Après la bataille

Ce qu’il y a de bien avec les marches militaires, c’est qu’on peut les jouer avant et après les batailles. Avant pour galvaniser les troupes, après pour déculpabiliser et féliciter les survivants. Ceux ci vont pouvoir se refaire un peu de gras, boire  un peu (…) d’alcool, piller quelques villes, avec toutes les satisfactions qu’on en peut tirer. Mais pour l’instant, graves, ils contemplent les champs de morts en faisant semblant de rectifier leurs habits déchirés.

Celle ci est parfaitement inappropriée à la situation. L’histoire du dernier héros (voir le dernier couplet) est bien sur un hommage à tous les morts. Un geste sportif à la dignité qu’il ne faut pas pousser à bout. Même si il aurait été le nôtre, si nous avions perdu, ce qui ne fut jamais possible même si cela fut envisagé.

On passera à plus gaulliste, et plus de circonstance:

 

Elle célébra les victoires gaullistes et celle ci en est une. Elle va dans quelques mois clore un cycle de trente années, et j’espère bien vivre ça.

Mais il nous faut la galette, la voilà:

 

 

Qui a entendu vraiment les tambours d’une troupe équipée me comprendra. Ces frissons là, bien au delà de toute sentimentalité reflèteront toujours l’envie de mourir, la pure, la vraie, celle qui fait des (sur)vivants des lâches qu’on méprise. C’est cela que disent les fifres, et c’est pour cela qu’on défile, pour s’excuser et pour promettre de faire mieux.

Et pour finir ce qui nous fit la nuit de veille d’il y a à peine une semaine et qui résume tout:

 

 

 

La rupture

Bien que pour beaucoup c’est plié, cela ne n’est pas en réalité: la gauche peut encore venir voter Fillon, pour s’assurer d’avoir l’adversaire idéal, celui qu’avec l’aide du front national elle pourra battre. Le succès alors serait considérable (on pourrait imaginer un >70%), poursuivant la stratégie gagnante du premier tour.

On pourrait imaginer l’inverse: découragée et inquiète, la gauche cherche son petit confort pour les cinq prochaines années, et voudrait avec l’aide de l’immigration pouvoir garder ses fonctionnaires et son assurance chômage pour encore un round… Et puis, après un vote anti sarkozyste de gauche au premier tour (15%) accompagné d’une vote antisarkozyste de droite (15%) on a bien ce qui fait que Fillon se retrouverait en deça des 10% annoncés pendant deux ans et dont il ne sera sorti qu’une semaine.

Las : le gentil Juppé est aussi porteur d’une purge, et pour peu qu’ils aient réalisé qu’ils seraient dans le camp d’un 3/4 thatchérien quand même, nos castristes du dimanche pourraient bien à la place se contenter de pleurer en reniflant leur vieux tee shirt cheguevara et nous foutre la paix. Las, les anti sarkozystes de droite ont « viré Fillon » dans l’intervalle, (j’ai toujours aimé l’ambiguïté de l’expression) séduit par l’énergie, la sincérité et la force des arguments. Ils vont maintenant se précipiter à l’assaut de la gauche, croyant enfin cela possible.

Les quatre comportements, aussi absurdes et logiques qu’ils soient s’équilibrent on va pouvoir passer à la suite, sauf « si », et il ne sera pas dit que je n’aurais pas à nouveau joui (flippé à mort) des veilles de bataille.

Car Fillon est fou: il va mettre tout le monde dans la rue, et son excès de droiture va mettre la France en colère. Est il prudent de se confier à un révolutionnaire, et puis ces cris dans les meetings, ces poings levés ? Le conservatisme doit gagner à la fin, et la modération réformatrice (déjà que même le programme de Juppé fait peur) doit être la règle, c’est le seul moyen de pouvoir changer un peu quelque chose… Se doter d’un candidat excessif, c’est avoir un repoussoir, un sarkozy, (ne sont ils pas entendu ces deux là?) qui fera peur à tout le monde et nous remettra Mélanchon sur la table, sans parler de Le Pen. Il faut assurer et se doter du baveux, il est cool au moins. Et puis cette histoire d’avortement….

