Yann Moix : 1 minute de vidéo

Thomas Guénolé, auteur de « LES JEUNES DE BANLIEUE MANGENT-ILS LES ENFANTS ? »  répond à Yann Moix, le successeur de Zemmour, chez Ruquier comme on dit.

Il répond à des critiques pour le moins surprenantes, sous deux formes distinctes, et qui ont en commun une forme de dérèglement de l’esprit qui me parait surprenante.

D’abord, Moix semble y apporter une importance extrême, la Gaule n’existe pas, car elle a été inventé lors de la révolution pour contrer le discours des nobles qui se légitimaient avec Clovis. Ensuite, le mot « déchristianisation » a une signification non ambigüe qu’il faut rappeler avec autorité: cela désigne le massacre des prêtres réfractaires pendant la révolution.

Sur les deux questions, il est hors de lui, et déclare être tombé de l’armoire en lisant le contraire… La réponse est simple, assez accommodante et exprime le souhait de passer à  autre chose, les deux questions étant accessoires. Yann Moix se calme, mais on peut être surpris. Les deux points sont absurdes, et dénotent un attachement incroyable aux mots, à leur écho, et cela dans un contexte particulier, celui de sa dénonciation de quelque chose de pas clair. Précédée d’une confusion entre professeur et maitre de conférence, la petite altercation est réellement étrange. Nous avons quelqu’un qui réagit à un mot comme porteur d’une signification qui s’impose, et qui engage la responsabilité de celui qui l’utilise indépendamment de la signification. Cette pratique déjà absurde en elle même se fait à propos d’affirmations parfaitement fausses, voire même débiles.

On peut alors considérer la dénonciation symétrique faite par le même Guénolé de Finkielkraut: toute dans la forme, elle énumère les mensonges langagiers, les faussetés rhétoriques, les tics de langage. La victime de la charge évoque « voila la gauche bien pensante qui montre les dents », et l’intéressé répond : mais « c’est ce que vous faites, vous même monsieur Finkielkraut »…

Une querelle similaire se produit encore entre Moix et Finkielkraut à propos du mot « Autre », utilisé dans l’expression « le parti de l’Autre ». Malgré l’allusion au « Lévinasien », l’utilisation du mot est suspecté d’un sens péjoratif implicite susceptible d’être condamné, et il attaque. Réaction similiaire (motivée par le même principe) à l’utilisation du mot « race », qu’on ne doit pas employer, je dirais bien sur. D’où une question, portant sur l’utilisation du mot.

La réponse, alambiquée malgré tout, fait état de l’évidence: on doit faire la différence entre le mot et ses significations qui peuvent être diverses. Avec cela, il arrive, malgré tout, à se rendre audible, mais à un prix exhorbitant: il termine en se faisant passer pour un homme de gauche, le mot final (« gauauch ») étant le sujet de ce texte, terminal et sinistre emblème de la pourriture absolue. Ce qui me rend finalement bien plus que réactionnaire, à un point que manifestement, mes semblables, encore réveillés à cette heure tardive, ne peuvent pas percevoir à travers leur poste.

Mais il y a mieux: au passage Finkielkraut se permet d’évoquer un vers (…) d’une chanson de Booba:

http://www.paroles.net/booba/paroles-le-bitume-avec-une-plume

évoquant, entre autre un improbable et hors de propos

« Quand j’vois la France les jambes écartées j’l’encule sans huile »

dont on ne voit pas le rapport avec le reste…

Le montage sonore que fit Booba ce que d’aucuns décrivirent sous la forme « finkie clashe booba » fut à la hauteur, avec un sampling de la phrase de Finkielkraut entouré de bruits incompréhensibles.

Booba répond à Alain Finkielkraut (Vidéo)

Tout ça pour dire que Ruquier, très en phase avec son époque, tout à l’équivalence du passé et du présent, cita la terrible offense à la nation que commit Renaud en 1985 pour dédouaner Booba à l’avance:

http://www.parolesmania.com/paroles_renaud_9473/paroles_hexagone_330974.html

Comme quoi tout est pareil de tout temps. Et que tout se vaut.

