Le centre, il se la pète

Le ni droite ni gauche a un centre: la proportionnelle. Objet de l’accord et marque de l’alliance, le seul moyen pour les petit(e)s parti(e)s de jouer un rôle, c’est à dire de bloquer toute décision, est bien sur l’instauration du nouveau prétentieux comme bulle, car pouvant brièvement, et à toute occasion, donner un avis autorisé qui change le cours de l’histoire. Le pet change la conversation, fait bouger les lignes et c’est le but. Naturellement, on n’introduit qu’une « dose », une « part », de proportionnelle, juste ce qu’il faut pour satisfaire sans changer: le centre c’est l’équilibre, la sagesse, la mesure, la modération, le compromis.

Rien à voir donc avec la révolution qu’on nous a promis dans un livre digne du « Mein Kampf  » d’Hitler, du « Que faire » de Lénine ou du « Faire » de Fillon. Et pourtant: elle est l’objectif des nouveaux entrants, dont le caractère, le tempérament, la posture les prédispose à vouloir dépasser les absurdes clivages pour « être » celui qui est de droite avec la gauche et de gauche avec la droite, et donc qui a toujours raison, je dirais absolument.

Car c’est la première ambition du centre: l’unicité du point de vue, le seul possible, la pointe de la balance. Le centriste est autoritaire, c’est son moindre défaut. Il dit « je », toujours et même s’il justifie parfois ses arrangements en se soumettant à tel ou tel, il n’est jamais que  l’exécuteur de SA décision, prise en solitaire, irrévocable et imprévisible.

La deuxième ambition est de se payer de mots: rien ne vaut une bonne phrase ambigüe pour exprimer son vrai point de vue. Par exemple: « Nous ne pouvons rester passifs, loin de ces théâtres d’opérations, car ils ont des conséquences directes sur nos sociétés. Quant à dire que nous devons intervenir partout et en toutes circonstances, je ne le crois pas. »

Quelle sagesse ! Quel sens de la mesure ! Pouvoir soutenir les deux points de vue « à la fois » est le signe du signifiant et se trouve être ce qu’il veut dire: rien. Il ne fera rien. Ni dans un sens ni dans l’autre. Et tout est comme ça.

La troisième ambition est d’innover. Il nous faut du neuf. En effet, le vieux est évidemment à rejeter. Qui dirait le contraire ? A partir de là, tout doit être mis en oeuvre pour se trouver face à l’inusité:

« Le  défi auquel nous devons répondre est l’invention d’un nouveau modèle de croissance. Pour être juste et soutenable, elle doit être écologique et servir la mobilité sociale. »

La croissance a des modèles tous vieux et usés, il nous en faut un nouveau, et la preuve de la nouveauté se trouve dans l’association entre deux marqueurs et deux qualifications qui s’associent en 4 significations positives distinctes, en fait huit, car chaque qualifications peut agir dans les deux sens. Juste par exemple peut aller dans le sens de la réduction de l’excès ( on ne va pas jusqu’à l’antispécisme) ou bien dans son accentuation (on nomme un médiateur pour  l’aéroport nantais). Soutenable veut dire supportable, bien sur, mais aussi efficace et donc forcené quand appliqué à l’écologie, et la mobilité sociale, dont il faut bien sur considérer la diminution nécessaire, put avoir tous les avantages et toutes les nuances vers le haut et vers le bas, pour le plus grand bonheur de l’évidence. Bref, on signifie, on cajole, on chante… On décrit un esprit, une ambiance, ce qu’on appelle une « vision », ce qui est la seule chose qui importe quand on veut un président, c’est à dire un ambitieux sexuellement immature/trop mature qui hurle « je veux » avec un voix aigüe.

On passera sur ce qui est régulièrement décrit dans les journaux: 35h, ISF, je suis socialiste, colonisation, cannabis, diesel, il s’est contredit sur tous  ces sujets dans les six derniers mois… Tu parles d’une vision ! En réalité on a le centrisme comme puissance, comme état d’esprit, comme caractère. Car il faut un caractère pour être là dedans: une forme de soutien permanent à l’évidence quelle qu’elle soit, dans toutes ses successions, quitte à changer, évidemment, quand il le faut. Une absence de de volonté de prise de parti, mieux, la volonté de ne pas avoir de « parti », pour mieux séduire, pour mieux être l' »autre » celui qu’on n’est pas, celui qu’on ne peut pas deviner, prévoir, ou anticiper, celui qui a forcément raison.

Evidemment, ce bel esprit de décision, quand il est associé à la seule mesure dont est sur, la proportionnelle au parlement, peut atteindre le but final de l’attitude et l’objet définitif de la stratégie politique mise en oeuvre: l’inaction complexe, car résultat du compromis des convictions. L’ensemble des avis contraires réunis se rassemble dans le trou noir central, toutes les forces centripètes nous y ramènent et l’inéluctable qui se contredit se doit au dernier moment de se résoudre dans le titre avec la victoire indispensable, nécessaire et donc maintenant quasi certaine d’un candidat au nom en regard et je me comprends.

Les me(r)dias

Il faut bien le dire, même ralentis, les merdias continuent de se tortiller. Aux US et en France. Pour les US, il faut un Trump en pleine forme, qui entame son face à face avec une presse déchaînée qui continue encore et encore à vouloir imposer sa méthode, la même que partout et qui se voit, et qui se sent et qu’on ne supporte plus. Enfin que JE ne supporte plus et cela peut s’expliquer.

L’affaire Flynn: le conseiller à la sécurité du président démissionne: affaire scandaleuse s’il en est, il est confronté à la révélation par le FBI auprès de journaux de conversations téléphoniques avec l’ambassadeur russe mentionnant un éventuel allègement des sanctions envers la Russie après l’élection. D’abord niée, la teneur de ces conversations est considérée comme un mensonge au vice président, et le conseiller forcé de démissionner. Les sanctions envers la Russie sont un aspect particulièrement stupide de la politique d’Obama, les conversations sont anodines, et toute la polémique porte sur la soit disant intervention de la Russie qui aurait fait perdre Clinton, due à une soit disant collusion de Trump avec les russes. N’importe quoi. Alors qu’elle, Clinton, est objectivement responsable, de la fuite de milliers de mail gérés avec la dernière imprudence. Rendus folles par une défaite qu’elles refusent, les gauches américaines pètent les plombs.

