En pleine lutte: « poulets rôtis »

Des luttes sont en cours. De celles qui firent nos acquis, ou qui les conservèrent. On est ici dans le deuxième cas, la question étant non pas l’inversion de la hiérarchie des normes, mais la suppression du principe de faveur, instauré il y a 80 ans jour pour jour par le front populaire: cela ne se peut.

On passera sur les casseurs, apparemment tous blancs bien que cagoulés. On ne trouve pas de zadistes dans l’immigration, et on ne peut rester debout la nuit hors des périodes de ramadan, d’ailleurs c’est pour bientôt, on verra si sa conjonction avec la fête du football arrêtera la violence, mais on ne sait jamais, les casseurs pourraient être de la partie lors de la grande manifestation contre l’attentat à venir.

On regarde « C dans l’air » du 26 Mai 2016. La vraie question est celle de la réforme, telle que peuvent la concevoir des économistes de gauche avec présent le chef de la très célèbre « fondation progressiste » Terra Nova.

Cette question de la réforme se prend par plusieurs bouts. Exacerbation de la lutte des classes et faveur à l’envers oblige pour la CGT, mécanisme indubitable et scientifiquement prouvé de la nécessité de la flexibilisation pour l’économiste, sociologie en perdition des syndicats communistes pour Thierry Pech, tiens tiens. Pour la journaliste, incapacité de gouverner de la part du premier ministre, contraire exact du très mou président dont on ne parle même plus, mais pouvant paraître autoritaire, voire ridicule à force de  coups de mentons sans effets.

Cruelle, la télévision montra ainsi la voiture en feu, puis l’avocat des casseurs expliquant la présomption d’innocence qui justifie leur libération, et Cazeneuve en apparence déterminé à tout faire pour lutter contre les assassins. Valls ne répondit pas à Bourdin au sujet de la libération, tout à une affirmation de fermeté qui ne peut s’interrompre.

Quelques commentaires sur les intervenants. Une syndicaliste CGT qui réaffirma, menaçante, l’importance de son rôle lors des périodes troublées, elle voulait sans doute parler des démarches pour faire paraitre l’Huma pendant l’occupation, alors que le pacte germano soviétique était encore en cours.

L’économiste scientiste, persuadé de la nécessité objective de la flexibilité, resta muet face aux « autres » économistes cités par la syndicaliste: faire le coup de la science à un communiste, fallait oser, il fut mangé et avalé tout cru.

Le directeur de Terra Nova, en pleine lutte pour le progrès face à la CGT, revendiqua tous les rapports, toutes les inversions, tous les progrès: au nom de l’objectivité de la sociologie, bien sur: celle qui doit maintenir une gauche moderne au pouvoir, c’est pour cela qu’il est payé.

Revenons à la réforme. On pourrait imaginer qu’elle tienne à améliorer l’organisation du pays, de façon à faire que l’activité économique, plus prospère, permette à plus de gens de vivre, et mieux.

On pourrait imaginer alors caractériser la situation actuelle, toute consacrée à de multiples, absurdes et rétroactives contraintes bureaucratiques pour les petites entreprises qui non seulement sont les seules aujourd’hui à embaucher, mais en plus n’ont jamais vu la queue d’une branche ou d’un syndicat.

On pourrait imaginer que la structure de l’emploi moderne, à encourager vers davantage d’entreprenaria indivtiduel, puisse être facilité, informatisé, harmonisé avec le reste du tissu social et industriel.  On pourrait imaginer de promouvoir la liberté des acteurs économiques comme décideurs des investissements, comme organisateur des travaux à mener. Fillon sort de ce corps.

On pourrait finalement considérer que le syndicalisme comme intermédiaire entre le salariat et les entreprises doive absolument être augmenté, comme garant du fonctionnement de la démocratie et qu’il soit en position de décider, secteur par secteur, entreprise par entreprise, ce qui convient le mieux aux uns et aux autres. Scandaleusement sous développé en France (8% du salariat) il ne joue pas son rôle, sinon comme source de financement aux communistes attardés qui règnent sur les dépôts de carburant, trains, métros et raffineries, en attente des ordres soviétiques. Les voilà.

Une remarque: n’y aurait il que la loi ?  Celle du prince, et qui s’adresse à des paysans incultes rongeant des châtaignes au milieu des forêts, violant leurs enfants, mangeant des cadavres. Seul des nobles bien intentionnés, dotés de culture, peuvent leur apprendre à labourer après avoir drainé leur ruisseaux fangeux. A choisir leurs graines, et bien sur à les imposer pour les avoir plantés, c’est leur intérêt, ils sont libéraux en fait, et la dure loi de la vie permet au fermier libre de rôtir les poules du poulailler libéré du renard, c’est la faveur qu’ils nous font.

« Poulets rôtis »: voilà le slogan que portait un frustre carton planté sur la carcasse de la voiture brulée.

 

Europe, extrême droite et migrations

En Autriche, le pays de l’union nationale, une « petite fracture » se fait jour: un vert (ah que Cécile Duflot est contente) élu par les villes domine par hasard (les milles voix de différence n’ont aucune signification) des campagnes autrichiennes entièrement acquises à l’extrême droite.