Une réflexion sur tout cela, plus évidemment le thème du mois (les nouveaux réactionnaires) serait que ces fameux « néo cons »,  dix ans après les US, montrent surtout que le processus d’émancipation des autorités établies est en marche: une religion disparait peu à peu. Ex adeptes, ils critiquent certes, mais surtout cessent d’être fidèles et se lancent dans des considérations autonomes qui rendent possible, horreur, l’inutilité et finalement la disparition d’un culte, d’une pratique, de ses dieux, de ses rites et de tout le bataclan. D’où la fureur des bigots et de leurs hallebardiers: on ne peut que leur envoyer par retour du courrier, imprimés en caractères gras, les paroles des oeuvres du Rap français, avec le mot « france » remplacé par le mot « gauche ».

frédéric lordon: 1 minute de vidéo

Soucieux de me cultiver, intéressé par la science surtout si elle est humaine, je me branche.

1 minute de vidéo avec Frédéric Lordon, intellectuel connu ou à connaitre.

Son avis sur la Grèce: il le savait, avec Tsipras, il n’y avait que deux possibilités: soit « on renversait la table, soit on passait dessous ». Le ton efféminé, condescendant, sans humilité aucune, affirme qu’il le savait: la deuxième possibilité était ce qu’il avait prévu.

Une fois la gâterie achevée, , j’imagine que la suite de l’entretien a détaillé la suite des pratiques prévues aussi par le visionnaire; j’avoue avoir personnellement switché sur plus visuel, le ton, la syntaxe, et la profondeur de vues de l’imberbe sentencieux m’ayant lassé immédiatement. Je n’ai ni sa sexualité, ni son ironie, si ce qui sans doute constitue son apport à la culture du XXIème siècle: son cul, sa bite, ses déjections. Rien à foutre. Zap.

sans précautions.

Licencié de France 2 pour lèse giec, un monsieur météo auteur fut donc (c’est moi qui le déduit) considéré comme l’un des « connards » (sic) qui défendent etc selon une femme politique de l’opposition, elle même traitée de (non je mélange).

Nous en sommes donc là. La femme politique en question, no 2 de je ne sais quoi (j’achève Jankélévitch), fut en pointe au début des années 2000 d’une modification de la constitution qu’il faudra (d’après certains) revoir à nouveau dans un sens qui fasse moins offense au progrès en général. Il s’agissait de favoriser la précaution, plus exactement d’inclure dans la charte de l’environnement ajoutée comme « bloc de constitutionnalité », la périphrase « par application du principe de précaution ».

Et bien il faut bien le dire, en vertu de la liberté d’expression qui consacre la possibilité d’exprimer son désespoir en termes crus mais nécessaires, on ne peut que reprendre ici non pas le con mais le cul et chanter en choeur avec le numéro un du rap français:

« T’as enfanté la pute qui me suce la bite
J’ai main de gorille, tu vas te manger la gifle
Je fuck la pauvre et je fuck la riche
Si tu cherches l’échec, tu demandes à Kaaris
AK-47 dans ma boite à malices
J’m’en bats les couilles d’tous ces mahlichs
Avant d’manger tes morts, tu vas t’manger la vitre
Noire est la liste, noir est l’artiste
J’viens d’passer la Suisse, j’viens de passer l’A6
D.U.C, je confirme on a touché la cible
D.U.C, je confirme on a touché la cible
Je les encule, les encule et ainsi de suite »

Le cas de calais

Il est à Calais pour la 7 ème fois, disent les journaux.

Sa population (je veux dire de la jungle) vient de doubler depuis sa dernière visite (il y fut avant son doublement donc).

Il annonce, péremptoire, qu’il « partage » les préoccupations des signataires d’un appel récent de toute le dégueuli moraliste de la goche pipi caca : il s’agissait de dénoncer les insupportables violence policières qui causent les viols d’enfants jouant dans les détritus. Et donc il va construire un centre d’hébergement de 300 places.