La presse démocrate accuse donc Trump de racisme, d’antisémitisme, et de collusion avec la Russie. Par un lynchage médiatique caractérisé pendant l’installation du nouveau président, elle attaque tout azimuts sur rien, sur le symbole potentiel d’une collusion, sur un principe moral, mieux, et c’est là où je veux en venir, sur la confirmation indicielle de l’amoralité de la victime. Trump est mauvais et vicieux: regardez son ongle rongé: il est le signe objectif, la preuve et la marque de sa culpabilité. L’ongle  EST le crime et doit être puni.

Ce deuxième degré dans l’accusation, le petit rien qui déclanche l’hystérie du lynchage, les hurlements et le déchaînement de la foule toute entière rassemblée pour arracher un morceau de chair à la victime est la marque précise de la folie médiatique support et proie de l’horreur sacrificelle qui EST le lynchage. Particulièrement en pointe dans ce domaine, cela fut pratiqué jusque dans les années trente aux US, la société américaine pratique le lynchage comme un phénomène social, une activité, un sport, une pratique et un défoulement.

Quand il se déclenche, rien ne peut l’arrêter, sinon la dernière violence, mais celle là tournée contre la foule. Il faut des canons chargés à la mitraille et des milliers de morts pour la calmer. Quand la foule se retire laissant les corps sanglants des plus furieux de ses assassins, elle est enfin repue de ce qu’elle voulait: du sang, n’importe quel sang. Car l’injustice dont elle se repait est ce qu’elle cherche, ce qu’elle veut provoquer. Un seul, la victime expiatoire, ou bien une partie du peuple ? On laissera la victime unique, c’est moins cher…

Passons à la France. Le futile de l’accusation qui déclenche la folie collective est le ressentiment contre le reproche que l’on fait depuis toujours en silence: la haine de la gauche contre sa propre impuissance, contre sa propre déchéance. On se jette alors sur celui qui représente le reproche, celui qui pourrait par sa victoire le manifester dans toute son ampleur. Et « en plus », il nous donnait des leçons de morale ! Le caractère du symptôme futile est encore renforcé par cette remarque, élément caractéristique de la folie violente, ultime renforcement de l’autorisation que l’on se fait à soi même d’aller aussi prélever le morceau de viande sur la victime vivante. Triplement coupable, le mauvais qui prétendait ne pas l’être…

Qui se laisse aller à la chose? D’abord l’électorat qui a mis au sommet de l’Etat un petit menteur faiblard, pourtant sanctifié par vingt ans de magouilles dans le petit milieu socialiste. Dégouté au bout d’un mois du monsieur qui conjugua immédiatement des vacances ridicules et une soumission instantanée à l’Allemagne qu’il avait défié, il déchire lentement depuis cinq ans son bouc émissaire. Au moment d’en changer, littéralement privée de dessert par l’abandon final de son souffre douleur, elle se trouve perdue: de qui cela pourrait il être le tour ?

C’est alors que se conjugue ce qui finalement devait confusément être le plan depuis longtemps: la divulgation du privé. Ingrédient fondamental du vrai journalisme, la communication par le laisser voir l’intime, seule rapport au réel de la représentation publique se manifesta à rebours des envies pendant tout le quinquennat. Il faut dire que géré quasi volontairement, le masochisme de Hollande ayant là peut être une origine, la lamentable exposition publique de toutes les humiliations possibles submergea littéralement un journalisme pourtant entièrement acquis à la gauche et ennemi mortel du bling bling sarkozyste. Depuis la maitresse trompée qui se venge jusqu’aux secrets défenses exposés, on assista à une stratégie de communication destinée à éviter le supplice: la victime était déjà démembrée, c’est ça le vrai masochisme: une conjuration de l’inévitable.

Cela a marché: sa popularité en hausse, le lémure donne des leçons d’exemplarité (sans cela l’autorité n’est pas possible nous dit il) et commande le jour même l’annonce non pas de la fin du supplice, mais celle de la poursuite sans raison de celui ci. Obéissante et télécommandée la procuresse , qu’il a nommé pour que Cahuzac soit oublié plus vite, parle de « fondement de la démocratie ». La jouissance du monsieur ce jeudi là fut intense.

Le privé du donneur de leçons révélé dans toute sa saleté: famille bourgeoise et argent, tout ce qu’on jalouse et veut détruire. Cela est le fait de celui qui précisément donna tout à ce thème sous la forme contraire: femme rivale, enfants associés à sa propagande, maitresse ennemie, deuxième maitresse quasi ministre

Vexé et sans nourriture le journalisme doit maintenant passer à la « critique » de la droite. Constitué d’analystes de football et de sondeurs, sans parler des demi sels mal payés qui pensent pouvoir dénoncer l’affaire culcul-gate du siècle (la vocation c’est celle d’avoir une gorge profonde à soi), il fait son métier: exciter l’opinion publique au meurtre collectif, la seule valorisation de la nouvelle étant la réaction salutaire que le public aura enfin: ce chien écrasé mérite une révolution !

On pourrait imaginer que la presse est, et elle l’est dans beaucoup de cas, une édifiante description du monde et de sa complexité, une peinture du réel avec ses faits et surtout les différentes possibilités, discutés, de les appréhender. Un journaliste, spécialiste de rien, mais intelligent sur tout, peut avec son bon sens retranscrire la vérité bien mieux que beaucoup d’acteurs.

Il peut aussi n’être qu’un journalope, l’employé fictif des merdias, la hyène moraliste dégénérée qui nous fait la leçon au nom de son maître qui le paye mal et dont il espère rester la danseuse. La pourriture qui fait mine d’avoir des convictions éthiques alors qu’il se déshonore. Dieudonné ! Dieudonné !