Voilà l’inquiétude, la droite peureuse flippe et ne serait pas complètement décidée. Et puis Fillon a tenté de se suicider en direct deux fois au meeting: il a dit « je crois à nos racines, celle du crétinis… « euh du christianisme » et aussi le terrible le vote « françois fillon, fondement de … « . Cela vaut la bave du centriste, non ? Comment savoir ce que vont faire les petites vieilles ? En charge d’équilibrer qui leur catholicisme, qui leur vieilles lunes social-chrétiennes, peuvent elles prendre la responsabilité de favoriser la « Liberté », ce qu’elles sont refusé toute leur vie ?

Les risques sont immenses: Fillon l’abbé sinistre va maintenant se faire défoncer par tout ce qui motive encore la grosse bête molle qui nous étouffe. Car il est soutenu, on le voit bien, par l’extrême droite et cela vaut rejet (tu parles, le Front National panique à mort: tous les républicains désespérés qu’il a pu capter vont revenir à la maison). Car il veut s’en prendre aux frères musulmans qu’il faut ménager, il faut être habile (tu parles, toute la calotte salafiste se rue dans les isoloirs pour bloquer la reconquista).

La mécanique est en place et il va falloir la défoncer, elle, lorsqu’on sera en position. En attendant dimanche soir, car elle est déjà lancée, depuis lundi, il faut faire face. Après on pourra casser. Et là il va falloir y aller.

Car l’énergie fait peur, on n’en pas pas parlé assez, mais beaucoup sont persuadés que la sécu sera supprimée (on veut la financer convenablement), qu’ils vont travailler 48 heures (les syndicats revitalisés vont vivre un âge d’or), qu’on va licencier les infirmières et les policiers (on va les augmenter et les remotiver). Bien sur, tous les arguments qui seront opposés (avec 50% de raisons de moins) par la gauche à Juppé sont repris par celui-ci. Le bonze pète les plombs,et continue de se suicider lui, son parti, et son pays.  C’est maintenant.

Mais il y a la Liberté ! Fillon parle très bien de la Liberté.

Pour me délasser, une magnifique expression du désordre des âmes, dans un thème fouillé reprenant toutes les argumentations possibles, avec énergie, c’est pas le padre Fillon, c’est le padre Soler… Fandango !

Et bien sur,

Sans oublier:

Pour finir enfin et quelque soit le résultat, comme on ne pourra que se tourner vers la musique, et célébrer comme il se doit les hommes courageux qui voulurent sauver leur pays. Puisqu’on est dans l’espagnol, voici une fin de concert qui consacre un homme remarquable:

Unser trefflicher,
Notre excellent,
Lieber Kammerherr
Cher chambellan
Ist ein kumpabler Mann,
Est un homme agréable
Den niemand tadeln kann.
En qui personne ne peut trouver de défaut.

La dépression d’après

La troisième symphonie de Beethoven a ceci de particulier qu’elle est à la fois célébration d’un triomphe et d’une déception. C’est cela l' »Eroica », et la meilleure manière d’être à l’origine d’une grandeur, c’est d’en vivre la modestie.

On pourrait commencer par la marche funèbre, qui comme dans les triomphes, alterne les roulements et les réflexions douces mais dans le rythme du titre.
On pourrait commencer par le début bref, qui illustre tous les commencements. Son développement magnifique, extrêmement complexe, et évidemment convaincant illustre tous les triomphes et toutes les réflexions dessus. Beethoven quoi.

Commencée vraiment le matin d’un bac réussi la vraie perception de ce roulement là  accompagna tous mes tests de son et j’imagine que certains se le passent en ce moment, ils ont une occasion: dans les provinces perdues, dans les espaces souterrains la folie totale de ce son là arrache des larmes dans des espaces variés qu’on ne se raconte pas.

Le son puissant et détaillé qui peut sortir d’une paire d’enceintes correctement accordées doit bien valoir le grand orchestre convoqué pour l’occasion, qui aura ce culot de la provoquer vraiment pour soi,  chez soi  ? Deux cents fous rassemblés pour ça ?

Une victoire électorale inattendue scelle la marche du destin: l’avenir s’ouvre et pas dans le pire, au contraire. Les rêves confus du meilleur deviennent possibles, et c’est cela l’émotion qui anima les rêveurs allemands au vu de la France. Bien sur ils furent déçus, mais ils vécurent cette exaltation là après l’avoir longtemps cru impossible.

C’est la conjonction de ces deux évènements qui rend la chose précieuse: l’attente et sa satisfaction dans un instant improbable, à la fois réalisation du rêve et début de sa disparition, l’instant quoi, qui ne peut se matérialiser que pendant cette veille là, où tout semble possible et qui s’écoule, l’instant d’une symphonie, elle aussi soumise au temps.