Quelques raisonnements et constatations de bon sens, hélas peu présents et peu développés en France peuvent toutefois être tenus. D’abord, la question du pourquoi. C’est assez clair, dit et redit ici, et re redit partout: le « peuple » (les gens qui ont le droit de vote) votent de la sorte pour signifier leur rejet des migrations, de l’immigration, de l’islam visible etc. Cela est vrai en Europe, en Allemagne, en Autriche, et bien sur en France.

Une attitude classique à ce sujet étant de qualifier de « mauvaise » au sens moral cette motivation là d’un tel vote, la réprobation que l’on éprouve face à ce choix « mauvais » ne se traduit que par un militantisme moral destiné de s’opposer à tout prix à une montée des périls que l’on ne conjure que par un unanimisme. Union nationale, grande coalitions, nous en entendons parler ici et là, voire partout: un seul ennemi, le nationalisme identitaire, forme archaïque de périmés sentiments barbares, responsables de toutes les guerres, et de toutes les exterminations. Il faut rompre avec cela, abolir les frontières, s’embrasser tous. Vraiment?

Et bien ce bon sens là est contrecarré par son inverse, qui consiste à dire que la montée électorale de partis extrêmes aux dirigeants peu formés, aux projets manifestement absurdes se traduit progressivement par une probabilité non nulle de leurs arrivées au pouvoir, chaque victoire à l’arraché rapprochant l’échéance inéluctable. Comment pourrait on faire, sauf à préparer son exil et laisser les nazis s’occuper du génocide ?

La conséquence politique est claire: le peuple souhaite, on y revient,  que soit traité la question de l’arrivée d’étrangers considérés à tort ou à raison comme non assimilables. Il convient donc de le satisfaire, et de mettre en oeuvre les politiques correspondantes, c’est à dire d’arrêter ou de limiter fortement les entrées, ce qu’on pourrait appeler une « régulation des flux migratoires », etc etc. Ces politiques là, évidentes, doivent être mises en oeuvre. C’est aussi simple que cela. Quand est ce qu’on commence ?

Une autre constatation s’attache à la considération de l’Europe, telle qu’elle est critiquée ici et là et aussi par nos fameux partis d’extrême droite, dit populistes, mais aussi surtout porteurs d’une critique véhémente de l’Union Européenne. Alors que celle ci est souvent représentée comme la forme suprême d’idéal dans les sociétés modernes (l’union des jeunesses de tous les pays, plus les voyages plus la paix, voilà qui forcément plait à tous), elle apparait aussi et de plus en plus comme le contraire: une inéluctable décadence anti démocratique, corrompue et faible à rejeter et à quitter.

La conséquence politique est claire: il faut que les dirigeants nationaux s’impliquent dans les décisions européennes et en particulier que les pays fondateurs en soient les dirigeants volontaires et exigeants. Prééminence des souverainetés nationales, rupture franche avec la terrifiante illusion fédéraliste et affirmation systématique de l’intérêt national que nous avons à participer à l’Europe.

Pour finir, et là le ponpon devient bouquet, la raison invoquée pour cette fatalité à quoi on ne peut que se soumettre est une idéologie victorieuse et évidente, le libéralisme économique qui impose pour votre bien votre mise au chômage. Pauvre, dominé et envahi, voilà votre avenir, c’est ça le progrès. L’abandon européen à l’invasion musulmane est du à la droite, porteuse essentielle de l’horreur du renard dans le poulailler. Nous sommes donc là dans la critique (tu parles) de l’horrible capitalisme nécessairement financier, bref dans les bestiales magouilles juives qui visent à corrompre le sang de nos porcs même: le libéralisme, je vomis en disant son nom.

La chose ainsi vient de se renverser et les yeux de se dessiller: reprenons les choses à l’envers.

Des gouvernements socialistes ou sociaux démocrates prennent le pouvoir dans des sociétés démocratiques libérales engagées pour leur intérêt bien compris dans une alliance économique transcontinentale évidente. L’idéal qui nous tient au génitoires impose alors de faire des phrases dans toutes les directions. Changer la vie, instaurer l’égalité, faire la guerre à la pauvreté et tout le tintouin qui fait sens. Rien ne doit s’y opposer et on se doit de prendre le pouvoir pour réaliser enfin tout cela, ce qui est évidemment à notre portée.

Mais l’évidente stupidité de l’ensemble de ce fatras absurde est trop évidente. Il faut composer, que dis je il faut élaborer. Faites donner Normale Sup ! Vingt ans d’intelligence exportée se déploient alors, mieux que Heidegger, mieux que Hegel, et ça s’exporte, infecte les Etats Unis, déclenche en fait mai 68 en retour: bien sur que c’est débile, et que ça ne mène à rien…

La puissance morale qui nous habite nécessite alors donc d’être un peu tactique. Que dis je, stratégique. Le clivage entre la gauche et la droite évident et nécessaire doit donc se manifester. Comme l’évidence de l’absurdité moraliste qui a toujours tout ruiné ne peut plus être niée, il faut un repoussoir, et  ce sera l’Europe. Tout ce qui est à droite, libéral, embêtant, désagréable sera donc en Europe. C’est la faute à l’Europe les fermetures d’usines, la désindustrialisation, le chômage. On n’y peut rien, c’est comme ça, c’est notre dignité d’avoir à accepter de souffrir cela, mais comme c’est pas nous, cela ne nous empêche pas de continuer à rêver. Nous n’avons donc pas à assumer la fin du socialisme, c’est l’Europe que nous assumons, celle qui nie nos idéaux, mais malgré nous, et donc qui nous permet de continuer  à les garder. Comme de plus, cela est valorisant, on peut continuer à se faire élire.