 

 

Les plans de Macron

Ne pouvant voir le projet de Macron que comme quelque chose se situant dans l’avenir, la révélation scandaleuse de sa petite bite n’étant prévue qu' »en mars », il nous faut regarder ceux qui l’inspirent et analyser les plans grandioses que le fils du planificateur dont les patronymes s’ajoutent, DSK avait ajouté Khan (ou Strauss), il a ajouté Ferry, avait proposé à Ayrault à la fin de 2013.  On rappellera que les municipales de 2014, en ligne avec la stratégie, évincèrent Ayrault, dont des confidences ultérieures ont révélé qu’il était déjà dans la seringue lors du « séminaire gouvernemental » qui lança le gourou de Macron dans son analyse éperdue.

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On s’attachera brièvement au style, le très délicat et technocratique sabir neutre dont l’élite française gargarise son haleine je vous dis pas. Il est celui de Macron, qui imite qui ? Une vieille tradition de la dissertation, témoin des compétences en euphémismes bavards écrits  d’une certaine classe sociale. En fait il y a un truc. Des documents de 1000 pages de ce type peuvent être lus et compris en dix minutes, il suffit d’appartenir au sérail pour avoir été entrainé à le faire: lors de fin de soirées arrosées les étudiants au dessus d’un certain classement se torchent à la vodka et mettent en commun leurs manières d’écrire. Le coma éthylique qui suit ces révélations fait office d’imprégnation définitive: ils ne se souviennent de rien et pourtant sont formés pour toujours.

Passons au fond. Deux thèmes apparents (on se réservera les autres pour plus tard) qui émergent après deux recherches textuelles dans le pdf: l’europe et la culture.

Pour l’Europe, on passera sur la déploration des obligations excessives à la rigueur financière qu’imposa la crise. Hors de propos et explication exclusive de la déprime européenne des pays du sud injustement opprimés et dont on se déclare bien sur solidaire, on se finit avec le ponpon intubé en deux phases. Il faut une redistribution vers le sud (chic on en est). Mais, et là, compte tenu des réticences, la question est posée « faut il aller jusqu’à créer un gouvernement fédéral? ». Le deuxième cran porte sur l’admission de la Turquie (avec les balkans) nécessaire pour que l’Europe garde son influence. Pour faire taire les réticences dues à l’importance de l’agriculture du nouvel entrant: « faut il aller jusqu’à créer un gouvernement fédéral? ». On se le demande en effet.

L’incroyable folie de ces gens, exprimée en clair (enfin, en clair…) dans des documents publics lu exclusivement par des étudiants bourrés plus votre serviteur, porte le plan de Macron pour l’Europe: faire une fédération européenne pour forcer l’Allemagne à payer notre acceptation à l’entrée de la Turquie. Pas con Macron !

Pour la culture, le thème bien sur s’identifie au développement exclusif de la musique rap dans cette culture qui non seulement est diverse mais ne peut plus être qualifiée de française en vertu du second principe de la linguistique xyloglotienne: celui de la négation positive. Ainsi, Macron avec son fameux « il y a la culture en France » arrive à affirmer la discrimination positive de la non culture française en un double roulé boulé qui impose au gagnant de reprendre illico un shoot. L’identification du mot culture à « rap » est ainsi achevé, « culture populaire » étant le pendant de la culture des « classes populaires ». Tout est sur la table, un passeport sera distribué pour la chose (le fameux « passeport culturel »), au cas où le plan serait encore un peu obscur. Une sorte de bamboulagate…

On se terminera sur les trois options (non exclusives) de la stratégie pour ce qui reste de la France à venir. Tenez vous bien ça arrache: d’abord des mesures culturelles, linguistiques et régionalisées (mondialisées), on vient d’en parler. Mais il y a aussi l’embauche d’interprètes, pour clarifier les éléments de langage avec les personnes linguistiquement autres avec qui il faut bien communiquer tout de même, et bien sur on parlait de ponpon, la discrimination positive, on ne peut totalement pas l’exclure…

Ayrault qui s’était illustré peu avant en remplaçant l’observatoire de la laïcité par son contraire (la dissimulation de ses violations) en a donc eu pour son argent. La vipère qu’il nourrissait en son sein venait de le mordre délicatement, et tout à la fois faire le programme de celui qui allait remplacer son maître et sans doute, tous les sondages le disent, le remplacer complètement. Qui n’en veut?

Ah qu’il est bon de savoir et comprendre où l’on va, c’est sans doute mon coté « lumières » qui parle.

En parlant de sabir neutre, il y a l’autre revers de la médaille, le « ni droite » du « ni gauche ». Le mystique. D’après le JDD (on a du mal à croire ce qu’on lit, mais cela est normal, c’est la presse française), « La politique, c’est mystique. » […] « C’est tout mon combat. C’est une erreur de penser que le programme est le cœur d’une campagne. Les médias passent du commentaire d’un point de détail mineur du programme aux pires polémiques, et ainsi de suite. » «  »Comment se construit le pouvoir charismatique? C’est un mélange de choses sensibles et de choses intellectuelles. J’ai toujours assumé la dimension de verticalité, de transcendance, mais en même temps elle doit s’ancrer dans de l’immanence complète, de la matérialité. Je ne crois pas à la transcendance éthérée. Il faut tresser les deux, l’intelligence et la spiritualité. »

Là on est pas dans les lumières, on est dans le trou du cul de l’esprit…

Il s’en prend aux médias

« Vous en avez un peu trop fait », « C’est ça que vous appelez le fonctionnement normal de la démocratie », « aucun d’entre vous n’a eu d’interrogations sur la violence de ce qui vient de se produire », »lyncher, assassiner politiquement, comme finalement, vous l’avez fait », « pendant dix  jours, un candidat à l’élection présidentielle », « je pense que ça pose un problème », « que ça pose un problème démocratique ».

Les choses sont dites: le système médiatique français s’est mal comporté, en fait et de fait, de manière inacceptable et honteuse et il s’est même déshonoré. La petite camarilla de drogués et de gauchistes qui font les unes des journaux dit institutionnels est un ramassis de salopards, d’enculés et de cons qui vont le payer cher.

