Le candidat et sa communication

Taillé par Ali Badou lors de la dernière du supplément, Bruno Lemaire, celui qu’on appelle « Bruno », pour rimer avec « renouveau » tant il est jeune, comme Cameron, Renzi ou Iglesias.

Il communique, comme les autres, et alors?

Passons sur Cameron, qui se donne trois mois de plus, car tout de même il est responsable, mais ne dirige plus qu’un radeau isolé dans la tempête. Exiger de lui qu’il fasse quoi que ce soit n’est pas très sérieux. On verra en octobre.

Parlons d’Iglesias, allié de l’extrême gauche, dont la propagande sur papier glacé, se fait avec le modernisme endiablé du pays de l’arriération corrompue en panne de dirigeants, et qui après avoir bue sa gauche la reconstitue pour sa ruine à venir. Il leva l’ultime tabou. Lequel ?

Et bien celui de la communication politique. Traditionnellement ridicule, la photo du candidat, gras, moustachu sur fond d’église, porte un slogan débile en faveur de l’économie (les campagnes ne récoltent d’argent que pour corrompre, pas pour engraisser les agences de com). C’est fini tout ça: les clips sont fait avec des films achetés dans les banques d’images, les photos retouchées, les catalogues de proposition sans cadres, avec des photos achetées dans les banques d’images, et un candidat qui en veut, qui a envie, qui tout petit etc etc.

Non pas que la communication soit nouvelle en ces manières. François 1er en usa beaucoup et fit la France avec cela, c’est dire. Ce que je voulais dire c’est que le fromage pasteurisé qui se faisait recommander par le roi, fait maintenant l’inverse et c’est tout le problème. Remarquez le « style » du « Nation Builder », le site web en batterie chez tous les candidats à la primaire de droite. Suivant une mode subtile américaine, il est porteur de la distinction que l’on réserve au futur président, le port de la cravate, des symboles patriotiques nécessairement légèrement ringards. Fini tout cela. Des photos de couples se tenant par la main, des vieilles dames à l’allure moderne, entièrement issues de banques d’images pour faire plus proche des gens. Car la proximité c’est la publicité habituelle, et donc s’en différencier c’est s’éloigner des gens. On verra bientôt des candidats en calebar, mal rasés, effondrés dans leur canapé, à peine disponibles entre deux parties de jeux vidéo…

Ce thème de la proximité se décline à fond. Podemos en use au delà du possible, tout comme Macron: qu’est ce qui plus proche que nous que ces images d’occidentaux (américains ou canadiens) anonymes acheté sur des banques d’images ? Nous y sommes tellement habitués que leur absence est signe d’éloignement, de cynisme, et pire: de ringardisme.

La dernière émission d’infotainment de Canal plus à être diffusée tailla donc Lemaire sur son projet de référendum. Quelle question ? Demanda Ali (Badou). Le long et confus laïus du candidat échouant à nous convaincre, il finit par lancer, sous les protestations du journalistes: « voulez vous une europe qui protège ? « … Pas mal l’impro: convaincante, proche de nous, bref, à l’image jeune qui doit plaire et qui nous met ce jeune bourgeois huppé, au « charisme d’huitre » (cela fut dit), au dessus de Fillon dans les sondages, et cela fait mon désespoir. Au passage le slogan est celui mis en avant par Hollande lui même dès aujourd’hui, il faut réagir vite et Cameron démissionner sur l’heure. Fixer les dates de démission est un principe chez Hollande, il fixa ne l’oublions pas celle de Merkel, et bien sur nous parle sans arrêt de la sienne propre (je déconne, hélas).

Lemaire se fit tailler aussi pour son racisme: flingué par les jeunes journalistes qui lui reprochent de s’opposer au multiculturalisme, il se mélangea les pinceaux et on eut droit, mais là c’est canal plus, à un « je veux combattre l’islam … » coupé pile par Badou.

On apprit aussi et cela m’a réjoui, qu’alors qu’il refuse d’infliger une purge aux français, il est ainsi considéré comme inefficace et pas assez libéral par le club Concorde. De quoi se positionner dans la primaire, il est le troisième homme et Fillon (ouin ouin) n’est plus là. Pour l’instant.

Le Brexit, tout et son contraire…

Et nous y voilà !

On commence par commenter le commentaire de quatrepoint: les classes moyennes révoltées par le libéralisme ont voté contre l’Europe pour mieux exprimer leur défiance des multinationales. Le point de vue est partagé par Mélanchon: le brexit est de gauche!

Le fait que libéral, ayant reélu un libéral qui doubla les frais d’entrée à l’université et renvoya des centaines de milliers de fonctionnaires, et qui plus est en plus euro sceptique lui même et qui organisa par forfanterie le référendum, ce pays « de gauche » a donc à 2% d’hyprocrisie non coordonnée prêt, sanctionné le libéralisme ! Parfois, certains jugements émis par des adultes sont tellement accablants qu’on se prend à leur hurler dessus. A partir d’un certain moment, il n’y a plus de débat, il n’y a que le fouet, pour faire rentrer les tables de multiplications…

Le Brexit est nationaliste, de la part d’un pays prospère qui s’est réformé, et  qui sur de lui dans un monde qu’il sent fragile, pense pouvoir  vivre seul, comme il l’a toujours fait. Il n’a peur que d’une chose, de ce qu’il vient de réaliser avec l’élection du maire de Londres, et les multiples scandales musulmans de ces dernières années: de l’invasion, comme il en a toujours eu peur. Le Brexit, exprime cela, si tant est qu’il exprime quelquechose, 2% ne suffit pas à imposer une réforme de cet ordre, et ils ont tort de la faire, mais ils ont joué avec la chose depuis trop longtemps.