Au passage, pour enfoncer le clou et rendre la pose plus vraisemblable, on suscita un mouvement de droite extrême, désigné comme l’adversaire car il représente la guerre européenne que l’on veut définitivement éloigner, l’Europe c’est la paix. Pour lui donner prétexte à indignation on le stimula donc avec ce qui justifie son combat et sa présence dans toutes les triangulaires électorales possibles: l’immigration. A encourager à tout prix, le chiffon rouge du droit de vote aux étrangers agités autant que possible, et toutes les simagrées humanitaristes les plus déshonorantes et les plus humiliantes furent mises en oeuvre, quand les hyènes ont faim, il leur faut de la charogne.
Cette stratégie là est celle qui fut mise en place par François Mitterand et Jacques Delors. Considérés comme de grands européens,  ils furent en fait les principaux acteurs et responsables de la ruine et de l’échec de l’idée européenne. Mettant sur le dos de l’Europe ce qu’il faisaient et ce qu’il ne faisaient pas, ils la chargèrent de toute leur incapacité à revenir sur les désastreuses politiques économiques qu’ils avaient mises en place. Puis ils encouragèrent le deuxième repoussoir, qui exploita effectivement tout ce qu’on lui offrait: l’immigration puis l’europe corrompue. Nous y sommes, merci messieurs.

Cette théorie est contrairement à ce que l’on peut croire, assez largement partagée. Elle explique les situations, et traduit l’universel dégoût que l’on éprouve à voir des citoyens de diverses cultures, mais traditionnellement plutôt tranquilles, se perdre en malédictions contre l’Europe, leur continent, à voter ou penser extrême droite, alors qu’ils sont plutôt raisonnables voire plan plan, et à maudire des migrations qui devraient être interdites, je dirais bien sur.

Plongés dans un stratégie d’il y a déjà trente ans, dont on voyait l’évidence dés cette époque, mais que les médias, les politiques et toute la culture du temps n’a pas su raconter, elle continue à faire des ravages dans les intellects et aussi dans les âmes. Quand donc les esprits embrumés des abrutis qui habitent ce pays de cons se libèreront ils de cette ignoble saloperie qui s’appelle le socialisme et qui les infecte à ce point ?

Il n’y a pas d’alternative

Toujours en verve malgré les sondages, déjà auteur de « ça va mieux », cité par C dans l’air, Hollande l’affirme: « il n’y a pas d’alternative ».

Piquant, le slogan , repris sur celui de Margaret Thatcher, concerne la gauche qui selon lui n’a rien d’autre que lui, comme ligne politique et comme gouvernement. C’est dit.

Ouvertement candidat, et décidé à ne pas faire de primaire, il passe donc à l’offensive, sur de lui: la campagne commence. Il attaque fort en dénonçant son héritage, « 600 GE de dette de plus » laissé par son prédécesseur.

Un point sur la question, elle sera remise sur la table: la dette française s’est accrue entre 2007 et 2012 de 500 GE en pleine crise mondiale, de manière similaire à celle de tous les pays occidentaux. Entre 2012 et 2016, de 400 GE. En l’absence de crise, et sans urgence budgétaire, on emprunte à tour de bras, au rythme de 100 GE par an, sans raison autre que l’absence totale de modification structurelle du système de dépenses publiques français.

Il ferait sur le chômage mieux que Sarkozy: avec 600K (personne) de plus alors que Sarkozy avait fait 1M (personne) « de plus ». Non seulement Hollande compare la catégorie A (pour lui) avec les catégories A, B, C (pour Sarkozy) pour justifier une courbe en inversion, mais en plus il semble ignorer que le chômage français est le double (10% contre 5%) de celui des pays occidentaux de son rang (Allemagne et Grande Bretagne). Sans parler des circonstances favorables du temps présents (taux nuls, pétrole gratuit) à comparer avec la crise mondiale sévère niée par la gauche qui affecta Sarkozy.

La situation est donc assez étrange: il est la gauche, et s’oppose frontalement à la gauche unie contre une loi qu’il ne retirera pas dit il. Après avoir écarté politiquement tous ses adversaires, de gauche, il se tourne donc enfin contre l’opposition et entame une critique vigoureuse de son libéralisme alors qu’apparemment, la gauche sociale est dans la rue et veut établir un « rapport de force » avec lui pour cette raison là.  Avec comme objectif quelque chose qui s’est produit il y a deux mois: l’abandon en rase campagne d’une proposition du président. Le défi est clair et la question posée: la loi sera t elle adoptée et qui aura raison ?

Mais il apparait quelque chose d’intéressant dans la situation, et qui est la position des syndicats sur la réforme (disons FO et CGT), considérée par tous comme portant atteinte de manière fondamentale au droit du travail, et qu’on nous décrit comme laissant le salarié seul face à l’arbitraire de l’exigence de son malheur, en rupture totale avec le modèle social français. Image pour le moins édulcorée de ce qui les attends l’année prochaine si tout se passe bien, on imagine mal ce que sera alors la plainte: un appel à la guerre civile pour génocide ?