J’avais cessé de lire Le Monde et Libé. Le Point se signale en répétant, deux heures avant de se faire contredire par l’intéressé que Juppé est en discussion pour un plan B. Dans la même page web, les deux nouvelles contradictoires dont seule la deuxième est sure (« Non c’est Non, dit il devant témoins) sont affichées sans vergogne. La première est une intoxication de bas étage, une « fake news » minute, destinée à faire bouger les lignes dans un combat rapproché digne des saloperies les plus ignobles. Fausse nouvelle jetée comme un coup de pied dans les chevilles, un presse couille de mélées de singes.

Le Monde, publie peu avant la conférence de presse des comptes rendu d’audience, protégés par le « secret des sources », ses deux journalistes vedettes deux ans à l’Elysée sont en position bien sur pour les utiliser, les fameux secrets. Bien sur on déforme: le fils de Fillon a travaillé pour Sarkozy. Il faut que Fillon en parle lui même et dénonce le journal de l’establishment, pris la main dans le sac comme instrument de la propagande du gouvernement qui trahit sa confidentialité, et qui plus est, en faisant mentir !

C’est une honte absolue: Le Figaro compare Fillon a Cahuzac et Strauss Kahn en disant que tous les hommes politiques sont pareils et ont besoin d’exprimer leur regrets. Mathilde Siraud, journaliste. Mon commentaire disant que le Figaro a perdu la raison sera-t-il publié ? Tu parles, la charte éthique du Figaro serait violée sans doute… Complètement habitée par des stagiaires gauchistes dénués de bon sens, de culture et d’honnêteté, le torchon d’un corrompu condamné récemment est porteur de toutes les infamies, je ne vous raconte pas la suite des articles, tous consacrés à s’enferrer davantage dans un lynchage insupportable.

Il y a en eu comme ça de quoi lire pendant dix jours. Sans parler des télés, des talk shows et de tout le reste. Les grands éditorialistes, Mazerolles, Jeudy, Martichoux, tous ceux qui à longueur d’antenne nous dictent le point de vue objectif du réel s’enfoncent dans des dénonciations d’arrière garde, en tête de toute la meute de petits socialistes aux yeux injectés de sang, sur de tenir la bête, à la chasse à l’homme de l’ennemi de droite. Car bien sur j’ai encore une question vous avez menti je vous tiens, je vais vous tuer en direct, c’est mon courage à moi, mon éthique de journaliste que de le faire, j’ai un prix Pulitzer à la clé, que dis je, Albert Londres, gloire de mon éthique et de mon indépendance. L’horreur. Ce métier doit disparaitre, d’ailleurs c’est fait: l’internet et l’intelligence artificielle devrait nettoyer cette lèpre, et nous débarrasser de ces singes, je ne veux plus que l’AFP.

En parlant d’AFP, tous ces gens nous ont expliqué que DSK, violeur patenté devait être considéré comme un penseur économique important, et que Mazarine Pingeot n’existait pas (elle vécut 14 ans à mes frais, protégée par les services français) etc etc. Vive les journalistes.

En parlant toujours d’AFP, les comptes rendus de la conférence publiés par nos « analystes », ne mentionnent bien sur pas la dernière partie de la conférence. Voilà à quoi je sers: à informer gratos, on ne peut pas forcer les médias à parler contre leurs intérêts.

Ils ont perdu le droit à la parole, ils ne sont que des rats. Honte et mort médiatique aux enfoirés. Et bien c’est dit, on va foutre tout ça en l’air. Il y a un problème et on va se venger.

 

Le point de vue commun

Il existe dans la société un point de vue commun à tous qui justifie les conversations de bistrot: un équilibre que chaque intervenant modifie à la marge sans jamais cesser d’être globalement d’accord avec ses partenaires, amis et collègues. Formé de bon sens, d’évidences partagées, tout s’articule sur la base d’une morale commune, d’une éthique partagée, de règles et assentiments admis par tous. Relayé par les médias qui l’exploitent, par les politiques qui y font appel, il est le ciment du social, la décence commune propre aux peuples simples, au peuple tout simplement, nous, le seul réel, le vrai.

Pénétré de l’évidence, le participant doté de la confiance de tous qui s’exprime en premier peut souvent servir d’initiateur à une opinion, avis, jugement, intuition sentiment et pour finir condamnation partagée… Suivez mon regard, Fillon est corrompu, sa femme n’a rien fait j’en été sur. Le point de vue commun a jugé: il est foutu, je l’ai déjà dit.

Evidemment une campagne électorale est en cours, tous les candidats sont déclarés et commencent à s’affronter, les amis et les ennemis se contredisent, s’influencent et se combattent. Trente ans de domination sans partage de la gauche est en jeu, tous les moyens sont bons. Tous? Il y en a un, en vigueur précisément depuis trente ans, qui vient de se déchainer et ça se voit: le fameux point de vue commun, qui a statué comme on a dit. Macron élu peut déjà nommer à sa guise et démarrer la fuzak de l’Oréal avec Nestlé, c’est comme si c’était fait.

Beaucoup de gens, y compris les opinions modérées de la droite et du centre sont pris dans ce vent là: le point de vue commun est très fort et domine bien au delà de son pouvoir d’action effectif, car il règne et doit être respecté partout. Il est comme une substance unique, coloré par qui pisse le mieux dessus et se répand partout. C’est là qu’il sert le mieux. Quand soumis à une nouvelle contrainte non réfléchie, il décide brutalement et arrache littéralement le sentiment lors de la phase décisive de la cristallisation de l’opinion.