Il y a aussi bien sur la réaction à avoir: faut plus d’Europe comme le dit Cohn Bendit, une gouvernance plus stricte ? Ou enfin respecter davantage les nations comme le dit Fillon ? Là encore, totale divergence d’interprétation, les thèses des européistes et il y en a, que les amateurs de la flambe britannique dénoncent avec haine, mépris, dégout et insultes variées  sont particulièrement absurdes: elles ignorent ce qu’elles suscitent, ce qu’elles créent: comme d’habitude…

Considérer le contraire est évidemment plus attentif à l’actualité et à ce qu’on soulignait: un pays civilisé, scandalisé par l’hypocrisie d’un pouvoir qu’il ne  reconnait pas, nous quitte. Il a des raisons, et qui ne sont pas celles de pauvres exploités, ou de pauvres au chômage, mais bien celles d’un peuple riche, sur de lui et de son économie et qui préfère la liberté. Même déconnante, cette forfanterie mérite plus de respect que la lamentable et honteuse lâcheté grecque. Car là est l’asymétrie, ce qui convainc, ce qui est sans doute le plus prêt de la réalité: on s’est fait larguer, et c’est vexant.

Je me souviens m’être moqué  dans les années quatre vingt d’une vieux professeur en cravate, à l’accent impayable qui parlait de son odyssée: avoir eu à passer par la Belgique, « to go to Europe »…

Et puis il y a les dénonciateurs des accords dits « du Touquet » qui installent la frontière anglaise en France plutôt qu’au milieu du tunnel, ou mieux, au milieu de la manche ou même en Angleterre bien sur, car l’humanité exige qu’ils (les anglais) fassent comme nous, c’est à dire laissent des humains dotés de nos droits faire ce qu’il désirent, en l’occurrence aller en Angleterre comme nul ne peut empêcher qui que ce soit de le faire…

Car c’est aux îles que d’accepter qu’on leur envoie par bateaux (ou tunnel) les illégaux dont on veut se débarrasser, cela est évident: une île c’est fait pour stocker les réfugiés, on fait bien cela en Grèce et en Italie, pourquoi pas partout ?

Pour en revenir à Schultz, mais aussi à Juncker, mais  aussi à Hollande, qui joua son rôle en s’opposant en Février à une demande de respect pour la livre Sterling  portée par Cameron: il faudrait que l’Angleterre aille vite, et il est « inacceptable » qu’elle prenne autant de temps (3 mois dit Cameron) pour commencer à partir. Le tas de largués commence à prendre une forme désagréable, il est possible qu’ils ne fassent plus long feu très longtemps.

La stupidité de ces dénonciateurs est celui des fripons dégénérés qu’ils sont tous. Ainsi donc, maintenant qu’il y a le Brexit, on va pouvoir se venger et envoyer nos jungles dans le tunnel ?

Et puis, il y a ceux qui persuadés qu’on n’échappe aux populistes qu’en leur faisant la guerre, tout comme on fait la guerre aux racistes, aux isolationnistes anti réfugiés, aux homophobes: plus d’intégration, plus de fédéralisme, plus vite ! Plus vite !

Une déclaration de Martin Shultz, dit « papa schultz », président du parlement européen: il entame d’emblée une critique du parti conservateur anglais, dont le discours est « inacceptable » dit il, et aussi d’un homme politique anglais, Nigel Farage, qui lui avait dit son fait en public au parlement, à Bruxelles. Jouer avec la jeunesse anglaise qui elle a dit oui (d’après les sondages) est « inacceptable » dit il. Que l’on puisse parler ainsi d’un citoyen d’un pays étranger, désormais hors d’atteinte est inacceptable. Encore une fois, papa shultz fait preuve de son imbécilité légendaire. C’est lui qu’on largue…

Nicole Fontaine, qui le précéda à la tête du parlement, veut maintenant bannir les mots « intégration » et « fédération ». Elle veut donc à la place une europe « politique », c’est le marqueur de la fameuse coordination budgétaire, bien sur. En tout cas, on remet « tout » à plat: dans quel sens ? Comme d’habitude c’est PARCEQUE les citoyens européens n’ont pas vu les avantages de l’Europe qu’ils sont contre. Naturellement, la question des nations n’est pas abordée, elle est la perte qui compense les avantages en question, on n’a rien sans rien.

A la question de Boizard, qui voulait parler aux « européistes  honnêtes », je répondis sans écho que je gardais les nations, la défense nationale et le budget, et n’accepterait que le protectionnisme global sous mon contrôle et la fermeture des frontières, les deux seules choses qu’on ne fait pas aujourd’hui et qu’il faut faire à plusieurs si on ne veut pas disparaitre. Car  l’europe est faite d’agir et pas d’être. En Allemagne, Merkel est montrée du doigt: ce sont ses migrants qui ont précipité les anglais dehors.

En Septembre 2017, en même temps que les référendums français que j’espère, l’élection allemande fera partir Merkel. Une nouvelle époque pourra alors commencer.

Tout est son contraire

Sur un certain nombre de thèmes politiques en France, un étonnant phénomène se manifeste qui consacre une bizarrerie de l’opinion et surtout le total désaveu global dont est l’objet le gouvernement et le parlement actuel.

La chose est la suivante: deux partis opposés, et de manière systématiques, dénoncent les mêmes attitudes, politiques et décisions du pouvoir en place et cela pour des raisons opposées. Les désaccords s’accordent.

Prenons la loi travail: dépouillée de toute  caractéristique libérale à la grande fureur des petites entreprises avec la suppression  plafonnement des indemnités aux prud’hommes et l’empêchement de la négociation des forfaits jours dans les PME, elle accumule réglementations et procédures bureaucratiques supplémentaires dont l’affreuse comptabilisation de la pénibilité, l’avancée sociale la plus débile qui soit, elle est clairement une loi de gauche, pratiquement dictée par la CFDT, et qui s’en vante.

Pour la faire passer, on abandonna de plus toute réforme de la SNCF, ruinant cinq ans de pénibles négociations pour éviter que l’ouverture du rail à la concurrence ne consacre l’absolue non compétitivité du train français, un tiers plus cher qu’ailleurs.

Que de la sociale vous dis je ! On ne peut qu’exiger le rejet de cette loi, dite travail, et tout libéral conservateur ou non se doit de dénoncer ce stupide tas d' »avancées sociales », dont l’effet ne sera que de stériliser davantage la société et de consacrer son chômage structurel.

Et bien la gauche de la gauche révoltée par le caractère ultra libéral de la chose, rejette absolument la remise en cause du front populaire qu’elle constitue: suppression des congés payés, instauration de l’esclavage et du droit de cuissage, voilà comment est perçue la réforme qu’une pauvre franco marocaine rondouillarde se tue à expliquer en « entendant » tout le monde. (« je l’entends » est sa phrase favorite).