La répétition sonnerait donc comme un galop d’essai, avec Hollande comme exemple du courage réformateur face aux archaïsmes qu’il est le seul à pouvoir dompter, car de gauche, justement. S’il réussit là, alors il aura démontré ce théorème majeur de la boboitude social démocrate: seule la gauche peut réformer. S’il échoue, alors c’est qu’il faut un gouvernement de gauche et que seule la gauche peut diriger le pays. On se demandera même si il n’est pas le seul à incarner cette gauche là. Bref, du gagnant-gagnant: c’est son avis.

Il se place ainsi partout, comme seule bordure du monde, comme seule présence des murs qui enserrent la réalité, l’évidence et la vérité.

Il n’y a pas d’alternative. Phnom Penh doit être évacué, des barrages sont à construire, et les intellectuels à lunettes seront férocement humiliés puis battus et exécutés. C’est pour bientôt: il n’y a pas d’alternative.

La chose est d’autant plus vraie que l’oracle du monde, c’est à dire google trends, qui comptabilise les recherches nominatives, et donc prévoit avec fidélité depuis mille ans tel le poulpe, toutes les élections à venir consacre Hollande devant Sarkozy lui même devant tous les autres prétendants. Voyez vous même:

https://www.google.fr/trends/explore#q=Fillon%2C%20Lemaire%2C%20Jupp%C3%A9%2C%20Sarkozy%2C%20Hollande&date=today%203-m&cmpt=q&tz=Etc%2FGMT-2

Les heures à venir seront sombres.

P.S. En écoutant la patronne de l’Ile de France, la divine Pécresse. Elle émet au sujet des réformes un point de vue de bon sens qui justifie le génocide auquel nous pourrons nous livrer l’année prochaine: l’opposition sera la même que celle que l’on voit actuellement: « petite réforme, grosses emmerdes, grandes réformes, grosses emmerdes, alors il faut y aller ! « . Ah la belle phrase !

 

L’affaire Beaupin

Inventeur du Vélib, le très travailleur contempteur de l’automobile à Paris, suppôt de Delanoë pendant 15 ans, député de Paris sur un siège donné par le PS lors d’un accord stratégique avec les écologistes négocié pour la présidentielle, vice président de l’assemblée nationale, est un harceleur sexuel, émetteur des centaines de sms obscènes, tripoteur de seins et plaqueur contre le mur, du coté du manche dans le coucher pour réussir, que l’on soit baisable dans les mairies ou les partis politiques, toutes gauches confondues.

Marié depuis peu avec le chef de son parti, depuis relaps à celui ci et maintenant ministre convaincue de la nécessité de sa présence à accueillir les migrants venus du monde entier, il apparait donc que sa personne et ses vies publiques et privées sont pour le moins complexes. 

La révélation est tout de même surprenante, un peu choquante, et en tout cas constitue une information dans la mesure qu’est informatif quelque chose d’improbable et de non prévu, voire de strictement proscrit, et de fait susceptible dans ce cas de passer devant les tribunaux.

Que révèle cela sur l’état de notre société dit France Culture, au delà bien sur de ces faits là qui « ne sont pas intéressants » ? Voilà donc la question, la seule intéressante pour les médias, pour les commentateurs, pour les collègues du monstre, bien sur tous au courant de rumeurs sur la chose, largement relayées dans des livres, articles et conversations publiées et menées depuis dix ans dans les milieux en question.

A ce point deux voies, et il se trouve bien sur que celle que je vais choisir n’est jamais considérée, et c’est bien normal, c’est pour la même raison que les faits en question ne furent jamais empêchés ou condamnés directement en tant que tels, tant ils étaient contextualisés, comme on dit.

Cette voie associe les faits en question  avec leur contexte. Elle est intéressée par les faits, et par le contexte. Les faits sont étranges, absurdes et inconcevables pour la quasi totalité des mâles grivois, machistes et adeptes de contrepèteries qui nous entourent. Car bien sur, et là dessus on est vite dans le contre sens, il n’y a rien à voir entre une plaisanterie et une voie de fait, entre un film porno et un viol, entre une plaisanterie et un acte délictueux. Ici on a bien du harcèlement, du pelotage violent, des menaces de licenciement. La totale.

Le contexte est celui de partis politiques et d’idéologies qui sont partiellement recouverts pour ne pas dire complètement pénétrés par un féminisme agressif et revendicateur, partisan de  la parité en politique et en économie, de l’interdiction de la prostitution, et qui constitue un « super parti » avec son vocabulaire, ses cérémonies, ses mots d’ordre, ses campagnes d’information et ses permanentes exhortations au bien et à la vertu.

On sait bien qu’il y a sur ces questions des ridicules amalgames et alors qu’on cherche à culpabiliser tous les membres du sexe masculin en mentionnant qu’il y un meurtre de femme suivi d’un viol toutes les dix secondes alors que 80%  des viols sont réalisés dans des ambiances familiales ou des voisinages proches pathologiques dont il n’y a aucune raison de se sentir partie prenante à priori. L’homme blanc hétérosexuel est bonasse et gentil, et n’est ni violeur, ni harceleur. Certains élus verts qui théorisent cette stupidité le sont par contre, est c’est un mauvais signe de plus pour elle.

Ces partis, ces idéologies sont ainsi définitivement discrédités par de tels faits, entièrement situés dans le contexte d’une abominable hypocrisie constitutive d’une arrivisme cynique totalement dépourvu de vraies convictions et entièrement consacré à la reproduction d’organisations de pouvoir totalement déconnectées de toute sincérité et de toute logique. Quand les organisations en charge de lutter contre l’oppression des femmes oppriment les femmes, une contradiction destructrice et dévastatrice se manifeste.