« Je vous jure, pénélope n’a rien fait »: ah que c’est drôle et ça l’est: mais cela a pour but de convaincre, et profondément. Car la rumeur et la gestion de perception sont des convictions, à quoi on s’attache autant qu’à la beauté de sa femme (…) l’imposer et la contrôler c’est la marquer, c’est l’enfoncer, c’est la rendre utile…

Et puis il y a les communicants, du moins ceux qui, techniciens de la chose, jugent les tactiques. Il aurait fallu faire autrement, déminer à l’avance, mieux sourire en coin, avouer dés la veille de la parution, éviter les imprécisions interprétées trivialement.
Par exemple, les enfants: on dit les avoir employé comme avocats. La journalope relève immédiatement qu’il ne l’étaient pas encore et que DONC, il y a simultanément violation de la loi, mensonge, prévarication avouée cyniquement, erreur finale qui décrédibilise tout le discours. L’absurdité de ce jugement, relayé par tous les « fact checkers », est évidente: elle est prise au sérieux, relayée, amplifiée et citée en exemple, qualifiée de déroute, de fiasco, de naufrage et mélangée avec tout le reste, enduite, empoignée… Alors qu’un conseil de futur avocat, en qui on a la confiance du père, n’est pas une prestation tamponnée par l’université et l’employeur est totalement libre de prendre un stagiaire. Bien sur.

La révélation du « je n’ai jamais été assistante », extraite d’une vidéo enterrée, rachetée avec l’argent de la redevance par un enquêteur qui avoue n’avoir pas d’éléments à part quelques refus de répondre de la part de gens engagés dans une enquête de police est évidemment sans pouvoir de conviction: Pénélope ne fut jamais secrétaire de son mari, ni chargée de sa communication, tout le monde le sait. Ce qui est considéré comme un aveu et ainsi utilisé comme tel et donc comme titre de nouvelle dans l’information déversée en boucle n’a pas de réalité informationnelle et se trouve oubliée immédiatement. Juste un coup de griffe, un étron dans le potage, ça aura toujours un petit effet.

Ce qui pourrait au maximum une réflexion spirituelle du canard enchaîné, un entrefilet distrayant et ironique, qui pourrait faire sourire, se transforme en accusation définitive, en raison de rupture définitive, en cri de haine. Et on vous parle de « communication » à maitriser: un guerre est en cours, féroce et vicieuse, sans foi ni loi, ni règles. Un parti est à l’oeuvre, en marche en fonction en action et il roule pour quelqu’un cela se voit.

Que ce soit lepoint de vue commun qui soit le support de ces mensonges éhontés n’est pas surprenant. Il est en cause dans la campagne électorale, et il se défend. Car c’est sa destruction qui est en jeu. La France a changé et à part Jean Pierre Pernaud, et encore on tente de s’en prendre à lui, nul n’a pas de rôle dans une défense pied à pied contre l’inéluctable: la fracturation de la société entre irréconciliables appréciations du monde dont l’une hait profondément l’autre. Le pouvoir médiatique (ceux en charge des tam tams), est à gauche à 70% et règne dans les open spaces. Payé pour suivre et décrire lepoint de vue commun, il sait de quoi il parle et agit sur ordre, avec le sens du collectif qui fait les vrais complots sans organisation.

Alors on pourrait argumenter sur la thèse et dire que Hollande fut bashé pendant quatre ans sans relâche, ce qui démontre l’objectivité du monstre… Hélas: ce qui aurait justifié un coup d’état militaire dés les premiers six mois ne se produisit pas. Malgré le dégout, la honte, le mépris et une haine affreuse qui s’est répandue partout, à part une vitrine d’hôpital attaquée à la masse, il ne se passa rien. Chargé d’exprimer l’opinion publique, un commando de belges représenta brièvement ce que tout le monde voulait dire mais cette thèse là ne fut pas soutenue, on se demande bien pourquoi…

Toute la dernière année consacrée à placer ses amis, à réorganiser de fond en comble toutes les radios, tous les journaux subventionnés, tous les milliardaires amis appelés à la manoeuvre, plus une augmentation d’impôts pour financer la centième chaine publique d’informations: lepoint de vue commun fut bien étayé, et on le voit à l’oeuvre, ce qui doit servir sert.

Pourquoi n’est il pas « de droite » lepoint de vue commun ? D’une part, il l’est, c’est son coté « franchouillard », un peu macho, tout le canard, quoi. Mais il est aussi irrévérencieux et moqueur, et donc opposé à tout « sérieux » qui ne soit pas le réel sentencieux à quoi on se raccroche après un fou rire. Le sérieux ridicule de papa qu’on doit bien respecter si on veut son argent de poche. Certainement pas l’envie de projeter un positif qui aurait un sens politique, car cela est impossible. Cela est vrai à gauche tout autant: car la gauche a depuis longtemps cessé d’être une expression positive du politique: l’injustice n’est à supprimer que comme posture, et donc à garder. Le point de vue commun n’est partisan que du statut quo, et certainement pas d’un quelconque changement, naturellement: il est le conservatisme essentiel.

On arrive là à ce qui pour beaucoup est l’essence du réel, associée au point de vue commun et qu’on ne pourra/devra ainsi jamais changer: l’inéluctable conservation du même, les alternances n’étant que changement de la mode, on ne peut s’habiller tout le temps pareil.

Cette description pourrait être celle du fameux « système » que bien des gens s’acharnent à invoquer et que l’extrême droite de Polony à Lepen en passant par Michéa s’acharnent à identifier à une gauche qu’on voudrait dévoyée, alors qu’il s’agit en fait de l’essence même de la gauche et qu’ils en font partie, la preuve, ils furent (tous les trois) envoyés pour la protéger encore.  Le système c’est la gauche, c’est cette forme d’acceptation du monde qui caractérise la société médiatique depuis l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981.

Cette thèse n’est pas la thèse officielle, et Polony met aussi bien sur tous les libéraux dans le système, y compris le pauvre Fillon rejeté avec les autres et honni pour son immoralisme bourgeois. On se retrouve avec un système dont les bords droits et gauches se décalent suivant les analystes. Bien évidemment, on n’oserait pas y mettre le FN, créature et soutien objectif du PS pendant toute la période, aujourd’hui dirigés par des homosexuels partisans du mariage pour tous.  Dédiabolisés  en diable, corrompus et cyniques, ils sont de fait la part la plus pourrie du système.