Le doublement de la semaine fit passer les habitants de la jungle de 3000 à 6000 personnes. Le vol bi hebdomadaire affrété par la république à hors de prix permettant les aller retour réguliers des mêmes dix personnes cruellement expulsées fait donc partie aussi du plan de résorbtion mené par le gouvernement avec l’énergie et l’efficacité qui le caractérise. Nous en voilà informé.

Le Foll et Cazeneuve se succèdent à un pupitre et l’écart des tailles apparait crument: presque un mètre sépare les deux hommes de pouvoir. La petite voix et l’autorité naturelle du nain en charge de la police fait la différence: l’Etat est là. Ca se voit.

On pourrait citer les noms des signataires des organisateurs des célébrations culturelles organisées tous les soirs dans la montagne d’ordures qui s’accumule: on y trouverait tous ceux qu’on admire, de Thomas Piketty à Benjamin Biolay. L’humilité et le réalisme, sans parler du talent. Schweinerei.

Pour compléter le thème, se déroule ces jours ci l’évacuation d’un lycée désaffecté dans Paris: il était occupé par des migrants illégaux, nourris par le voisinage, euh par des associations dont les membres, n’ayant pas les moyens de vivre à Paris, voudrait y modifier à la marge la mixité « sociale ». Les populations en cause viennent du Mali, de Somalie, d’Erythrée, d’Afghanistan, bref de partout sauf de Syrie, mais après tout, les crises des réfugiés se mélangent et notre président, en Grèce, s’occupe de la situation.

Complément à la situation, le 3 Novembre 2015: requis par Médecin du monde et le Secours catholique, un tribunal français ordonne à la ville de Calais et à l’Etat de faire quelque chose (donner de l’argent). L’Etat, qui organisa la situation va sans doute temporiser, tandis que la maire de Calais, furieuse paraît il, râle. Que faire d’autre ? Augmenter certains impôts ?

Le sentiment d’injustice

Le sentiment d’injustice, attaché à une certaine culture, à certains sentiments religieux, se traduit en ce moment par des révoltes explosives qui se traduisent par des actes violents étonnants.

Après bien des années ou sans aucun doute ce sentiment a du prospérer, même il était déjà invoqué, et cela sans violences particulières pendant quelques temps, il se trouve qu’une nouvelle mode vient de surgir brusquement: il s’exprime par des coups de couteau donnés au hasard dans les rues. Ce qui change le climat global dans ces régions.

Un exemple est celui d’un jeune homme de 17 ans abattu par la police après avoir tenté, d’après la police d’attaquer un policier. Ses parents soupçonnent une bavure et éprouvent un sentiment d’injustice fort. Un autre jeune homme, en apparence révolté par cette injustice, après avoir consolé les parents, se trouva, il semblerait bien, auteur d’un attentat dans un bus qui consista à tirer une balle dans la tête d’un voyageur, par ailleurs israélien.

Le fait que la victime soit israélienne, juif visible sans doute, est assez symptomatique du sentiment d’injustice ressenti: il fallait que l’horrible sentiment de manque métaphysique lié au vécu de l’injustice soit compensé par le meurtre d’un civil juif pris au hasard. Ce sentiment de désespoir aurait il pu être comblé par quelque chose de « pire », comme par exemple l’assassinat d’un vieux palestinien  pris au hasard ? Comme apparemment ce type de considération n’a pas cours dans la psychologie des révoltés par l’injustice, on peut en déduire que ce sentiment n’a pas atteint son maximum.

En attendant que les progrès de l’éthique populaire palestinienne, sans doute freinés par l’environnement géographique dont ils pâtissent, nous mènent à mieux ou à moins bien, force est de reconnaitre que d’autres éprouvent, dans d’autres environnements sociaux culturels, dans d’autres espaces nationaux, un sentiment d’horreur pour ces actes individuels, décidément peu courtois. Sans parler d’un intense mépris pour la cause de l’injustice envers la Palestine, déconsidérée depuis longtemps pour ces raisons là précisément. Car tuer au hasard un civil ennemi, de sa propre initiative, non pas pour faire peur, mais pour apaiser sa soif de sang, et bien c’est se déshonorer, soi même et sa soi disant cause.  Encore une fois.