Lorsqu’à Vienne, les marches impériales françaises circulaient dans les rues(1), les autrichiens à qui on refusait la vraie recette de l’oignon frit(1) concoctèrent, enfin l’un d’entre eux, une expression complexe et musicalement assez bien élaborée d’une très grande variété de sentiments qui conjuguent ce dont nous parlons: la victoire d’un jour et celle que l’on peut se mettre à espérer pour un avenir à déterminer: a t-on le droit d’y concourir et cela en vaut il la peine ?

Car il y a des efforts à faire:

http://www.vendeeglobe.org/fr/web-tv/33223

Et on en a pas fini. D’autres hommes vivent le temps qui passe, dans d’autres conditions et ont d’autres interprétations des mots communs: nuit, sommeil, dépression, lumière.

(1) voir le papier précédent

 

A nous la victoire !

Alors que la Fillonmania bat son plein, il convient de souligner encore que celui ci (Fillon) ne se contente point de réformettes ou même de demi mesures et autres tisanes mentholées. Il est porteur, j’y étais, d’un véritable enthousiasme et affirme possible ce que pas mal de gens sentent confusément comme nécessaire: une transformation.

Mais tout cela n’a plus d’importance, l’heure est aux célébrations angoissées qui précèdent les grands évènements. L’histoire va passer.

Pour illustrer l’état d’esprit des troupes avant la bataille, une admirable vidéo entièrement dessinée en 3D depuis le drone de Fillon, utilisant deux méconnus chants d’hyper motivation: le chant de l’oignon et le sobre « la victoire est à nous ». On remarquera le style « préromantique » de ces musiques, encore teinté de cette modestie très XVIIIème siècle, quasiment encore baroque.

On doit mentionner aussi l’air sobre que l’on jouait avant les batailles pour distraire la garde impériale.

On y distingue encore la veille joie paysanne quasi fêtarde qui accompagnait les parades de l’ancien temps. Et puis, « on va leur percer le flanc », dans une version très convenue.

La version (trop rapide à mon gout) d’Abel Gance reste évidemment une référence:

 

Il y a mieux à partir de 0.46:

Le chant est en fait plus ancien que ça. Y avait bien du carmagnolesque derrière tout ça.

 

 

Mais bien sur, en cette veille de bataille, il nous faut abandonner le baroque et se livrer au rêve, et puisque nous regrettons tous la belle époque gaulliste, en  noir et blanc, ça fait d’époque:

 

Mais il faut tout miser sur la grandeur et même si mes célébrations de Dimanche soir seront encore plus grandioses, c’est maintenant qu’il vaut vaincre:

Et bien sur en plus y a macron

Cette semaine, alors que dimanche y a la primaire de la droite, il y a en plus:

  • la remontée dans les sondages de Fillon
  • l’annonce des valises de billets remises à Sarkozy
  • la candidature de Macron

Quoi d’autre sur la lista ? Et qui gêne qui ?

Cette délicieuse façon de faire XVIIIème (siècle) dans une actualité dont bien des éléments seront réglés dimanche prochain devrait vous émouvoir, tant que la vapeur a cours, nous sommes nous humains dans le temps, dans l’évènement, dans le fugace et à l’avance on n’en sait rien. Est ce une forme de jouissance, l’instant étant suspension, ou bien de flippage, ce qu’on redoute va-t-il se produire ? Ou bien ne pas ? Qu’en sais je et suis je fondé à ignorer l’excitation ? Ah seule la musique qui vient décidera de tout le concert. Bon, on se calme.

Macron décide de se lancer à 3 jours de la primaire de droite. Il veut enfoncer un coin seul visible des vrais parfumés à la gaule: dans les médias. Ceux ci restent premier degré. Ignorants des réalités, croyant du fait de leur déclassement (qui veut être journaliste de nos jours ?) qu’ils contrôlent et peuvent analyser les motivations de leurs maitres, ils servent à l’audience des nalyses absurdes qui ne les prennent pas eux mêmes en compte. Macron veut les baiser, c’est clair: après avoir défié et vaincu Bartez obligé de démissionner pour aller sur RMC, il vient maintenant polluer encore plus le débat Fillon Juppé. L’idée est, c’est ma théorie, totalement et « purement » médiatique. Il s’agit d’occuper le Bollywood français pendant le choix de ses valeurs. Et donc d’en détourner l’attention, de la pure tapette, du vent, qui veut distraire: c’est le plan.

