les tenants de la période de mille ans gérée par le christ avant la fin du monde. Ce règne là, rappelé et interprété par un adversaire résolu des idéologies musulmanes, Jean Louis Harouel, cité avec bonheur par Boizard (http://ac.matra.free.fr/FB/20160816harouel.pdf) .

Harouel est un guerrier idéologique de première, un officier! Sa caractérisation de l’islam comme d’abord une organisation politique et juridique envahissante que l’on doit combattre au nom de la liberté est splendide : au delà de tout racisme, de tout essentialisme, il conduit une guerre que l’on peut et doit gagner, nous avons les bonnes armes.