Des casseurs qui me représentent donc aussi protestent avec énergie contre cette loi de gauche et je ricane sournoisement en regardant mes esclaves manifester pour moi dans les gaz lacrymogènes, téléguidés par ma zapette.

Cette loi est imposée par l’Europe nous dit on ! On en vient alors au deuxième thème bizarre. Acharnée à presser la purée du peuple et a lui faire suer le sang dont elle se nourrit, l’Europe exigerait cette loi cruelle. Menaçant de violence son premier pays fondateur, deuxième économie de la zone euro, les barbares thuriféraires de l’infâme monnaie qui corrompt tout, je veux dire l’Euro, nous tordent le bras, nous tapent sur la tête, nous torturent pour que la hiérarchie des normes soient inversée: la rigueur qu’ils nous infligent, qui nous met au chômage et baisse nos salaires ne leur suffit plus, il leur faut plus, il leur faut nos âmes !

J’arrête mon délire: cette Europe que l’on dénonce, je la dénonce pour l’inverse: pourrie par des salaires et des exemptions d’impôts qui font de ses dirigeants des riches hors sol, dirigée par des incapables rejetés par leur société politique d’origine pour incompétence, fainéantise ou corruption (Schutz, Moscovici, Juncker), elle est incapable de faire respecter les traités qui fondent son existence et transige envers tout le monde. Le principal proposant du traité qui créa l’Euro, la France, viole systématiquement ses engagements solennels  et annuels depuis cinq ans: les  fameux 3% dépassé de plusieurs points, alors qu’il est le minimum du critère de bonne gestion de ses comptes nationaux, gage du laxisme et contraire absolu de toute espèce d’austérité est en vigueur, sans vergogne et au vu de tous. On le tolère pourvu qu’elle se réforme, et la loi criminelle qu’on nous impose comme punition, c’est la loi Travail. Voir plus haut.

Mais l’Europe n’est pas coupable que de cela. Il nous faut parler de son égoïsme et de son silence coupable face au terrible sort réservé aux enfants syriens, violés et prostitués (par les passeurs enrichis par leur parents, mais je me suis glissé dans la foule) en Europe sous nos yeux. On parlera aussi de ces peuples laissés dans le froid, de ces bébés morts sur les plages qu’on leur empêche de fréquenter par racisme. La France qui refuse d’accepter ces malheureux se voit même rejetée par les demandeurs d’asile qui ne veulent que l’Angleterre  ou l’Allemagne: symptôme de son égoïsme, ce désaveu est un échec de Hollande de plus. Quelle cruauté ! Plions du linge pour les réfugiés, donnons des serviettes hygiéniques gratuites à leurs femmes !

Bien sur, l’accusation inverse se doit d’être proférée: des milliers d’Afghans, de Somaliens et d’Irakiens célibataires se battent et se violent mutuellement dans les camps qu’on leur construit face à la Manche, en espérant qu’ils puissent passer. On les évacue par paquets de dix, à une époque en avion, vers des campagnes perdues dont ils s’enfuient pour revenir tenter leur chance. Bref,  du nanan comme on dit.

Incapable d’imposer son point de vue en Europe pour cause de non respect de ses promesses, et donc de décrédibilisation complète (voir plus haut), les représentants actuels de la France aont laissé faire de scandaleux accords et laisser aller humanitaires décidés par la seule Allemagne, impériale, sentimentale, perdue et déconnante. La grande catastrophe d’une Allemagne solitaire livrée à ses obsessions et à sa discipline se profile à nouveau, elle a pour l’occasion crée un parti d’extrême droite qui en un été s’est développé comme Lepen en trente ans. Merci Hollande de s’être imposé comme il l’avait annoncé, bien plus que la défaite de la finance, la renégociation avec l’Allemagne était le grand slogan de 2012.

Nous y voilà donc: ils sont seuls, totalement illégitimes, critiqués de tous les cotés pour toutes les raisons, font la synthèse de tous contre eux et continuent, tels des canards sans tête, d’exercer ce qu’il appellent le pouvoir. Ils ont l’occasion d’interdire une manifestation le jour de Brexit et de faire preuve d’autorité.  Ou pas.

Parmi les questions qu’on posent à ces responsables, ministres et président, y a t il la question qui tue: pourquoi ne pas partir ? L’illégitimité est complète et absolue, et tout indique qu’ils  n’ont plus à rien à faire là, il faut qu’ils partent.

Ils sont maudits et doivent disparaitre, sinon…

 

 

Le Brexit

Donc cette semaine, il y aura l’été, et le Brexit.

Cool. En toute rigueur, sachant la manière dont se détestent les gens, tout est possible. La Grande Bretagne dont nous envions la maturité n’était en fait traversée que de l’horreur qu’éprouvent un nombre assez grand de gens pour tout ce qui est la gauche, tout ce qui pue la gauche, l’idéal monstrueux qui me dégoute et qui a justifié un meurtre inouï au pays qui a abandonné la mortalité routière vingt ans avant nous. Le pays des caniches, de la reine en vert fluo, se paye un psycho drame dont on n’a pas idée. Comme le monde est remué pour que le pays qui a réélu Cameron, l’homme à la petite cuillère en argent dans le cul, qui fait payer le double pour entrer à l’université, lui qui eut tout payé, pour que ce pays en avance, donc, en tout cas sur la France, dont il a dépassé toutes avances accumulées sur sa décadence séculaire puisse sembler décider, sur un coup de tête, de quitter l’Europe.

Le débat a eu lieu en tout cas. Il sera tranché dans l’incertitude. Ce ne fut pas le cas en France, dont la bêtise, organisée par la démagogie, était donnée gagnante avec raison une semaine avant le scrutin. Ici, rien: pas une indication, sinon que les instituts de sondages, séculairement trompés toujours par l’hypocrisie congénitale de ce peuple de faux culs, ne peuvent que dire n’importe quoi.