Pour mieux concrétiser mon propos, il faut réaliser que c’est l’une des manifestations publiques les plus ridicules de cette idéologie, la photo d’hommes politiques portant du rouge à lèvres, dont Benoit Apparu (second de Juppé) et Denis Beaupin, qui déclencha la colère d’une victime et donc le scandale…

Faisons court: j’affirme que c’est précisément parce que les faits se produisent dans ce contexte là qu’ils ne sont pas dénoncés, et surtout qu’ils sont interprétés dans un cadre général. Et cela d’autant plus que le déni des faits et du contexte est absolument nécessaire pour sauver le contexte moraliste revendiqué. Car une telle affaire est dévastatrice, tout autant et à mon sens bien plus que dans les cas d’affaires similaires mettant en cause n’importe quel soutien de la morale en général, que l’on soit prêtre, adversaire de l’avortement, ou contempteur de toute espèce de morale dévoyée en général.

On a régulièrement aux US des apôtres de la morale puritaine la plus stricte, qui condamnent avortement et homosexualité, pris la main dans le sac avec des prostitués masculins en train de prendre de la cocaïne. Richesse de l’âme humaine dit on, tu parles, ici en France,  la tartufferie, strictement du même ordre a lieu à gauche: Strauss Kahn, Beaupin. Chez nous,  c’est la gauche qui justifie ces écarts là : l’hypocrisie et le mensonge caractérisent toujours la morale officielle en cours.

Tout soutien de la morale, du moralisme, tout culte de la moraline est sujet à ce type de scandale, dont la leçon est précisément de démontrer l’inanité de la revendication de la vertu. Cette revendication s’appelle la tartufferie, et tartuffe démontre que ce qu’il prône est faux, pour toujours. Ma conclusion est donc que le discours de Beaupin est entièrement mensonger, entièrement un simulacre destiné à cacher ses frasques et doit disparaitre de la vie publique avec son auteur !

La deuxième voie est évidemment la voie qui s’éloigne le plus de ces conclusions désagréables pour le moins, quand est du coté ainsi détruit. C’est ce que choisit France Culture ce matin, la remise en ordre qui précède chaque élection ayant déjà eu lieu. D’abord, le parti des verts, est effectivement le plus féministe et le plus (non) genré des partis (merci de nous le dire). Par exemple il applique strictement le principe de parité à l’assemblée.  Donc…

Et c’est parti: c’est bien la preuve de la nécessité de la lutte féministe: on n’en a pas assez fait. Un déni particulièrement habile, ou vicieux  est que le féminisme ne fut introduit chez les verts que sur le tard, ce parti n’est donc pas authentiquement féministe. Etc etc.

Les femmes en politique sont des « petites mains », sont « attachées », et il faut faire plus et mieux vous dis je! (J’ai faim dit le Tartuffe). Il faut changer la société ! C’est le seul moyen pour que Beaupin s’amende, voire se dénonce lui même sans doute, voire peut être pour que la criminalité sexuelle disparaisse de l’univers et que l’hypocrisie cesse enfin.

Car le sexe fait partie de l’histoire, et les femmes restent des objets: le sexe est un lieu d’échange historique. Le monde est sexué et la mâle mauvais, le pénal enviable (Murray revient !), et la femme l’avenir de l’homme. Arrêtez mesdames, je bande !

 

Il faut une autre conclusion, car l’actualité l’exige. Une camarilla (comme on dit) d’ex ministres vient de prendre position avec la fermeté que manifestait mon érection: elles refuseront, à partir de maintenant, tout geste déplacé, et proclament:

« Ce n’est pas aux femmes à s’adapter à ces milieux, ce sont les comportements de certains hommes qui doivent changer. »

Comme si « il » (à part Denis Beaupin et Dominique Strauss Kahn)  avait été demandé aux femmes de s’adapter au viol et au chantage sexuel à l’emploi.

« Nous dénoncerons systématiquement toutes les remarques sexistes, les gestes déplacés, les comportements inappropriés. Nous encourageons toutes les victimes de harcèlement sexuel et d’agressions sexuelles à parler et à porter plainte. »

Et là le ponpon: une remarque sexiste EST un harcèlement sexuel et il faut porter plainte.

Et bien tout cela exprime ce que je voulais dire : l’incapacité de ces femmes à tenir un discours symbolique cohérent et honnête est ainsi patent. Elle ne méritent rien, ni un petit coup en passant, ni le droit de vote !

Et il y a en plus, le comble du comble : deux femmes politiques connues pourtant pour leur fanatisme, leur extrémisme, leur engagement dans le déraisonnable et l’excessif sont sur la question modérées, et ne s’associent pas à nos bourgeoises révoltées qui furent si silencieuses: Nathalie Artaud et Christine Boutin !  Gloire donc au vrai beau sexe, il est ainsi représenté !

Et puis il y a Juppé

Juppé présente son programme économique dans un grand discours, vaguement introduit, mais sobrement. Il présente son dernier livre, donc. Du point de vue de la communication, on a donc quelque chose de moins construit, moins communiqué que Fillon…

Raffarin nous improvise d’abord un éloge: ça se voit; il bafouille et tente de se rattraper mais sa langue de bois semble vieillie: il n’est pas drôle.