Tétanisée par sa défaite, provoquée d’ailleurs par des irresponsables, qui pour notre malheur prirent finalement le pouvoir pour ne rien faire, la droite ne se releva jamais de la trahison de Chirac. Elle voulut faire la démagogue est communiquer elle aussi. Mais ses dérisoires tentatives d’investir le point de vue commun furent toutes battues en brèche. Fillon reste un abbé vicelard corrompu et le libéralisme n’est que culturel. Le sentiment de respect qu’on doit à la pauvreté et aux migrations continue de s’imposer, y déchoir c’est se déshumaniser. Le voilà le système, et il n’est lui, ni de droite ni de gauche, mieux il s’emploie à dénoncer ses vrais ennemis. Pour offense à la morale, et là c’est Michéa le gueux que je me veux empaffer: pour offense à la fameuse « common décency », le point de vue commun, cette morale de l’ouvrier communiste, racine du dévoiement de l’humain et de la ruine morale infinie du XXè siècle, l’atroce moralisme que je conchierais toujours. Ce qui en reste est le fameux point de vue commun d’aujourd’hui.

Cette chose infecte doit disparaître.

 

 

L’amoraline

La question de la morale, ou éthique (on prendra ici pour éthique l’acception surplombante qui est la réflexion sur les morales, ensembles particuliers de principes) a ceci de salutaire qu’elle doit s’affranchir du droit, simple règle jugeable. Le « moral » se pense dans l’esprit de l’individu et préside à la réflexion avant l’action, qu’elle soit délictueuse, digne d’éloges ou bien qu’elle ne soit qu’action de juger et de condamner « moralement », prélude au vrai procès et au supplice nécessaire à infliger.

Nous sommes donc avant, ou du moins avant de s’engager dans cette fameuse action. Prenons Fillon élu député en 1997, projeté dans cinq ans d’opposition surprise par la faute de ce crétin de Juppé. Il fallait se financer. Alors que le crétin pour le compte du grand cerf (Chirac le cocu de Mitterand) pouvait mettre la mairie de Paris en coupe réglée, Fillon n’avait que sa femme, et il dut se résoudre à rémunérer, comme le faisait tout le monde, celle dont on ne sait toujours pas ce qu’elle faisait.

La réponse est pourtant claire: Fillon fut lui même attaché parlementaire d’un homosexuel déclaré, Joël Le Theule à qui il prodiguait, rémunéré bien sur, ce que sa femme lui prodigua pendant des années. Le Theule était honni de Pompidou qui l’accusait plus ou moins du complot autour de l’affaire Markovic, il était ministre de l’information. Il fut donc blacklisté par Chirac, en fait il soutint Chaban, puis Barre dont il était ministre. Voilà le décor planté, homosexuel qui refoule son passé, Fillon dut payer sa femme qui le faisait chanter après l’avoir épousé de force juste après l’assassinat du mentor braguard. Les choses sont confirmées par les parents de Fillon, grands amis de Le Theule dont il n’ont jamais ni appris l’homosexualité qui n’était absolument pas ni revendiquée, ni même évoquée: il n’était pas marié, c’était tout. Typique: il se faisait leur fils en secret, c’est clair… Et puis que dire de cette morale républicaine là ? Prendre comme attaché parlementaire un cancre, fils d’un notaire qu’il faut soigner, il y a bien des raisons.

Les lettres de Le Theule retrouvées par Fillon l’auraient innocenté: tu parles, il a tout brulé et faussé à son avantage. Le complot est en place, on ne peut plus avoir confiance. Le salopegate va tout ravager. Car l’essentiel est là: la simple corruption qui consiste à se servir de l’argent public qu’on arrache aux pauvres ne suffit pas à tout expliquer. Et puis ce n’est pas fini ! L’avocat de Fillon, celui qui a rempli un sac à dos de faux documents pour aller innocenter la salope auprès du pole financier est le fils de Bernard Henri Lévy !

Et puis il y a le parti qui doit inéluctablement profiter de cette lamentable histoire, je veux dire le FN, (à défaut du PS qui sort de l’histoire demain) et qui pour prix de son programme de sortie de l’Euro, doit reverser 300 KE au parlement européen. Vous avez dit programme?

Bon, et alors ? Une fois nanti de ces vérités là, le Nietschéen que je suis peut se tourner vers l’avenir avec toute la volonté de puissance qui l’habite: il n’en a strictement rien à foutre de toutes ces lamentables reproches émis au second degré par des rats puants qui ne désaltèrent que dans les bénitiers putrides de leurs mosquées subventionnées. Il n’y a pas de morale, il  n’y a que la guerre et on va prendre par la chatte toutes les féministes, par les couilles tous les franc maçons et on va les jeter à la rue eux et leurs familles de merde. On va supprimer l’ISF et se gorger du pognon qu’on volera aux pauvres, on va supprimer les 35 heures et mettre au tapin les feignants à défaut de la retraite qu’on leur supprimera par la même occasion, on va égorger les bébés et virer les arabes. Ah que c’est bon de se rouler dans le sang de ses victimes: mort aux cons ! Gorgé d’amoraline, ivre et plein de son gout délicieux, que c’est bon, cela servira à quelque chose d’utile, enfin, on va sauver la France ! 

Mais reprenons la réflexion éthique plus calmement: il y a plusieurs niveaux de tolérance et de restrictions de son comportement suivant son niveau de libéralisme et d’attachement aux valeurs familiales. On va le faire par couples d’opposés.

Comparons les familles étendues en position de notable, la famille Fillon par exemple décrite plus haut. A la fois héritière et puissante mais libérale, tous ses enfants sauf le banquier et le lycéen sont avocats et firent du droit comme les parents. Point de carrière politique au demeurant, mais une vie de prise de parole en public, au moins en principe, la capacité d’agiter la légalité et aussi, c’est le rôle de l’avocat, de la réalité humaine dans le cadre de la loi. Sans doute des solidarités, mais le souci du légal, c’est sur: nous devrions être à milles lieux du cynisme voyou, ne pensez vous pas ?