De fait, comme beaucoup je n’y crois pas. Néanmoins la chose est possible, et l’assassinat ne prouve rien. Il suffit que l’hypocrisie, pourtant sport national, soit jugée exagérée, (comment peut on comprendre que ce peuple est en fait passionné par la sincérité?) pour que tout bascule…

Car l’Europe telle qu’elle apparait commence à lasser les esprits libres. Là encore, le caractère moderne de l’hypocrisie peut se renverser: trop c’est trop, passons à autre chose. Le mensonge officialisé peut passer de mode, et l’histoire le montre. Que ce soit la Grande Bretagne qui montre la voie est surprenant, mais pas impossible, après tout, ne l’ont ils pas déjà fait ? Contre l’évidence lorsque l’industrie démarra, lorsque Hitler gagna, lorsque Thatcher gagna. Dans ces cas, ils rendent un grand service à l’humanité (européenne). Le pays le  plus « moderne » du monde engage sa conviction pour nous faire avancer et là nous démontre, malgré nous, que nous n’aimons pas, en fait, ce qui voudrait toucher à nos nations. L’Angleterre, défenderesse des nations européennes !

Je ne parle pas des souverainistes: ils ne sont que des angoissés, qui redoutent en le considérant acquis ce qu’ils font semblant de dénoncer avec exagération. Des fiottes irresponsables, lâches et impuissantes, de fait en dehors du réel et doublement: hystériques au point de dégouter ceux qui leur donnent à moitié raison, mensongers et manipulateurs au point de rendre fédéralistes ceux qui savent qu’ils ont tort. Les Anglais en ont aussi, et cette démagogie là vaut tous les communismes, on a ce qu’on a le droit d’avoir.

Je parle de ceux qui ne se payent pas de mots, qui savant que les  migrants africains ou moyen orientaux n’ont rien à faire en Europe, que la fédération est fausse, absurde et à combattre, que les nations sont belles, bonnes et nécessaires et que les alliances entre entités libres sont les seules choses qui vaillent au monde. Il y en a bien sur, c’est même la majorité qui n’attend que l’on lui dise clairement pour prendre parti.

Déjà si le Brexit a lieu, on parle du départ de l’Allemagne. Que tous les souverainistes mangent leurs slips: que feront ils seuls ? La France pourra, selon Eric Verhaeghe, reprendre la  Wallonie et la Catalogne, bref, n’importe quoi, mais le coup de pied au cul sera terrible: à quoi allons nous échouer lamentablement si cela arrive ? Et bien c’est couru: sans l’Europe, les taux vont remonter, c’est aussi simple que cela, et l’Allemagne qui ne nous aime plus, qui n’aime plus ses migrants, sera à son tour traversée par le grand égoïsme, celui qui saisit ceux qui doutent des autres.

Qui pour défendre tout cela ? Cette semaine, et beaucoup l’espèrent, un grand saut dans le brouillard de la vérité. A Jeudi.

Vendredi matin: brexit ! Les portes du destin s’entrouvrent.

 

 

L’identité heureuse

Ali Juppé, il le dit lui même « ils m’appellent Ali Juppé », se répand davantage, il va le faire de plus en plus. On passera sur un rapport obligé de sa personne avec l’expression publique, à la fois timide et dotée du quand à soi des vrais hommes, mais aussi avec l’acceptation de la nécessité du dévoilement de soi, il faut bien faire de la communication.

Le mélange en question fut celui qu’adopta Lionel Jospin en son temps. Viril et vaguement autoritaire, l’homme abandonne explicitement la gestion de son image à ceux qui insistent auprès de lui pour lui expliquer comment séduire. Le résultat traduit une extrême prétention dégoutée, la détestation de se mettre en avant se traduisant par un mépris apparent de son auditoire, ceux à qui il faut faire, contre sa volonté, des ronds de jambe. Elle traduit l’incapacité à être sincère, l’impuissance à contrôler sa propre personne, ce qui ne peut par définition être délégué, et ce qu’il semble croire pourtant. Voilà donc comment se perçoit lui même le candidat en campagne, un être hybride dont l’apparence est gérée par un subordonné, sa propre volonté ne s’appliquant pas à cela, sa vraie identité n’étant pas apparente, elle a disparu.

La question de l’identité serait donc centrale. Mise en avant avec véhémence par Nicolas Sarkozy, le froncement horizontal du nez, figure répétée sans doute devant une glace, traduisant l’agressivité de l’animal qu’il est, l’animalité étant source d’excitation sexuelle pour ceux qui croient à ce type d’expression de la sincérité. Le sifflement de la phrase affirmative, le geste du doigt, entraîne l’auditoire, non pas convaincu mais conduit. Ce type de rhétorique dont il semble qu’il va abuser dans les mois à venir afin de traduire sa motivation à se présenter, est évidemment insupportable et condamnée à des auditoires ciblés. Rejetée massivement par l’ensemble de l’opinion, elle ne mène à rien. A quel moment l’oiseau délirant sera-t-il abattu en plein vol ? Nous le verrons plus tard, mais revenons au fond: il y aurait un problème d’identité.

La question fut posée dans le quinquennat précédent. Héritier de deux mille ans d’histoire, décrit dans ses frontières actuelles par un conquérant romain, un pays européen cofondateur de l’occident et de l’union européenne, ayant, au moins brièvement, dominé militairement toute cette europe (sauf l’Angleterre, passons). Seul contributeur étranger à la fondation des états unis d’amérique, inventeur par idéalisme du communisme qui ravagea toute l’asie, la France pour être clair, aurait un problème d' »identité ».

Et bien non, je ne le crois pas. Ce type de problème ne concerne en fait que les personnes qui face à une telle histoire, à une telle personnalité collective, doivent abdiquer la leur. C’est la condition pour y vivre, et cela s’appelle la France. La question est ainsi agitée improprement, sans raison, sans justification aucune, sauf certaines, on va le voir.

D’abord par l’immigré que demeure Nicolas Sarkozy. Fils d’un clandestin, époux d’une italienne issue d’une famille hors sol à tous les points de vue, (on est là dans les coucheries mondialisées, la fille du fils de l’amant de la mère aurait même eu Donald Trump d’après Gala) il n’a pas, malgré tous ses gestes frénétiques, acquis cette identité là. Apparemment fils de bourgeois parisien, mais en fait sans enracinement ni culture, il se pose le problème qu’il a toujours et ce n’est que sa faconde hystérique qui transforme la question de manière brouillonne en problème général. La chose (le grand débat sur la question) fut refusée par l’opinion et dut être démontée en urgence, cet échec là fut majeur. Sans l’avoir compris, il remet le couvert, cela marche face aux vieilles dames qui composent son auditoire, et il s’en contente en croyant, parce qu’il est devenu fou, que cela va marcher.