Car il peut arriver à des peuples de se recueillir, et de décider lucide, de temps en temps, de son avenir. Entièrement consacré pendant trente ans à rêvasser de bêtises, il se reprenait brièvement. Boum, un peu de sucre, de taille échancrée, de gout d’haleine: tout se mélange, on admet le pire, car il y a un espoir. La France telle la femme nerveuse, se livre à nouveau au hasard. Pourvu qu’on lui agite des sels, juste avant qu’elle défaille ce sera son excuse. Bien joué, on dirait un complot socialiste, enfin, libéral-socialiste.

Bien sur l’ignoble tapette à cougar n’est qu’un ambitieux fortuné devenu fou de sondages, en plus poussé par toutes les jaquettes et toutes les fuses-éjacs (on se comprend). Il peut faire du mal, et c’est bien son intention (ou celles de ses sponsors, plus vieux). On verra, dans pas longtemps.

En tout cas, il porte et se fait porter par un sentiment de vieux dégueulasse: d’origine de gauche et de droite (poussé par un milliardaire de gauche, il est, banquier fuzaq au cabinet d’un président de gauche) il propose des mesures de gauche et de droite (il ne garde les 35 heures que pour les vieux, à hurler de rire). Ces trahisons dans les deux sens sont pour les vieilles jaquettes une source d’énergie: l’inversion au carré, on n’aime vraiment que les enfants doués.

Son costar arraché et le reste, il pourrait en pâtir aussi dans pas longtemps. Mais les colères sont pour l’instant rentrées. Car il y a encore de l’espoir.

Il y la valise de Takieddine, ultime bouée de Plenel pour faire (merci encore) élire Fillon: pourra elle enfin décider de donner raison à tous mes trolls depuis 6 mois sur le facebook de Sarkozy? Qu’il (Sarkozy) est un mauvais candidat, cerné par des accusations dont il devrait enfin considérer qu’elles nécessitent une défense à 100 % de son temps, qui en font un TRES mauvais candidat pour la droite et qu’on ne peut le soutenir sans suicider tout son vouloir politique!!! Comment peut être con(ne) au point de choisir ce mec pour défendre ses intérêts ! Il est vérolé comme la pire des putes en qui on ne peut pas, jamais, avoir confiance !!!  Comment être amoureux de cette salope perdante, putain de merde !!!!

Sarkozy enfin effondré, tout se reporte sur Fillon, qui écrase au nom de la droite anti-islamiste, ce crétin de Juppé hypnotisé par le modernisme de Tarek Obrou un frère musulman membre de l’UOIF, futur ministre.

C’est Dimanche prochain.

 

2femmes

 

La dernière ligne droite

A la fin de la semaine prochaine, un personnage historique va sortir de l’histoire. Cela peut être Juppé, ou bien Sarkozy et ce ne sera pas, du moins mon flair infaillible, carabiné d’un wishful thinking du tonnerre de Dieu, me l’impose, le vainqueur voulu de l’élection à venir, François Fillon.

Enfin dans les sondages (il serait à 5 points de Sarkozy), il écrase Le Maire. Mes trolls infatigables chez Sarkozy et Le Maire, tous les jours, sur chaque billet facebook, auraient-ils découragé, influencé ?  Ah et bien c’est tout comme: le peuple se met à comprendre, ou bien quand il consulte, on l’informe assez.

Ou bien tout simplement il ne peut se résoudre à ce qui est médiatiquement de toute part résignation, acceptation résignée, lassitude devant l’inéluctable. Et puis il y a Trump ! Comment ? Le sort n’est pas écrit, on peut se rebiffer ? Ah ! Et cela ne peut profiter qu’aux ignorés contempteurs de la corruption ! Et si on pouvait ? Et oui, on peut. Il suffit d’y aller.

Toutes les raisons du monde y poussent.

D’abord parce que Fillon est excellent ! Sur tous les sujets de ce pourquoi il est là, la situation de la société française, il est dans le vrai, dans le jamais dit, dans l’original.

Deux points.

D’abord, la bureaucratie étouffe l’activité et on doit la réduire, d’après les entrepreneurs mais aussi des responsables de l’insertion d’handicapés. Le code du travail doit être simplifié  et tout doit être mis en oeuvre pour s’adapter aux nouvelles modalités du travail et de l’entrepreneuriat. Depuis les réductions d’impôts aux capitalistes individuels des entreprises françaises, jusqu’à la suppression des 35 heures partout, en passant par une extension du statut des auto entrepreneurs. L’idée ici c’est la liberté.