Son  opposé, qui existe dans la fiction moraliste qui agite les purs libéraux est celle de l’abandon de toute relation familiale, une mère ne pouvant favoriser son gosse de riche de bébé en lui changeant ses couches, cela serait introduire une inégalité fondamentale d’avec le fils de migrants à qui l’on doit tout. Que voilà qui doit nous tenir éloigné du népotisme ! Tout n’est que politique et nous avons le choix et la liberté de vivre à notre aise.

Le pendant est le principe de la muraille de chine qui interdit de travailler avec sa famille.

On distinguera les emplois privés, l’interdiction au paysan de laisser sa femme traire les vaches étant le seul moyen d’empêcher les désastreuses prévarications qui pourraient affecter les subventions européennes, voir ce qui se passe au FN en ce moment; et les emplois publics, toute discussion politique au lit avec la femme du député se devant d’être enregistrée pour prouver qu’elle n’aborda pas les sujets sensibles qui nécessiteraient un paiement indu pour participation non déclarée à la vie publique, l’état devant se protéger des procès pour exploitation abusive des petites mains.

Oui la salope travailla au succès de son mari et aussi, de part sa connaissance des problèmes, à celui du suppléant. Alors que tout le monde sait que Mozart et Bach se virent dicter toute leurs oeuvres par leur soeurs et femmes, on feint de croire que ce ne serait pas vrai dans la Sarthe, dont tout le monde sait que les mâles gorgés de rillettes sont analphabètes?  Elle ne fut pas payée quinze ans et put enfin, sur le tard, s’acheter une ou deux robes, et on le lui plaint ? Franchement je n’arrive pas à me convaincre de l’ignominie de la chose.

Au contraire la simple évocation avec des larmes dans la voix, de la part d’un admirateur de Mitterand, d’un problème à traiter sur ces questions me rend fou de colère. Car il y a maintenant en plus du dégout, de la haine. Il faudra se venger et après la prise du pouvoir il y aura des sorcières à chasser, à questionner, à bruler et à faire dévorer par nos chats. Les traitres seront punis et serviront de cobayes dans les écoles de torture que nous allons ouvrir: rachida prépare tes grandes dents ! Ah l’amoral comme éthique, nous allons nous l’instaurer et changer la société avec. Voilà désormais le projet unique de Fillon: la vengeance !

Fillon est foutu

Fillon est foutu, déconsidéré, déshonoré. C’est fini, il lui faut se retirer, ce qu’il a fait est inadmissible, insupportable, atroce, indigne. Sa femme, cette salope, péné veut dire « sale » en gallois, cette vicieuse, suscitée pour nous nuire par l’anglais perfide, nous prive de De Gaulle et de tante Yvonne tout à la fois.

Un successeur de De Gaulle, cancéreux soigné aux médecines douces par un médecin doublement menteur qui signait de faux certificats de bonne santé, logea sa maitresse et sa fille batarde à mes frais pendant dix huit ans. Cela couta cher: protégés jours et nuits par l’élite de nos services secrets, on ne sut rien d’eux, ni d’ailleurs de la poignée de main avec Pétain, révélée sur le tard, il n’avait plus la force de commander l’assassinat ciblé des bavards. Son fils envoyé spécial se fit moquer par toute l’Afrique (« papa m’a dit ») et fut condamné pour trafic d’armes. Pas de quoi entacher sa mémoire, tous s’inclinent annuellement à Jarnac. Il est vrai qu’à l’époque, François Fillon commençait à rémunérer sa femme (elle collait des affiches et sans doute des timbres) et on avait le sens moral acéré.

Le président actuel emploie un coiffeur à temps plein, payé cinq ans le double de la femme de Fillon, et naturellement rémunéré sur son propre argent (non je rigole). On fera une enquête plus tard, ce n’est pas urgent.

Le ministre de budget actuel Michel Sapin, qui clôtura jadis le budget de 1993  en prévoyant une croissance de 2,6%  (elle  fut en fait de -0,9% ), fut obligé de rembourser des salaires indument perçus pendant cinq ans à sa marie d’Argenton sur Creuse. Loin de dire en public qu’il aimait sa femme, il se permit de faire claquer en public un sous vêtement féminin.  Nulle opprobre, juste quelques protestations de chtarbées, que l’on indemnisa avec une censure de l’internet à propos de l’avortement: un ministre peut tout oser, s’il paye.

En parlant de femmes, le vice président de l’assemblée (Denis Beaupin) continue de se défendre d’injustes accusations de harcèlement sexuel: co fondateur des verts, inventeur du vélib, il officiait au vu de toutes depuis quinze ans, et personne n’avait rien remarqué. A-t-on incriminé ceux qui n’avaient pas remarqué ? A peine: elle (Cécile Duflot) put licencier les assistants de son groupe en  grugeant l’URSAFF sans vergogne: cela est admis, voire recommandé pour un parti de gauche. A peine illégal, mais bien sur moral: c’était pour la bonne cause.

L’ex ministre de l’économie, Emmanuel Macron, qui ne payait pas l’ISF, ou du moins qui pensa longtemps, malgré sa formation d’inspecteur des finances, qu’il n’avait pas à la payer. Il fut humilié au delà du possible par un remaniement qui le privait de son rang protocolaire (ministre de l’industrie, il était placé après la grosse manipulée qui prenait la responsabilité de la loi moderniste qu’il préparait depuis un an). Imaginer qu’il ait pu, après avoir « levé le pied » (dixit Michel Sapin lui même), fonder un parti politique sans utiliser à aucun moment les ressources dont il disposait était bien sur inconcevable. Quel journaliste enquêta sur ce manifeste et évident détournement de sa fonction? Aucun: on s’intéressait au phénomène, aux sondages.

Un ex premier ministre, Manuel Valls dont les acrobaties fiscales pour ne pas payer l’ISF sont à la fois ultra complexes et vaines car il y est assujetti tout de même, sans qu’il le paye, bien sur. Charlie Hebdo qui en parla, en fut bien puni, autant l’insinuer, les choses seront plus claires. Il fit voter des lois en faveur des artistes, bien renseigné sans doute par ses relations dans le milieu (sa femme est musicienne et payée grassement pour cela), dont il se vante d’avoir continué la corruption: le monstrueux gaspillage qu’elle suscite en faveur des « productions » eut toutes ses indulgences. C’est à son honneur.