Ensuite par une gauche qui se met à accepter de se voir reprocher d’avoir ignoré la chose.

On passera toute de suite sur l’instrumentalisation de la chose pendant les trente dernières années, construction du front national oblige. La collusion implicite FNPS, abondamment décrite par moi même chez Boizard pour éreinter un pauvre facho dont les morceaux d’échine me collent encore aux dents fut menée au prix de l’abandon de tout patriotisme et de tout nationalisme et les drapeaux français qu’on nous fit mettre aux fenêtres au deuxième attentat, le premier n’eut droit qu’au drapeau noir de « je suis charlie », qui traduisait la phrase mystérieuse inscrite sur celui de l’état islamique, n’avaient pour but que de fêter notre défaite et ses morts, comme au 14 Juillet.

Car la gauche moderne fut celle de la destruction explicite de la totalité de la symbolique nationale.  Menée énergiquement sous l’inspiration de la victoire socialiste de 81, organisée par un collaborateur avec l’aide des trotskystes  et dans tous les sens du terme, elle se traduisit par tous les oublis, par toutes les hontes, depuis les armes du premier salon du Bourget qu’on cacha au président, jusqu’à la main saisie par surprise au chancelier allemand, le cliché étant devenu une icône de l’imaginaire gay.

Le symbolique ne suffisant pas à l’abaissement on organisa ou plutôt laissa faire avec délectation l’arrivée massive de populations africaines, la stimulation du repoussoir étant nécessaire, avec aussi la présence de bas salaires, les stocks de clandestins sans les droits qu’on leur accorde après dix ans se devant d’être renouvelés. On forgea alors une nouvelle acception pour l’expression « classes populaires », celle ci désignant maintenant ces fameuses populations là, les blancs en étant exclus étant devenus tous, du fait de leurs luttes, membres des classes moyennes. Attachées à la gauche par un lien de reconnaissance bien plus puissant que toutes les luttes de classes, on a là la main qui nourrit, ces classes là se regroupent en communautés, d’où la deuxième expression qui consacre le phénomène: le « vivre ensemble ».

30 % de l’électorat est alors passés du coté obscur, et malgré une tentative d’enfumage libéral libertaire préparant confusément une alliance cette fois officielle avec la gauche, il apparait que de larges portions du territoire sont en fait entre leurs mains, le peuple de gauche ayant muté. Malgré toutes les études démographiques, on ne remerciera jamais assez Hervé Lebras de mentir honteusement sur ce sujet, la principale motivation de celui ci est bien la présence réelle ou fantasmée de l’immigration et rien d’autre.

Des intellectuels se mettent alors à la tâche: le nord est déjà  perdu, le sud aussi, et il fallut voter pour la droite. De quoi justifier une réflexion. Gilles Finchelstein, président de l’institut Jean Jaures publie. On compare là identité et égalité. Alors que le clivage droite gauche, utile et bon, peut faire l’objet d’un compromis sur l’égalité, l’identité est dangereuse et doit donc être traitée. Par plus d’égalité !

Ex conseiller de Dominique Strauss Kahn, il travailla avec lui sur un slogan jamais encore utilisé, et qui aurait été celui de la présidentielle manquée : « liberté, égalité, fraternité », quel dommage… Un tel fripon, à la sympathique tête mal rasée du quinquagénaire tolérant, mérite il la balle dans la tête que le dégout horrifié que suscite cette histoire nous fait évoquer naturellement ? Certes non, mais le dégout si. Attaché à une forme d’identité qui ne doit rien à la Nation, et je parle en sioniste, il ne peut évidemment pas considérer le mot autrement que comme un instrument, lui aussi et c’est ce que je voulais dire: le considérer de cette manière, c’est bien sur faire l’impasse sur la stratégie qui fut principale et qu’on peine à remplacer. Par quoi ?

Le petit homme ridé tente, c’est clair, une accord avec Ali Juppé: neutralisons l’immigration par une neutralité de gentleman et discutons d’égalité entre hommes de droite et de gauche de bonne volonté. Non pas qu’il faille une union nationale ! Le monsieur est contre (évidemment), mais veut seulement danser un tango avec un vieux crétin qu’on pense pouvoir baiser au dernier moment en le jetant à bas pour des raisons variées, on pourrait penser à la question de l’égalité par exemple…

La volonté de neutralisation marche bien avec le déni et la soigneuse occultation de l’épouvantail qu’on continue bien sur de manipuler, domination idéologique absolue et impitoyable oblige. La droite et la gauche ce n’est pas pareil, et on va bientôt voir la différence et la question du libéralisme doit venir sur la table, la question de l’immigration, qui va bien sur en pâtir (du libéralisme), ne devant être abordée que sous la forme de son vote à gauche nécessaire, je dirais bien sur.

Une partie de la scène se met donc en place. En concurrence pour saisir un islam apaisé, les deux formes centristes de part et d’autre du clivage droite gauche, mesurées et prudentes, voudraient restaurer le calme débat de l’époque Chirac/Jospin, nous y revoilà, le tango, ou plutôt l’étreinte judokate visant à faire tomber l’autre, le but étant d’être au second tour, et le socialiste est candidat solitaire (ou pratiquement, malgré sa faible cote) tandis que la droite est divisée par sa primaire… Il y a un coup à jouer et Ali Juppé pourrait bien prendre l’identité (ou son absence) de Lionel Jospin, le candidat désabusé, promis à la victoire, et qu’on conseille mollement.

Plus que jamais, un seul autre candidat sort de ce lot là. Passionné de politique et porteur d’un programme qu’il déroule parce qu’il y croit, il est inaccessible à la fatuité qui anime ceux qui ne parlent que d’eux mêmes, et va, c’est sur, se mettre enfin à regarder la France directement dans les yeux. Ce jour là l’image sympathique qu’on a de lui se transformera en autre chose et alors, il réformera la France.