Juppé commence d’emblée avec le poids des responsabilités, qui l’accablent déjà. Comme on le sait, il y est déjà et cela le fatigue un peu…

La coordination des livres, des cahiers, des émissions est le fait de Benoit Apparu. Un jeune, avec un phrasé toujours un peu vulgaire, mais il est constant. Maël de Calan fait une introduction. Le jeune de l’étape, très jeune, peut être un peu trop et Juppé en rajoute, lui donnant vingt cinq ans.

Juppé fait donc comme Fillon: le plein emploi, (« 5 ans pour l’emploi ») et il a raison. Ce sera l’argument de la campagne: le plein emploi c’est 5% et c’est le chiffre partout. « On a tout essayé sauf ce qui à marché ailleurs ». Le slogan de Fillon c’est « sauf ce qui marche ».

Ca va pas être « rock and roll », ça va être sérieux, je vais être sérieux…

Les gisements d’emploi sont sur les bas salaires: zéro charges sur le smic.

TVA compétitivité (1%), on voulait la faire avant 2012 (1ère référence à l’ère Chirac).

Pas de contrat unique mais un sécurisation la rupture du CDI: c’est l’approche à la fois prudente (la version 1 de El Khomery), mais qui met tout le monde dans la rue pour l’instant.

On sort de 35 heures avec la durée du travail à 39 heures comme référence. Une nouvelle durée légale donc. C’est le désaccord avec Fillon. Il veut redonner la liberté de négociation entre 35 et 39 heures à négocier. Il pense qu’en l’absence de butoir, il ne se passera rien. Intéressant.

Il supprime l’ISF: et il l’a fait (en 88), mais ensuite l’a augmenté (en 95), et il reconnait que ce fut une « bêtise ».  Une taxation forfaitaire pour la taxation du capital, on revient à avant 2012. Et la convergence avec la moyenne Européenne (22%), celle qu’évoque Fillon, il va à 30% d’IS. Le grand principe de la stabilité de l’imposition est affirmé: une loi de programmation fiscale fixera un calendrier sur cinq ans. La rétroactivité fiscale sera supprimée.

Paiement direct à l’heure des marché publics par une entité en charge du recouvrement auprès de l’Etat. Idée originale.

La fiscalité des familles: on va la corriger avec 2 GE de réduction. Restauration des avantages à l’emploi à domicile.

Plafonner le cumul des minimas sociaux par rapport aux revenus du travail. Le RSA va donc diminuer… Ce n’est pas bien dit, je trouve.

Le dialogue social doit donner prééminence aux accords d’entreprise par rapport aux branches. Il faudra réécrire le code du travail et cela prendra du temps (et des négociations, donc).

On limite la durée du temps alloué au syndicalisme: ça ça va plaire.

Sélection à l’université, à l’entrée du master 1 et non pas du master 2 (en licence donc). C’est la condition. L’apprentissage: il faut évidemment casser son image actuelle: on va à la « faculté des métiers ». Rapprochement entre régions et filières professionnelles.

Et on continue comme ça encore une heure, car la purge a commencé dès son exposé un an à l’avance…

80 à 100 GE d’économies sur le quinquennat dont 25 à 30 GE pour l’état, 250 K postes à supprimer. 5% des effectifs sur cinq ans. On doit aller à 50% de dépenses publiques (plutôt que 57 actuellement).

La progression de l’apprentiss, euh de l’absentéisme: les jours de carence.

Durée du travail dans la fonction publique: d’abord les 35  heures.

50 GE de réduction des dépenses sociales dont 20 dus à la retraite à 65 ans.

L’impression 3D des biscuits, et la blockchain qui permet de revendre à son voisin son électricité en trop. Le codage dés l’école, l’école 42, les filles à la programmation.

La question de la réalisation de ces réformes: j’ai fait en 95 toutes mes réformes sauf une qui n’est toujours pas faite.

On est là dans du Fillon pur: l’élection vaudra référendum et les ordonnances seront utilisées d’emblée, des ministères stables et peu nombreux et qui dirigent leurs administrations.

Pas de référendums sur l’Europe (prend ça Lemaire) avant un accord avec l’Allemagne. On prend en compte la Russie (merci Fillon). Voilà, il faut revenir à la confiance et je pense aux jeunes.

D’abord on remarque l’aspect libéral est assumé. Comme remarqué par la presse, l’offensive de Fillon a payé: quoiqu’il arrive, si la droite gagne (est c’est possible) la gauche prendra sa claque du demi siècle: toutes les mesures, avancées et évolutions nécessaires obtenues de haute lutte depuis Mitterand (tu parles, par démagogie et corruption) seront piétinées, détruites et mises minables. Le retour aux enfants dans les mines, à Germinal, que dis je tout se passe comme si la lutte des classes avait été perdue. Vae Victis et mort au couteau, aux sans dents, nous allons chier sur vos tombes sales communistes !

Ensuite, on remarque dans le cas de Juppé l’absence de mise en perspective: les choix en question sont issus de la décision mesurée un peu dédaigneuse, du roi des sondages. Cela sera comme ça parce que c’est ce que je dis, il faut vous y faire, dit il avec ce mélange qui n’est qu’à lui de petit sourire et de petit soupir.