Ensuite sur les valeurs, d’abord la famille: la gauche n’aime pas la famille et l’a affaibli de toutes les manières possibles: depuis les impôts contre elles, l’éducation idéologique à l’école et la suppression de la filiation paritaire. Ensuite l’autorité de l’Etat, et il y a des zones de non droit, par exemple notre dame des Landes, ou Viry Chatillon. La police va jusqu’à avoir peur des délinquants et manifeste, en plus.

Liberté et autorité: voilà le programme. Cela s’appelle un libéral conservateur. C’est ce qu’il faut.

Ensuite que que Sarkozy est insupportable, détesté de tout le monde, il est évidemment un très mauvais candidat à présenter. Il faut vraiment avoir peur d’aller en prison soi même pour pousser un tel boulet: renvoyé devant les tribunaux de manière imminente, il perdrait face à Royal, face à Macron: un candidat de gauche infiltré en quelque sorte. Ne pas réaliser cela, c’est être un républicain suicidaire, ou une groupie chtarbée. Bref, voter le premier ministre loyal, plutôt que le président cramé, c’est du bon sens, je dirais épais.

Car la droite, du fait de la défaite inéluctable de Sarkozy, non pas à l’élection, mais bien sur à la primaire, et quasiment pour les mêmes raisons plus celle que j’avance et qui fonctionnent déjà, ne sera représentée que par un centriste, et un centriste mou.

Car avant de se déchainer au second tour contre le bonze bordelais, il faut anticiper du point de vue du premier tour: y sélectionner un loser face à ce qu’on ne veut pas c’est se suicider encore. La vraie droite, si elle veut qu’on tape vraiment sur les frères musulmans, doit se mobiliser, et Sarkozy le repoussoir est donc le candidat de Daech !

Cet argument est très puissant: la droite par obsession nostalgique de Mai 2007, se suicide. Pourquoi ne pas demander le retour de Cécilia, tant qu’on y est ?

On pourrait parler aux tenants du « renouveau ». On a vu pendant la campagne, l’effet dracula: le sans cravate prétentieux s’est complètement planté. Le summum c’est la polémique sur la montre avec « nathalie ». Des bourgeois à accent qui se chamaillent en public, nathalie, bruno, nicolas, jean-frédéric, jean-françois, pourquoi pas rufus et alceste? Infantile, puéril, ridicule. Cantelou a magnifiquement tapé ces énumérations maniaques de prénoms par le trop cool véhément. De quoi donner envie de se claquer la bise, tant qu’on y est. Tous les pourcentages résiduels qu’on attribue à ces nains sont très surévalués. Hop, tout le monde chez Fillon, sauf si on est de la famille…

Car tous ces gens là ne sont pas centristes, bien sur.Sauf peut être NKM, l’écolo, qui doit d’ailleurs commencer à draguer sans doute chez Juppé. Ils sont de droite et ont sans doute commencé à réaliser le drame que j’évoquais. C’est pour cela qu’il essayent de griffer le hongrois, maladroitement, comme tout ce qu’ils font, mais ils essayent: le repoussoir est là, cela ils ont compris. On vit d’ailleurs, et je l’ai signalé, l’emprise dont disposait la paire de sourcils: ils l’écoutaient comme on écoute papa…

Mais il y a chez Juppé beaucoup de naïfs aussi. D’abord ceux qui n’ont pas réalisé que Juppé n’a la paix dans ses quartiers sans lois que grâce à de complexes compromis avec les frères musulmans. Le clientélisme est d’abord municipal. Tarek Obrou, le très mielleux réformateur (tu parles) de l’islam n’est qu’un frère musulman hâbleur, champion du monde du foutage de gueule. Il sera hélas ministre du culte de Juppé et on va le sentir passer, Houellebecq avait raison.

Seul Fillon a prononcé le mot et reconnu publiquement qu’il voulait se colleter avec l’UOIF, ou au moins le faire ramper. Le parti d’Obrou sera à la peine si Fillon passe, et cela bien des soutiens de Juppé, qui le souhaitent, pourraient réaliser que le centrisme n’a qu’un temps.