 

 

Tugdual le transhumain

Derville est le nom de famille du héros de ma jeunesse, du moins du détective dont j’écrivis les aventures quand j’avais douze ans (n’importe quoi, mais c’est vrai). Tugdual est son prénom, et, partisan de l' »écologie humaine », il lutte contre un transhumanisme global dont il cherche à faire une opinion à combattre. Catholique, bien sur contre l’euthanasie et aussi contre un amour exagéré des animaux qui pourrait la justifier, il fut décoré de la légion d’honneur par Christine Boutin.

Alors que je suis personnellement contre tout ce qu’il dénonce sauf l’avortement (euthanasie, mariage pour tous, gpa, pma), je ne suis pas pour ce qu’il recommande, c’est  à dire la fuite en avant dans une idéologie nouvelle à consonance oxymorique (comme si l’écologie, pseudo science des systèmes animaux et végétaux pouvait s’appliquer aussi tant qu’on y est, aux sociétés humaines) qui corrigerait le monde actuel coupable d’errements rédhibitoires qui condamnent absolument, donc,  les lois anciennes violées, et qu’il convient donc de changer, pour inefficacité sans doute.

Il est vrai que je suis conservateur et pense pouvoir déduire  des lois simples des sociétés anciennes plus ou moins basées sur des traditions admises issues des grandes réflexions morales des siècles passés et il y en eut, des décisions « éthiques » qui me semble en gros évidentes. Tuer des malades souffrants sur demande de leurs proches me parait une violation des droits de l’homme, tout comme l’injonction faite à un médecin de commettre un meurtre, même sur demande de l’intéressé. Identifier le symbolique des sociétés aux exploits de cinéma de pseudos héros qui se tuent entre eux pour éviter d’être capturés vivant par de cruels ennemis me parait ressortir d’un romantisme de bande dessinée.

Du gatisme, euh du jeunisme, comme ce ridicule cri du coeur d’un jeune héros de réseau social qui hurlait son dégout et sa  haine de l’acharnement médical, comme si il voulait lui même étrangler l’infâme vieillard dont le corps délabré ne voulait que vivre encore un peu.

Que des malades en fin de vie puisse bénéficer des analgésiques qu’on leur refusait par barbarie, c’est mon avis, il y a vingt ans encore, est une évidence: la médicalisation de la souffrance, surtout celle là, est le devoir des hommes et tant pis si elle affaiblit assez ou trop  pour hâter une mort inévitable. Tout existe déjà pour rendre cela supportable pour tout le monde, et on peut l’améliorer à la marge. Mais exiger, comme par malignité, que soit institué le devoir de mort, avec des anesthésistes qui font le tour des maisons de retraite en interrogeant des vieillards vicieux ou terrifiés qui mentiraient tous pour éviter l’abattoir me parait indigne et je suis absolument contre.

Est ce inéluctable qu’on en arrive là ? Et bien je ne le crois pas, ce type de lois doit pouvoir être « vétoisée » et cela marche pour les 3 autres thèmes (filiation non paritaire, gpa, pma): nul ne peut fondamentalement violer les convictions profondes hors religion d’une partie importante de la nation sans la détruire ou au moins la blesser gravement. En gros, les 4 questions ne devraient pas pouvoir être résolues contre l’avis du tiers du peuple. Le consensus, ou du moins une partie significative de celui ci est exigé, c’est le principe du consensus minimal, ou limité.

Et l’avortement me direz vous ? Et bien, la règle s’applique. Point final. D’ailleurs les sondages de 1974, au moment ou la décision fut prise, donnaient 25 % aux anti avortement stricts, et 25% considéraient nécessaires un fort encadrement de la chose.

http://www.atlantico.fr/rdv/politico-scanner/1972-2014-comment-francais-ont-evolue-ivg-sonfage-ifop-978807.html

Aujourd’hui, on ne peut plus le discuter et Tugdual doit l’accepter.

Sur les trois autres sujets, le consensus  limité n’est pas atteint. Point final, fin de discussion, et il n’y a pas de clivage droite gauche instrumentalisé à 50/50 qui tienne. Comme par hasard, c’est ce que disent les sondages: 30 à 40 % de l’opinion sont absolument contre toutes ces réformes là. Le bon sens de tout politique est donc de respecter le consensus nécessaire en ces matières et il ne le fut pas par le pouvoir socialiste élu en 2012, honte à lui. Faut il maintenant légiférer et institutionnaliser le tiers nécessaire aux grandes réformes ? Pourquoi pas, mais il faudra prendre garde à bien limiter les sujets possibles…

Et puis cette réforme là devra y être soumise (héhé).

Je serais plutôt partisan de l’application des lois non écrites qu’on appelle « morales » dans les familles qui ne furent pas déshonorées par la naissance d’avortons méprisables tels que notre président actuel (pardon, mais il faut bien se lâcher de temps en temps). Un véritable chef d’état n’aurait pas joué avec ça.

Mais il y a mieux dans ce débat là: la liberté d’épouser les mêmes organes sexuels que les siens, d’acheter un enfant sur internet ou de se le faire faire si on ne peut pas serait du « transhumanisme ».

Cette acception là du mot, alors qu’on pensait plutôt aux prothèses des cyborgs, est possible et doté de sens, dans la mesure ou l’au delà  de l’humain qu’elle implique concerne la conception qu’on se fait de l’humain, justement. Mais il faudrait un autre mot, ou bien l’appeler écologisme humain, tant il signifie qu’on considère l’humain comme un animal voire une plante, à croiser, à sélectionner, à consommer. Tugdual va devoir revoir sa terminologie, utiliser le mot « écologie » comme manière de positiver la lutte contre la science se retournant ainsi contre lui.

L’écologisme humain est donc ainsi, de toute façons, honteux et à refuser. Tugdual a raison sur le fond bien que son vocabulaire soit inepte. Mais pourquoi exactement ?

Commençons par le mariage dit « gai ». Il n’est pas écologiste en ce qu’il permettrait ou non à de braves homosexuels des deux sexes de se faire des bisoux, mais bien en ce qu’il détruit, et cela rétroactivement la notion de filiation. Celle ci, du fait de l’égalité stricte revendiquée par les tenants du mariage non paritaire, supprime le sens de la filiation qui ne peut plus, symboliquement, être revendiquée comme paritaire. Et bien cela contrevient à mon droit de citoyen de désirer conserver un lien symbolique au milliard d’années de reproduction sexuée qui me relie à mes ancêtres vivants. Et je méprise ainsi le sentiment d’affranchissement de l’histoire du vivant qui unit les parents bénéficiaires de cette loi. Symboliquement, je rejette donc la loi et ne m’y soumettrais jamais. Celle ci est donc inique et j’exige sa suppression. Tous les mariages que vous voudrez, mais pas cette égalité là,  point final.