Pourtant cela sera dur, et un brin de théatralisation serait de mise, du moins pour ceux qui voudrait vraiment se persuader que tout cela sera possible, et de ceux qui se demandent pourquoi exactement cela sera nécessaire. Bref, tout se passe comme si la campagne du grand chauve allait de soi, son nécessaire optimisme ne pouvant se commettre à dire qu’il y a des problèmes en France: c’est l’identité heureuse.

On retiendra donc que Juppé sort du bois sur l’économie, que les sondeurs vont maintenant faire allusion aux programmes, et que la différence en cruauté d’avec Fillon sera plus ténue qu’on ne croit.  Par contre, l’explication de la nécessité de la chose n’est pas la même, et cela est la question.

On retiendra aussi l’étonnante absence de poids lourds autour de Juppé. Raffarin, Bayrou, Apparu, Calmels cela ne fait pas très sérieux. On sait qu’il y a Gaymard et Perben, mais ce ne sont pas des politiques engagés actuellement dans le débat public. Bref, Juppé semble seul, d’ailleurs il n’y a que lui qui parle. Stature présidentielle ?

Fillon a Carrez et Larcher, et les chefs d’entreprise. Un programme décliné depuis longtemps et qui se bonifie plutôt qu’il ne se constitue au fil des rencontres. Une action politique qui se manifeste, par ailleurs par un ton de plus offensif, de plus en plus agressif. Il se distingue de Juppé par plus de liberté accordée aux acteurs, mais reconnait l’inspiration libérale du programme de son seul adversaire.

Le match a commencé, premier set.

 

Illégitime

Trente secondes devant la télévision à voir Hollande au garde à vous devant la flamme.

Dans un an, il y a sera, mais en retrait, car il y aura Fillon, du moins je l’espère, ce sera le lendemain de l’élection. Ah! la plongée dans le temps, dans un futur qui reste incertain.

Pour ce qui concerne ces types de cérémonie, j’avoue les détester et les mépriser au delà du possible. Depuis que Mitterand a détruit le respect que l’on pouvait avoir envers les symboles de la république, et maintenant que la statue d’icelle est couverte de déjections végétariennes, je ne crois plus aux symboles et voir le nain bègue faire le malin devant l’arc de triomphe ne m’inspire que du dégout. Comment pouvons nous supporter de voir notre histoire polluée par ce lémure ?  Il a tout raté de ses projets, tout subi de toutes les humiliations qu’il a assumé au nom de la France, est universellement méprisé et détesté de ses femmes, de ses alliés, de ses électeurs. Son propre chien le mord et il reste le cul en arrière, à continuer de jouir de son masochisme et de son inutilité.

Car il est d’abord, au delà de sa méprisable personne, le représentant du socialisme. Vous avez bien entendu: « socialisme ». Le mot qui s’adjoint au nazisme et au communisme du XXème siècle, l’horrible façon de pensée responsable de tous les meurtres, de toutes les exterminations, de toutes les ruines. Il en est, il l’incarne de toute sa médiocrité, de toute la saloperie qui lui sort des pores. Je le conchie, lui et ses suppots.

Se proclamant « le plus à gauche du monde », que fait il? Et bien il justifie ce qui est le socialisme, la gauche: la distribution, la prébende. Le rappel de 36 est bien sur à l’avenant. Simplement lui a inversé les choses, il a d’abord « redressé » et maintenant  il « redistribue ». L’inverse de 36 et de 81, et oui ! Tout cela au nom de ce qui l’anime.

Le mensonge absurde qui anime ces zombies est donc ici redoublé: il a promis la lune, commence par accabler d’impôts, ruiner et mettre au chômage en ne faisant rien d’utile (sur ce point 36, 81 et 12 ont la même efficacité) puis dans un deuxième temps lance des cacahuètes qui ne lui coutent que les crédits qu’il contracte sans intérêts.

Pourquoi fait il cela ? Il y a une réponse simple, et qui est la volonté d’exister, d’offrir une alternative et de permettre un choix. Car il n’y aura pas « rien » lors du débat électoral: il y  aura une tentative de vision, une approche caractérisée, basée sur la nourriture politique à donner à l’être de la gauche, le besoin de réduire l’injustice du monde  dans le symbole. Que cela soit impossible et vain, au mieux nuisible au pire destructeur de la Nation n’a pas d’importance, et s’il le faut ils quitterons le pouvoir soulagé pour continuer à préparer à nouveau le prochain grand affaiblissement.

Pourquoi supporter cela direz vous? Parce qu’on est démocrate. C’est cela la démocratie, supporter l’illégitime le temps que ça passe. Simplement cette fois ci c’en est assez. Il faut agir et penser comme si c’était la dernière fois que de pareils sinistres accèdent à l’armoire à confitures. Il faut penser la fin de la gauche, son inutilité, sa nuisance et se préparer à vivre sans elle, si possible pour toujours, ils n’existent que dans des fantasmes et le réel qu’ils saisissent leur coule entre les doigts. Qu’ils crèvent.

Ces hommes,  ce parti sont illégitimes, rien ne justifie leurs présences, leurs actions, leurs destructions. Et je ne vais pourtant pas me faire sauter à ses cotés pour jouir tel un pouilleux barbu du sang d’un porc. Cela serait illégitime.

 

Lemaire c’est révolutionnaire

Fillon est donc battu par Lemaire dans les sondages. Enfin sauf dans un sondage Ifop où il le double magnifiquement. On va voir, mais le personnage (Bruno Lemaire) reste intéressant.