Enfant en 1972 pendant les jeux olympiques de Munich, surpris par ce que le sentiment d’injustice pouvait susciter, éprouvant moi même une variante de ce sentiment (tu parles), j’ai pris mon parti: le meurtre d’innocents comme acte politique, pour exprimer la profondeur d’un soit disant sentiment est une infamie et doit être combattu énergiquement.

Pour compléter ces considérations sur le sentiment d’injustice, il faut en rajouter: les corps des porteurs de couteaux abattus par la police ne sont pas rendus aux familles, les funérailles déclenchant des violences supplémentaires. Celles ci déclarent éprouver un sentiment d’injustice encore plus fort… On pourrait cyniquement dire que celui ci étant le fait d’adultes, il pourraient permettre à ceux là d’attaquer eux même au couteau les passants israéliens, ce qui pourrait (mais ce n’est qu’une suggestion) éviter de faire tuer des adolescents, comme cela est souvent le cas. Mais après tout, comme on a dit, si l’on ne va pas au pire, comme souligné plus haut, on en est pas loin: des adolescents à la vie future ruinée par une révolte qui n’a ni sens, ni avenir, sont envoyés à une mort honteuse, abattu pour des tentatives de poignarder des vieux juifs choisi au hasard.

Ca migre

Le même jour, aujourd’hui.

Merkel en Turquie promet l’Europe à qui ne veut pas être un camp de concentration. Ironique, exigeant, le Turc met ses conditions, lui ou les migrants. Pour qui aime la politique, les musulmans et l’alliance des deux nous voila servi.

Pour ce qui nous concerne, la jungle de Calais à la fois zone seveso et zone écologique est vidée deux fois par semaine par un avion privé de 9 places, cinq étant réservées aux policiers. C’est encourageant: le maire de Calais demande l’intervention de l’armée, on se demande pourquoi si tard, mais il est vrai qu’à partir d’un certain niveau on passe directement du bucher de la raciste au bucher de la sainte.

La Croatie accuse la Slovénie de ne pas écouler le flux de migrants qu’ils ne peuvent plus envoyer en Hongrie.
Celle ci n’a recu ce week end que 4 migrants, l’Autriche avec 20 000  transits vers l’Allemagne faisant beaucoup mieux.

Le lieu de destination, encore germanique pour un temps, abrite aussi des défilés (PEGIDA = Patriotische Europäer gegen die Islamisierung des Abendlandes) qui s’irritent et des exactions anti migrants qui se multiplient, la haine étant condamnée avec énergie et l’accueil restant sans limites, Merkel n’en étant qu’aux débuts de sa politique turque, les vieilles alliances ne ne refaisant pas en un jour.

On remarquera que l’absurde s’installe sur l’Europe: une ombre s’approche derrière, on ne voit pas bien.

Les fraises chez M.T.

Au risque de tourner vinaigre, j’avoue ici avoir besoin d’exprimer mon effarement devant l’effondrement intellectuel et moral de la droite sarkoziste, je veux parler de Maxime Tandonnet, mon ex chéri, qui après être allé aux fraises, part en couilles.

Aux dernières nouvelles, refusant de prendre pour acquis la défaite socialiste (20% en baisse dans les sondages, valls pareil, dégout général décrit en détail dans toutes les enquêtes d’opinion) il craint (souhaite) un attentat qui pourrait remettre en selle le vilain Hollande, qui pourrait tenez vous bien, se trouver être un recours en 2022 en cas d’échec de la droite…

Le pauvre homme: son pessimisme motivateur est tellement lamentable qu’on a envie de l’aider à se chier dessus. J’espère qu’il ne lira jamais ça, distingué comme il est, il en accentuerait son pessimisme.

Un salut amical à mes autres amis déprimés, Duff, que j’ai peut être convaincu de relire Rousseau, ou Berdepas dont les évocations de printemps algériens de l’ancien temps restent absolument sympathiques.

Quand à Boizard et ses juvéniles révoltes contre les genoux des dames et les pères de djihadistes, j’espère que son progrès dans la connaissance gnostique du monde démoniaque qui l’entoure progresse.