On passera sur la GPA, esclavagisme évident, tellement dégoutant et insupportable qu’on en pratiquerait des avortements forcés, sans parler de renvoi par avion des bébés injustement arrachés à leur pays et de la condamnation pour violence sur mineurs de quinze ans des ignobles signataires de ces contrats ignobles. Là on n’est pas dans le transhumanisme, on est dans la pédophilie. Niet.

La PMA est plus difficile à juger. Elle est largement pratiquée par les couples stériles, recul de la date du premier enfant oblige. Il se pourrait bien que l’opinion évolue sur ce sujet, et d’ailleurs c’est en cours. Le sujet est critique et se trouve au confluent (si l’on peut dire) de plusieurs thèmes.

D’abord l’accouchement sous X: l’enfant injustement privé du nom de sa mère exige, majeur, de l’avoir. L’Etat obtempère, toute honte bue, le papier existe, on le produit. Ensuite il y a le nom du père des banques du sperme des couples dont le père infertile forcément, en tout cas il l’assume, a accepté l’opération, ou pas, ça influe sur les relations à l’adolescence, voire plus tard. Je veux savoir le nom de mon père ! Exigence symétrique de l’exigence d’hériter de son vrai père, dont certaines mères, dans pas mal de cas, ne doutent pas de l’identité. Bref, ce qu’on appelle le foutoir, prévu de longue date par tout ce que l’on appelle le droit, et dont on veut maintenant s’affranchir. A tort.

Plus généralement: on refuse l’anonymat coupable que le patriarcat (est le père légal le conjoint courant de la mère vue accoucher) dominant injuste,  imposait par machisme. Foin d’épousailles, il n’y a que la vérité de l’ADN, a postériori naturellement, pour l’apriori, ce sont bien les hommes qu’il s’agit de baiser, on avait compris, mais hélas trop tard. La mère maire Dati en fit usage, à rebours de la très conservatrice municipalité qu’elle représente.

Des lors donc que les choses sont publiques, et le donneur aussi, il y a découplage: le père n’est que le con qui nourrit par force légale, le vrai étant un branleur, le seul qu’on aime, celui dont on hérite. On peut donc généraliser et la PMA devient possible, c’est la loi de l’époque, elle était implicite. Rendue obligatoire qui plus est par la nécessité toute actuelle de congeler ses ovocytes, afin les donner, les vendre, ou se les faire réinjecter pour agrémenter sa retraite, elle arrive, je dirais à fond de train. Pour l’instant réservée aux couples stériles (le père là dedans a enfin son mot à dire, tu parles) la technique est disponible. A qui n’en veut.

Qui plus est, elle résout enfin l’épineux problème de la filiation non paritaire sans dégoutante main éponge ou coït forcé avec un copain homosexuel (berk et berk) ou pas. La boucle est bouclée comme on dit: l’utile et l’agréable sont rassemblés. Le cout de ces opérations, les risques médicaux liés au extractions, le suivi des futures parturientes inquiètes et revendicatrices plus que les autres, tu parles, sont à la charge de la collectivité, quand on aime il ne faut pas compter.

Il ne faut pas se leurrer, cette argumentation là est extrêmement puissante: l’usage est pris d’abandonner la filiation « symbolique », qui ne signifie plus rien, n’étant qu’un mensonge fictif  insupportable à l’homme moderne, le père « réel » étant public pour les couples (savez vous qu’il y a aussi des hommes stériles? ) stériles qui ne peuvent pas cacher la vérité à leurs enfants. Le culte de la vérité impose alors la libération de l’infâme paternel patriarcal et la soumission à la délicieuse et humanitaire seringue, succédané technicisé de la fameuse main éponge. Un père est un spermatozoïde, voilà ce que donne la généralisation de l’éducation sexuelle aux filles, on vous l’avait pourtant dit.

A partir de là la généralisation de pratique est évidente, déculpabilisée et à application immédiate. Mieux, l’évolution consacre la possibilité de la disparition pure et simple de la nature sexuelle de l’engendrement, celui ci étant un acte médical ordinaire accessible à tous.

Cette justification de la pratique dégénérée par l’habitude qu’on a prise d’une pratique dégénérée antérieure s’appelle le principe de la seringue ou en mieux dit, du suppositoire. Elle est à l’oeuvre, et a déjà convaincu évidemment toute l’intelligentsia qui sauta en vingt ans de Lacan au Pacs puis au mariage guyanais, en une vie d’adulte soumise à la modernité, on se doit d’évoluer, certains furent communistes, il ne le sont plus, vous voyez bien.

Certains extrêmes de la folie sont à portée de main: pourquoi l’attribution d’une âme aux chiens ne pourraient ils pas via la PMA, permettre au partenaire sexuel ordinaire de ma mère, d’être mon père ?

Tugdual là dedans est bien sur plus mesuré, il ne songe en catholique qu’à l’intérêt de l’enfant, moi aussi, mais lui ne tire pas plaisir à faire de l’esprit en méprisant tout le monde, ce n’est pas chrétien, ça tombe bien je ne le suis pas.

Que lui dire ? Qu’il a raison, mais qu’il n’y a pas besoin ni du christianisme du siècle dernier, ni de celui du prochain pour refuser la dépravation intellectuelle et morale de personnes qui laissées seuls sans bon sens ni respect d’eux mêmes par les airs de guitares des années 70, sont partis dans l’au delà de la connerie méprisable qu’on ne peut dénoncer, vous en connaissez des gens comme ça ? Moi oui.

C’est peut être cela le transhumanisme: l’impossibilité d’échapper à la connerie, le devoir de la respecter, de ne rien dire, de retenir son indignation, ses larmes, ses cris de fureur ou pas. Je suis un surhomme.