Mais il y a plus ! On a vu le combat Trump Clinton et celui ci se fit aussi au nom du rejet massif, viscéral du « politiquement correct », maladie qui affecte le tenant du bonheur identitaire ultra marin, ennemi fanatique de « Bachaaar », exagérément pro mariage gay, et surtout tenu par les burnes à Bordeaux par une région socialiste qui ne tolère que son snobisme et qu’il ménage à fond depuis son retour d’exil.

C’est donc le moment de parler de sa condamnation: il sera une première, après le fou, le pompé, l’Elysée aura un bagnard. Oh bien sur que cela ait tué ses pauvres parents, provoqué son divorce, l’ait rendu volage un temps, puis enfin stabilisé, nous a ému. Un peu agacé tout de même, comme si cela l’avait condamné et nous aussi à être malheureux pour toujours: la douleur de la fleur de lys.

Vous imaginez De Gaulle mis … ? La phrase doit maintenant faire effet, mais faut il que Fillon ulcère tous les snobs en fracassant tous ces pourris lors du dernier débat ou bien rassemble la famille enfin convaincue autour du seul personnage vraiment digne de cette bande de guignols? L’évidence le veut, l’exige, le souhaite, lui; à lui de voir comment tamponner sa prééminence.

On peut prédire un tout sauf Sarkozy éperdu, avec des voix de gauche, l’honnête Fillon soutenu par ses futures victimes cartonnant à mort l’escroc. On pourrait rêver d’une révélation qui nous ferait discuter Fillon avec Sarkozy, le choc des associés. Après tout, ce sont les deux propositions de droite, à l’écart de tout centrisme, et Sarkozy jouera le rôle du socialiste indulgent (un comble).

Comment penser, admettre le lamentable débat pourri, humiliant entre un centriste et un délinquant que nous annonce ces sondages affreux, tout remplis d’une hypocrite manipulation médiatique menée depuis un an par la gauche cynique souterraine, celle que Trump a défoncé?

Fillon est l’honneur de la France, l’honneur du peuple ! Putain que je le veux !

Les arguments des uns et des autres

Dans l’élaboration des choix électoraux, les argument avancés sont importants. Ils peuvent convaincre, justifier, ou bien renforcer ou affaiblir des choix déjà faits. Il peuvent aussi diminuer ou augmenter la volonté de s’abstenir, ou de voter blanc.

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Prenons les arguments de Pécresse qu’elle met en avant pour trahir Fillon: le mandat unique, les réformes des trois premiers mois, des réformes économiques audacieuses.En gros le programme de Fillon, ce qui est parfaitement contradictoire. Mieux: elle exigeait le conseiller territorial unique que Juppé refuse ! Pourtant, peu après on se sépare: Juppé ne supprime pas les 35 heures et paye 37 les 37 heures effectuées, ce qui ne résoud pas le problème, tant pis pour l’audace.

Et puis, il faut restaurer l’autorité c’est le plus important, c’est le titre qu’elle donne à sa décision, et elle ajoute que mettre au second plan les questions économiques est une faute…

Pour finir, et veut le « lâcher prise » décentralisateur.  L’expression résume les 3 contradictions, et de fait ne constitue pas vraiment un argument. Plutôt un prétexte en forme de polysémie, car les arguments vont et viennent dans les musiques complexes qu’élaborent les êtres intelligents qui battent les mesures à appliquer… Comme la plume au vent…

Il y a aussi les 39 heures dans la fonction publique. Juppé veut ne virer que 250 K fonctionnaires, alors que Fillon en veut la peau du double. Calculons: 120 K fonctionnaires partent en retraite tous les ans, on en remplace la moitié donc 60K en moins par an. On embauche à l’heure actuelle 50 K fonctionnaires par an. Passons à zéro: on y est. Les hurlements des réalistes n’ont pas d’objets.

Passons au fait que l’homosexualité serait une  abomination. Ce fait certain (pour elle) coute 5000 euros à Christine Boutin, en appel. Provocation publique à la haine et à la violence. Rien que ça: qualifier de manière un peu ampoulée une modalité sexuelle c’est appeler à la haine au pays de « on est pas des pédés ». On en est là, en France.

Je tiens 5000 euros à la disposition des enculés de juges pourris que je conchie pour cette ignoble, à la turque, et dégueulasse atteinte à la liberté d’expression. Ca c’est un argument. Car on donna raison à Bedos de traiter Marine Lepen de salope fasciste, et cela n’a pas fait jurisprudence. La friponnerie de la vomissure communiste est une abomination.