On ne parlera pas bien sur de son ami de toujours Alain Bauer, visité par la justice cette semaine, ni de l’autre ami cher, Stéphane Fouks, tout entier consacré à la défense et à la communication de Jérome Cahuzac avant et après la révélation de ses « mensonges », et qui fut cru sur parole en toute innocence par l’administration fiscale dirigée par Pierre Moscovici, en charge d’informer le Président à qui tout fut révélé par les journaux, évidemment. Organisateurs de l’UNEF, le puissant aspirateur à détournement de fonds public qui fit leur  vie oisive d’apparatchicks et de communicants pendant trente ans, ces hommes sont irréprochables: ils vont voter une loi pour faire interdire ce qu’a fait Fillon.

Ces péchés véniels, ces « épaisseurs de trait » ne mirent pas en cause ces personnes toutes protégées par leur « présomption d’innocence » (leur innocence complète en fait,  du fait d’appartenir au camp médiatique du bien), tout cela étant du libertinage, c’est à dire du viol de bonniche, c’est à dire rien de grave, et  c’est l’Obs qui vous le dit.

Jusqu’en novembre dernier, le parti « Les Républicains » était dirigé par un homme mis quatre fois en examen, dont une fois pour tricherie à l’élection présidentielle. Protégé par tout le monde, tant on souhaitait qu’il soit le candidat (le candidat idéal) de la droite, personne n’osa insinuer qu’il puisse être coupable de quoique ce soit. Ah si Fillon osa: d’où le titre. Je me suis rongé les sangs de fureur pendant des mois, sans que l’on obtienne des journalistes plus que des allusions gênées; l’essentiel du dégout portant sur l’homme qui osait piétiner une présomption et dont on condamna la maladresse…

Fillon est foutu: sa réputation est entachée de bien plus grave, de bien plus affreux, de bien plus impardonnable: il avait le droit de faire ce qu’on lui reproche, tout comme le président de l’assemblée nationale, ex futur premier ministre, Claude Bartolone qui horreur horreur (pourquoi je dis ça, moi ?) fait travailler sa femme à son cabinet et cela est public. Fillon fit travailler sa femme pour lui de 97 à 2002, et la donna comme esclave sexuelle (rémunérée) à son suppléant lorsqu’il fut ministre sous Chirac. Depuis 2012, rien. Je suis choqué. Ah si il la paya 6 mois en 2012. Il faut le rappeler. C’était mal.

Il a même le culot d’avouer avoir payé, sénateur, ses fils « avocats » en oubliant de dire qu’il n’avaient pas leur diplôme à l’époque ! L’article du Point qui s’exclame, sur d’avoir pris l’homme sur le fait dans l’abjection de sa vilenie et de sa corruption est assez surprenant: comme si l’évidence du crime parlait pour lui même, comme si l’évidence d’une chose ordinaire et légale pouvait être habillée par clin d’oeil en preuve de concussion POURVU que cela soit l’occasion de l’affaiblir médiatiquement.

Car on peut et doit parler ici de la « sphère médiatique »: l’affaire s’y situe exclusivement et ne constitue qu’une lutte d’influence d’opinions, de rumeurs et de points de vue exprimés dans un espace ou l’on s’accorde à dire qu’il aura une influence sur le résultat de l’élection prochaine. Tous les coups qu’il est possible de jouer dans cet espace le sont. La présence de 70% de gens en faveur de la gauche parmi les foules prolétarisées qui se réclament du métier (peu rémunéré) de « journaliste » est un signe: les nouvelles ne sont pas bonnes, le lynchage sera délicieux.

Fillon a réagi: il a dit qu’il aimait sa femme qui avait les mêmes diplômes que lui, et regagné d’un coup ses partisans qui doutaient mais aussi les grandes sentimentales qui connaissaient déjà  son élégance soignée et sa galanterie de faux timide. Il défend donc sa femme, injustement attaquée. Bien sur, c’est lui qui est attaqué et il fait semblant de le prendre comme ça: c’est une habileté galante et ça marche. Pour ce qui le concerne, il dit que ça va le renforcer et qu’il se retirera si il est mis en examen. Soufflés, les journalistes supputent: les voilà qui raisonnent, interloqués… Bref, une magnifique sortie tout en souplesse, à peine énervée en plus, mais légèrement menaçante et pleinement maitrisée.

L’opinion ne se convaincra pas par le consensus médiatique mais par l’exploit d’un corps à corps direct avec le corps électoral, c’est pour ça qu’on l’appelle comme cela: le président n’est pas l’élu des médias, il doit parler au peuple et il va s’y employer, ça a commencé.

Car le salopegate doit se gérer uniquement avec les journalistes: il faut les embrouiller et leur donner envie de contredire une prévision qu’ils n’ont pas faite et qui les inquiète: et si Fillon se retirait ? L’idée fait son chemin et suggère ce qui pourrait faire peur au peuple, et lui donner encore plus envie de foutre en l’air l’immonde moralisme à l’oeuvre. Contredire l’opinion imposée, l’inévitable, l’écrit, l’obligatoire, le raisonnement prudent, réaliste, tout ce qu’on déteste, ah que ce serait bien.

Plus que jamais, Fillon est donc foutu auprès des journalistes. Il fait la planche, relax, dans la merde et le vomis médiatique, seul personnage doté de raison dans le foutoir des paumés. Ca se voit, et ça fait envie: et il n’a même pas besoin de s’énerver, les analyses qui le dévalorisent à défaut de le condamner ne font que le renforcer. Je l’avais mentionné alors que je désespérais de le voir au second tour de la primaire: s’il gagnait ça, il gagnait un pouvoir surnaturel, le mojo de l’enfer: l’accès à nos coeurs par l’accès à notre raison, malgré tout ce qu’ILS peuvent en dire. Vas y Fillon, tes foutu !