 

 

 

 

 

Poubelle’s news

Il y a dans l’actualité, mais j’avoue ressentir souvent ce sentiment, une accumulation de nouvelles significatives (c’est ça l’information) absolument désespérantes, infamantes et honteuses. La mise en avant de ces nouvelles là est sans doute le rôle des journalistes, mais comment leur reprocher l’existence du fait ? Il a bien lieu, et quand par malheur on est mis au courant, on en souffre. C’est pour de vrai pourtant, cette souffrance: se boucher les yeux et les oreilles serait il nécessaire ? Je ne peux l’admettre. Vidons la poubelle.

D’abord les inondations: triste pour ses victimes et on ne peut rien en dire, sinon les plaindre et s’en sentir solidaire en s’inquiétant pour soi, car c’est grave. Les nouvelles donc, et ce que je dis ne s’y applique pas, sauf que.

Le premier ministre, qui doit affronter, en plus des inondations, une grève nationale avec blocage divers, dont les poubelles à Paris depuis hier, va en Grèce discuter réformes avec Tsipras. En voyage en Israël pendant le début des blocages et parlant devant un mur végétal de la situation Française avec fermeté, il se trouve donc AUSSI en charge de la paix au moyen orient, et de la réforme en Grèce. Et bien cela est inacceptable et honteux. Incapable de réformer, de diriger un pays, de résoudre des conflits qu’il provoque lui même, l’allergique catalan va donner des leçons au monde entier au nom de la France. Celle ci en a marre de lui: rivalisant d’impopularité avec celui qui l’a nommé, il s’agite tel l’écureuil dans le néant du mépris qu’il inspire. J’ai honte.

Pourquoi exactement?  Après avoir affirmé qu’il ne cèderait jamais aux dictats, après avoir fait voté un référendum pour cela, le grec nous fit trembler un été entier, le temps de laisser s’installer un million de déportés turcs en Europe. Finalement, le couteau sous le menton, et la cravache dans les jambes il se coucha et se fit réformateur. Abdiquant toutes les démocraties, tous les mandats, toutes les souverainetés, il se fait féliciter par la future victime du mensonge et du déshonneur, par ailleurs encore premier ministre en charge d’un pays bloqué, inondé, dégouté, révolté. Quelle misère !

Au fait un autre supporter du président, la ministre franco marocaine qui distribue sans vergogne tout en souhaitant bon courage à ceux qui pourraient remettre en cause ses dons gracieux fait hors toute bonne gestion et qui ne seront effectifs que bien après son départ, instaure l’apprentissage du serbe, du turc et bien sur de l’arabe dès le CP. Pourquoi pas du français ? Parce que ! Crie-t-elle indignée par tant de haine xénophobe.

Tiens en parlant de xénophobie, qui accuse le sélectionneur de l’équipe de France (de football) de « racisme » (il s’est mêle fait tagger sa maison de campagne, le pauvre). 10 blancs, un créole, 11 noirs et un maghrébin, voilà pourtant les quotas. Raciste ou non ? Je dirais oui, et exige un quota de blancs en rapport avec la population. En fait seul le maghreb est bien représenté (5%). La parti de la connerie lui, est infiniment représenté dans ce pays.

Paris veut (manifestement, la maire fut bien élue) se doter d’un camp de réfugiés. Que ceux ci ne soient pas réfugiés du tout n’a pas d’importance: le moyen orient et l’Afrique est un réservoir de voyageurs sans ressources à la recherche de celles ci que la  première ville touristique du monde se doit de loger à l’oeil, je dirais bien sur.

Les bagarres de rues à cent contre cent entre soudanais et irakiens étaient fréquentes sous le métro aérien à Stalingrad, elles seront bien sur policées et intellectuelles dans les cageots que trois mille nouveaux arrivants, ils étaient mille la veille de l’annonce, vont se partager gare du nord. C’est trop dur en Suède, dit l’un deux, ils demandent trop de papiers, je préfère demander l’asile en France, finalement. Ailleurs, vexé de ne pas voir arriver assez vite ce qu’on leur avait promis, certains migrants se plaignent, aidés et soutenus par des associations.

Le quartier fut bien choisi, mais sans doute pas par Ian Brossard, à moins qu’il n’ait voulu punir les trop homophobes habitants du ghetto noir de Paris, en charge donc de faire bloc pour préparer l’élection future du premier maire espagnol musulman violeur sans papiers, honneur de tout pays occidental qui se respecte: les scandales ne sont causés, vous le savez bien, et je ne parle pas de l’affaire Benzema, que par des situations libertines incomprises, comme dirait Beaupin (il y toujours de quoi manger, dans une poubelle). Niant être le DSK des verts, celui ci parle d’or: un romancier est condamné pour diffamation envers l’éponyme, que dit la justice ? Elle dit ça : « la sémantique utilisée, dont l’utilisation même, à trois reprises, du terme de viol, excluent l’hypothèse de la simple narration d’une relation sexuelle consentie entre deux adultes amateurs de rapports brutaux ou de jeux de soumission et de domination ». Un honneur de plus est sauvé, mais pas celui du juge, du moins à mon gout de fouilleur de poubelles, c’est dire.

Passons aux finances, dont les mondiales furent gérées par le précédent, du moins les nationales. On a un truculent claqueur de culotte journalistique (finances), un impoli à l’égard de vieilles cougars (économie, industrie, numérique) qui fait financer ses campagnes électorales futures lors de ses voyages de ministre et ses costumes par les sommes qu’il ne déclare pas au fisc et aussi un directeur général du Trésor démissionnaire, en pointe dans la protection de Cahuzac accusé injustement au début de l’affaire, et maintenant gérant d’un fond chinois.

Un autre type d’information concerne les libéralités (c’est le moins qu’on puisse dire) dont fait usage le président actuel. Il « traite » la contestation sociale à coup de milliards, un de plus fut dépensé hier, en faveur des villes, maintenant gérées par la droite, et dont il diminue de moitié le fardeau des économies nécessaires. Comment se plaindre de voir des pigeons se goinfrer, ils sont si contents: aiguilleurs du ciel, cheminots, professeurs des écoles, ils mangent, ils bouffent. Quand donc les déchets correspondants arriveront ils dans nos poubelles , alors que celles-ci sont en grève ? Les nappes phréatiques gonflées par les crues sont porteuses de tout ce qu’on peut imaginer.