Et puis il y eut le débat. J’avoue ne pas supporter l’effroyable prétention des seconds couteaux et je ne parle pas de Fillon bien sur, en fait (pratiquement) le seul présidentiable. L’autre, le centriste, va priver, à cause de Sarkozy, la droite d’une occasion unique de réformer le pays.

Les premiers tours étaient sympas en 1965, on y voyait des personnages pittoresques. On a ici de quoi donner raison à Tandonnet avec l’épouvantable et désespérant spectacle de l’insupportable cuistrerie: nathalie, jean-françois, bruno et bien sur leur cible unique, nicolas, que vous deviez aller vous faire foutre avec du gravier au chiottes m’a fait déraisonner tout votre temps de parole, mon téléviseur couvert de crachats va cesser de fonctionner bientôt. Véhément, hors de propos, sinistres vous me faites haïr les femmes, les juifs et les branleurs.

Paradoxalement, Poisson se comporta en homme et sa rigueur personnelle fit effet. Déconnant, certes mais pas humainement, et c’est le principal. Sa conclusion exposa la nécessité d’un raisonnement mature, même si il tenta quoique avec modestie de le détourner vers lui même.

Sinon, Morizet, Copé et Le Maire, tels des gamins prétentieux  ne firent que s’en prendre au caïd, ce qui ne fut le cas de personne d’autre. Copé fut agressif comme jamais et insupportable au delà du possible. De quoi rendre sarkozyste, heureusement il s’en prenait aussi à Fillon sur l’héritage (il était chef de groupe du parti à cette époque là, et bien sur parti prenante et soutien explicite de tout).

Fillon, qui rassembla ses arguments dans un seul coup de sabre, il est vrai magistral, car gaulliste explicitement: il conspua les médiatiques thèmes partisans qu’il soient sur les centristes ou les autres partis, hors de propos dans la gravité de la situation du pays. Il se fit donc à la fois Sarkozy, Juppé, Bayrou, et Lepen et les journalistes. L’économie du geste est sa spécialité et il ne s’en priva pas.

Mais il ne mentionna que deux fois l’honnêteté…

Et il n’a pas dit l’essentiel, et qui est que Sarkozy pollue le débat et qu’il n’est pas tué. On l’a vu pourtant, cette pollution : Bayrou, Le Pen il n’est que pollution et ressentiment et n’attire que les mouches. Mais cela fut il visible ? Hélas je crains que non, bien que je l’espère et que cela m’aveugla moi. On voyait bien que la seule présence de l’ex président gênait, décevait, agaçait. Tous ses ex ministres, personne ne le respectait, et allait en permanence lui mordre les mollets. Sauf ses pires ennemis, les deux seuls au niveau, ceux dont on veut qu’il discutent enfin, hors des flatulences des gamins et de la puanteur des médiocrités vantardes. Ils furent dignes, ne montrant que leur dégout distingué.

Mais je ne suis qu’un passionné vulgaire, et sans doute fallait il faire ainsi. Cela s’appelle la dignité et la hauteur de vue, et c’est difficile de s’en prévaloir quand on y a renoncé.

La conclusion de Fillon fut mauvaise, désolé, quoique tentant d’apparaitre idéaliste et plein d’espoir, au delà de sa rigueur et de sa gravité. Juppé fut meilleur mais Sarkozy sort il de scène? Tout pourtant montre que c’est nécessaire, souhaitable, sans doute indispensable. Je ne peux me résoudre à la médiocrité d’un débat qu’un centriste va gagner facilement, et pour finalement ne rien faire,et se faire abattre par le premier coup de vent.

Mon espoir: que ceux qui viennent de comprendre que Fillon est le seul à tenir la rampe aient réalisé la gravité de la situation, et confirment, voire précipitent un revirement. Ou bien c’est trop tard. Mais non, ce n’est pas trop tard: morizet et poisson, les deux seuls petits qui reconnaissent qu’ils ont déjà perdu ont pratiquement plaidé pour Fillon, au moins en principe.

Ah! Que ce monde est frustrant, et la passion se ressent. Mieux que l’ennui qui vient, mais qui n’est pas encore advenu:  la victoire est possible, la preuve, il me semble que tous ces gens le regardaient bizarrement quand il (Fillon) parlait: comme  si ils l’enviaient, comme si ils allaient voter pour lui. Sauf Juppé, naturellement: lui est vieux et lointain. Déjà hors du monde. On va se le faire au second tour.