On passera sur la scène de la masturbation dans sa baignoire, la gourmandise avec laquelle Sarkozy l’a rappelée pendant la campagne pour la présidence de l’UMP fut extrêmement drôle. On passera sur la crise irakienne, menée avec de Villepin, une bande dessinée montra la folie de la situation. Faut il vraiment s’en vanter ? Pousser littéralement un allié à agir sans l’aval de l’Onu fut une erreur géopolitique.

Il a aussi des « idées ». Qu’est ce qu’une « idée »? Une proposition précise d’instaurer une loi de manière significative. Un idée est à la fois une mesure et un symbole. En fait elle est d’abord symbolique. Elle peut s’appliquer à un nombre de personnes réduites, et donc ne pas avoir d’effets, mais comme symbole, elle a un effet, ou du moins est supposé en avoir un. Elle peut aussi s’appliquer à tout le monde pour des raisons sentimentales ou d’évidence et se trouver en fait inapplicable ou globalement absurde. Dans ce cas on ne l’applique pas. Le prototype de l' »idée », c’est le CPE (le smic jeune de 2006) dont il fut l’organisateur et le spectateur, il s’agissait en l’occurrence d’une idée du deuxième type décrit ici. 

Le Maire se déclara en faveur de la déchéance de nationalité: cet homme aime les idées (ici une idée de type 1). Cela le rend donc à mes yeux définitivement hors course.

Pour enfoncer le clou au sujet du CPE, il faut souligner que le ridicule et le discrédit qu’il produisit sur la gouvernance Chirac Villepin fut absolu et définitif: on se demande comment un acteur de cette abomination (la loi stupide combattue par la rue que l’on n’applique pas explicitement après l’avoir instaurée) puisse encore prétendre gouverner quoi que ce soit. Surtout, que, vous ne rêvez, pas une mesure équivalente figure à son programme.

Quelques « idées », et il semble bien qu’il n’aie que cela (en plus du CPE 2.0).

a) Un CDD indéfiniment renouvelable à droits croissants. Cela a un coté intéressant, surtout que Axelle Lemaire, sa femme (je rigole) propose elle de le supprimer…(type 2).

Au fait ce n’est absolument pas la solution italienne qui semble marcher et qui donne des droits croissants aux CDI !

b) Une vérification des comptes bancaires des allocataires du RSA. Cela concerne peu de gens riches au RSA, mais cela permet d’éviter de montrer TOUS les bénéficiaires du doigt (type 1).

c) La lutte contre l’islamisme politique. Les détails ne sont pas donnés, mais c’est très convaincant, on croit comprendre que l’UOIF sera interdit et aussi que le port du foulard dans la rue sera combattu, mais ce n’est pas clair (type 2).

d) La privatisation de la fonction publique territoriale. Sans doute conçue pour permettre au futurs agents de cotiser pour chômage, ce que ne font pas les fonctionnaires, elle ne semble pas se situer clairement dans un plan d’ensemble (type 2).

e) Le développement des technologies de stockage des énergies renouvelables… Un commentaire ici: il y croit ? (type 1).

f) Privatisation de pole emploi (type 2).

g) Reférendum sur l’europe (type 2). Il veut donc refaire le coup de la constitution qui avait si magnifiquement marché, et qui l’avait mis lui et Villepin aux affaires.

Il a aussi une position « idéologique », basée sur des positions personnelles, des convictions. On est là au delà des idées, on est dans le véhément, dans l’autoritaire, dans ce qui fait le chef. On en bave d’avance.

Il a aussi un coté « copieur » caractérisé. En particulier il reprend « telle que » certains points de Fillon: la suractivité pendant l’été de l’élection, l’annonce à l’avance des réformes à faire, le refus de la baisse des impôts aux ménages de Sarkozy, la liberté de négocier la durée de travail en entreprise, le refus de négociation du fait de l’élection, la dégressivité des allocations chômage.

En même temps, il ne veut pas infliger de purge aux français (prends ça Fillon !), car les français ne croient pas à toutes ces économies. Seule la croissance résoudra les problèmes: c’est ce que disait Hollande en 2012….

Une vraie différence d’avec Juppé et aussi Fillon est le refus du mandat unique: il est même violemment contre ! C’est pour lui l’échec assuré du quinquennat… Il voudra donc se faire réélire et c’est pour lui indispensable à sa motivation.

De fait, il n’a pas vraiment de programme encore (on verra au mois de Septembre, pas avant) et surtout, surtout, il se motive. On a parlé d’un coach. Son allant a l’air motivé: il parle d’esprit de conquête, de foi, au point de souligner que l’âge n’a pas d’importance, lui, le candidat du renouveau, le plus jeune de tous ? Allons…

On peut visionner des extraits de son premier meeting, en particulier constater, navré, l’enthousiasme très « communicant » de ses supporters dont un député, une femme stressée, au phrasé approximatif, qui se termine exatique entre deux blancs  dans les proclamations: Lemaire c’est révolutionnaire !

Le ridicule de la performance est avéré. Les « si vous êtes ici » répétés tels les nanaphores avec une de la Raudière qui se prétend révolutionnaire sont absolument terribles. Le « encore de l’oRace » est pitoyable. Bref, ce qui se fait de pire en communication politique.

J’avais décrit la mesure des supporters de Fillon, on a ici un amateurisme de droite sur motivé, extrêmement prétentieux, et dont le jeunisme revendiqué est le seul argument.

Demandez le programme !